Chroniques

Published on June 5th, 2018 | by Yannick K.

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GRAVEYARD “Peace” (Nuclear Blast 2018)

Le 23 septembre 2016, les croquemorts décidaient de fermer boutique et d’écrire leur propre épitaphe sur leur pierre tombale. Les divergences au sein du groupe avaient eu raison de l’énergie créatrice des Suédois GRAVEYARD. Aux marges de l’enfer, les fossoyeurs n’en avaient certainement pas encore fini avec leur histoire. Encore fallait-il faire plus que simplement réanimer le cadavre ; redonner vie et insuffler la furie créatrice d’Hisingen Blues devenait une impérieuse nécessité.

L’arrivée d’un nouveau batteur, Oskar Bergenheim, était certainement la condition sine qua none à cette nécromancie. Et ce n’est pas le sprint au titre évocateur “It Ain’t Over Yet” qui me contredira. Comme pour conjurer les errances blues de leur précédent album, GRAVEYARD sonne incroyablement fort et puissant comme jamais, façon d’invoquer le Heavy Metal Thunder des groupes de hard rock culte des années 70.

Et c’est bien cette section rythmique renouvelée et prépondérante, qui fait que Peace s’inscrit dans la droite lignée de ses illustres prédécesseurs. Le son est lourd, épais et inonde la pièce. Des titres dynamiques et groovy à la Grand Funk Railroad susciteront un intérêt immédiat des nouveaux venus, attirés par la hype de leur renaissance. Mais le disque, bien équilibré, préserve sur certains morceaux les ambiances mortuaires que des chansons comme “Longing” avaient instaurées sur Hisingen Blues, rassurant également les nostalgiques du son GRAVEYARD de cette première période du groupe. “See The Day” sent la chrysanthème à plein nez, un jour de Toussaint, et “Del Manic” faussement apaisante, vous ensevelira six pieds sous terre. “Walk On” ou “The Fox”, plus classiques, constituent également la dose de GRAVEYARD vintage.

Et lorsque ce n’est pas le tabassage de fûts qui vous électrise, c’est le chant éraillé éructant toutes les blessures de l’âme qui vous emporte, comme si c’était le dernier témoignage du groupe. Plus habités que jamais, Joakim Nilsson et Truls Mörck mettent tout leur coeur et leur âme dans chaque mot. Crooner funèbre sur “Cold Love” (Dieu que c’est beau !), hurleur lycanthrope sur “Please Don’t” ou chanteur soul démoniaque sur le finish “Low”, Peace dévoile toute l’étendue des capacités vocales de ses deux vocalistes.

Alors, quel espoir y a-t-il dans la vie après la mort de GRAVEYARD ? Le groupe semble revigoré par sa propre mort et renaissance. Peace n’est peut être pas aussi attachant qu’Hisingen Blues, mais le feu qui le parcourt et son exécution en font un album qui éclipse dorénavant toute leur discographie pre-mortem. Sa fusion à présent mature de blues, de pop, de rock très groovy et très musclée en fait un solide remplisseur de stade, sorte de chaînon manquant entre Mountain et Grand Funk Railroad.

Dans la mort, la vie est désormais éternelle. Amen.

ARTISTE : GRAVEYARD
ALBUM : “Peace”
DATE DE SORTIE : 25 mai 2018
LABEL : Nuclear Blast Records
GENRE : Classic rock
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About the Author

Yannick K.

Fait le grand écart entre kung fu old school et le rock sous toutes ses formes. Pense que Dieu serait tellement plus crédible (et badass) si c'était Iggy en disciple shaolin maniant aussi bien le nunchaku que la six cordes. En attendant il prêche pour THC.



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