DESERTFEST LONDON 2014 Report : Samedi 26 Avril

BeehoWritten by Live Reports

Comme beaucoup de gens, cette deuxième journée du DESERTFEST LONDON est celle que j’attendais avec le plus d’impatience. Avec un agenda rempli côté interviews, j’ai tout simplement décidé de dédier mes yeux et mes oreilles à l’Electric Ballroom pour revoir KVELERTAK et SAMSARA BLUES EXPERIMENT, mais aussi et surtout pour pouvoir découvrir WEEDEATER et ASG en live. Et je ne m’y suis pas trompée, car tous ces groupes ont offert ce qui ont été pour moi les meilleurs concerts de tout le week-end. La preuve ci-dessous. (PHOTOS : Dean Millar)

CALL ME THE THATCHER OF STONER

Pensez-vous qu’il soit possible de passer une journée rock’n’roll sans faire trop d’excès ? Il semblerait que oui. Mon esprit n’est que très légèrement embrumé en ce samedi matin et c’est tant mieux, car j’ai pas moins de trois interviews à mener et une flopée de concerts à voir. Le sacro-saint breakfast sucré-salé de l’auberge aidant, je décolle à midi pour ma première rencontre de la journée, avec le groupe anglais Wolfshead. Après une heure passée au Brewdog à joyeusement bavarder avec le guitariste de ce fabuleux trio (dont je vous parlerai plus amplement dans la troisième partie de mon report), je pars retrouver Mr Dean Millar au World’s End. Dean Millar n’est autre que le photographe attitré de T.H.C pour le week-end, et (accessoirement) le bassiste d’Uncle Acid & The Deadbeats. Pas de temps pour les salamalecs, nous filons ensemble au Ballroom pour retrouver Jason Shi d’ASG (interview dispo ici). Un aller-retour furtif à l’hôtel plus tard, je chope la fin du set des Canadiens ANCIIENTS, qui s’avère être les dix minutes les plus violentes, écrasantes et assourdissantes qu’il me sera donné de vivre de tout le week-end. Jamais tel chaos sonore n’aura été aussi bien ficelé, ces mecs sont d’une telle précision… Que ç’en est démentiel. Destruction totale des tympans à deux kilomètres à la ronde.

Sitôt le set fini, nous partons retrouver Weedeater à l’arrière du Ballroom. Toutes les cellules de mon corps sont en train d’entrer en fusion à l’idée de m’entretenir avec Dixie Collins. Le bougre a beau avoir bonne réputation, il est quand même sacrément impressionnant (et puis merde, Weedeater quoi !). Au final, Dixie s’avère être un mec posé, gentil et bourré d’humour (pour lire l’interview, c’est par ici). Ma foi, cette journée commence sous les meilleurs auspices !

CLIMBING THE MOUNTAIN OF HEAVY

ASG-Desertfest-London-2014-1Arrive enfin le moment d’aller voir ASG tout défoncer au Ballroom. ASG est l’un des groupes qu’e j’avais le plus hâte de voir à ce Desertfest : il faut dire que dans le genre heavy rock de foufou sur roulettes, ils se posent là. Et tout comme pendant leur interview, les quatre Américains ont le smile jusqu’aux oreilles lorsqu’ils prennent d’assaut la grande scène, devant un public qui leur semble déjà tout acquis. ASG nous régale avec des classiques de « Win Us Over », mais aussi quelques-unes des tueries de « Blood Drive », le tout exécuté dans un esprit bon enfant et avec une technique irréprochable. Le très cocasse Jason nous annonce que c’est le dernier show de leur tournée européenne, et qu’ils ne pouvaient pas être plus heureux de terminer celle-ci au Desertfest. Dans une explosion de riffs endorphine et de bonnes vibes, ASG régale de plus belle les fans de la première heure, et se met tous les autres dans la poche. Ouais, cette journée a clairement commencé sous les meilleurs auspices. (VIDÉO)

Après une pause falafel-houmous plus que vitale, c’est au pas de course que je pars retrouver ces dieux germaniques que l’on nomme SAMSARA BLUES EXPERIMENT. Pour la quatrième fois en quelques heures à peine, je me plie au contrôle de sécurité du Ballroom (« hé ho les gars, c’est moi ! »), ce qui me fait doucement ricaner mais ne fait visiblement pas du tout rire l’armée de Sparte. Quand soudain, j’entends au loin résonner les riffs sacrés de mes princes stoner et pousse alors un cri suraigu qui déstabilise l’ennemi. L’effet Samsara. Richard Behrens étant en tournée avec Kadavar aux USA, c’est le guitariste Hans Eiselt qui est à la basse aujourd’hui, et bon dieu, il se débrouille à merveille ! De ce fait, le groupe joue uniquement des morceaux des deux premiers albums (légère déception, là), mais nous offre une jolie surprise avec une performance exclusive de leur morceau de 22 minutes « Double Freedom ». Christian Peters est visiblement très ému par le nombre de personnes présentes et surtout leur enthousiasme : je crois effectivement que je n’aurais pas entendu autant de déclarations d’amour en provenance du public qu’à ce concert. Il n’y a pas trente-six groupes qui peuvent nous emporter dans de pareils trips sonores avec autant de grâce, et c’est là toute la magie Samsara. Dommage qu’ils finissent leur set avec quinze minutes d’avance, j’aurais bien pris du rab.

WHEN DESERTFEST CRUSHES YOUR FACES…

Puisque le supergroupe de doom 11PARANOIAS (avec des mecs de Ramesses et Bong, rien que ça) est en ce moment même en train de jouer à l’Underworld, ce serait bête de ne pas en voir un bout. Comme je l’imaginais, l’Underworld est archi blindax, et la bûche sonore assénée par les Anglais va bien au-delà du dantesque. Malheureusement, je trouve ça… chiant. Désolé pour le manque de sens critique, mais il ne se passe rien, ni sur scène, ni dans ma tête. Et comme je ne vois quasiment rien, je décide de retourner vous savez où.

Weedeater-Desertfest-London-2014-3À partir du moment où le logo de WEEDEATER est projeté en fond de scène, l’excitation monte en flèche. Lorsque Dixie Collins, Dave Sheperd et Travis Owen (remplaçant de Keko et batteur actuel du groupe de noise sudiste Whores) débarquent, on a comme l’impression que c’est le groupe que les gens attendaient depuis le début du week-end. Quelle ferveur ! Weedeater en live, c’est un peu King Kong qui aurait fumé un bong aussi gros que lui avant de venir méchamment vous piétiner la tronche, pour le fun. Et comme si le son de Weedeater n’était pas assez lourd et épique comme ça, on assiste à un putain de show. Il y a vraiment trois entités sur scène : Sheperd, placide mais tout en puissance, Dixie, à fond dans son trip, un vrai commandeur de foule (vous en connaissez beaucoup, vous, des mecs que vous applaudiriez juste après qu’il vous ait traité de « assholes » en brandissant une bouteille de Jim Beam en l’air?), et ce l’inimitable Travis « Magic » Owen. Owen mérite un paragraphe à lui tout seul, tant l’énergumène nous offre un vrai spectacle de cirque à la batterie, à taper comme un bourrin, à jongler avec ses baguettes, à jouer des cymbales avec ses pieds… Tout ça avec un sourire de gamin qui vient pour la première fois de faire du vélo sans les petites roues. « Monkey Junction », « Mancoon », « Jason The Dragon », « God Luck And Good Speed » : les classiques s’enchaînent, et bon sang, que c’est bon ! La plupart des gens en fosse ont déjà pété une durite depuis un moment, alors imaginez quand on s’aperçoit que Wino débarque sur scène pour le rappel… À ce stade, les mots deviennent presque inutiles.

…AND BONES.

Quand tu viens de voir un des tes groupes de sludge favoris foutre le smile à l’intégralité de la population de l’Electric Ballroom, tu n’as qu’une seule envie : recommencer boire une bière. C’est mathématique : une baffe = une bière. Et au vu de ce qui arrive juste après, on a de quoi finir torchés ! Comme à leur habitude, KVELERTAK entrent sur scène de façon magistrale, entre obscurité et éclairs de lumière, leur berserker de frontman Erlend Hjelvik arborant le même magnifique hibou empaillé. Et le reste de la team semble parfaitement en forme, au vu des sourires qu’ils s’échangent toutes les deux secondes.

En mode fous furieux du début à la fin, le groupe démolit, démolit, DÉMOLIT le Ballroom et toute la population du Desertfest avec lui, grâce à une setlist parfaitement équilibrée entre les deux albums « Kvelertak » et « Meir ». Tout le monde se lâche sans exception. Instant magique lorsque ce beau gosse de Marvin Nygaard (ci-dessus, mesdames…) tente de faire spinner sa basse, laquelle se décroche et atterrit en backstage… Ça n’empêche pas ses collègues, morts de rire, de continuer à envoyer du lourd : Kvelertak est une machine que l’on n’arrête pas si facilement. Le public est en transe, les pogos sont d’une violence rare, et les crowdsurfers sont si motivés qu’Erlend descend à son tour dans la fosse et finit par littéralement marcher sur la foule, tel un Moïse nordique du métal, tel un dieu de la guerre porté par son armée. Par Thor !

Qu’on se le dise, les moments de battement n’existent pas chez Kvelertak, et même si personne ne pige un seul mot des paroles, tout le monde yaourte un minimum sur « Bruane Brenn », « Ulvetid », ou lorsque Maciek hurle comme un boeuf sur le break de « Nekrokosmos » (faites pas les malins, on a tous essayé au moins une fois). L’hymne à la teuf « Kvelertak » est le dernier morceau du set des Norvégiens, mais on ne la fait pas au public du Desertfest, qui squatte la fosse et scande le nom du groupe jusqu’à ce que ces derniers reviennent pour remettre un coup d’anthologie métal à cette soirée. Si Kvelertak a su s’imposer comme un des nouveaux groupes les plus demandés par les festivals et qu’ils parcourent déjà le monde après seulement quatre ans d’existence, c’est bien parce que ces mecs-là forment l’un des MEILLEURS PUTAIN DE GROUPES LIVE AU MONDE. Et si t’es pas d’accord, eh bah knulle deg.

Dès la fin du show, toute la fratrie froggy file à l’Underworld pour le plus gros after du week-end, présenté par les héroooooos du Desertfest londonien : DJ Harris et Kippa. Boom ! Les hits desert et stoner rock se suivent mais ne se ressemblent pas, la bière coule à flot, tout le monde danse, crie, saute, glisse, « War Pigs » est repris en choeur par toute l’assistance, DJ Harris (ou dois-je le nommer « Super Nacho » ?), heureux, se lance dans un slam risqué au dessus de vingt personnes… La vie, la vraie, quoi. Au-delà de tous ces incroyables concerts et rencontres, les afters Desertfest, c’est un truc à part, une communion où on se retrouve entre brothers et sisters du stoner et où le monde n’appartient plus qu’à nous. Les stoneux et doomeux sont amour, man. Sur cette effervescence de 2 heures du matin, je vous laisse et vous retrouve avec une belle gueule de bois pour la troisième et dernière partie de ce report 2014… « Generals gathered in their maaaasseeeeees, just like witches at black masses… »

LIRE LES REPORTS DU PREMIER ET DERNIER JOUR DU FESTIVAL

Last modified: juin 5, 2014

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