SLEEP « The Sciences » (Third Man Records 2018)

Lord PierroWritten by Chroniques

SLEEP, cette icône de tout fan de stoner, a surpris tout le monde le 20 avril dernier en sortant son nouvel album The Sciences, sans promo ni exclu, sans bruit ni battage médiatique avant-coureur, pour faire suite à son « précédent » album datant de…20 ans.

On est en droit de se demander si le statut culte du groupe n’est pas une simple interprétation de ce que l’on voudrait qu’il soit : le groupe à l’attitude nonchalante, mettant en avant son art de vivre de la weed, jouant LE stoner doom parfait. Parce que, franchement, depuis le monolithe Dopesmoker, combien d’entre vous ont vu SLEEP en live ? Perso, j’ai eu l’énorme chance de les voir au Hellfest en 2013 et de prendre en pleine tronche le phénomène mais tellement de monde ne vit leur musique qu’au travers de leurs anciens albums… Alors, mythe ou réalité cette influence de SLEEP sur la musique actuelle ?

Donc The Sciences. Est-ce que quatre morceaux (je mets de côté l’intro du même nom et « Sonic Titan », morceau existant depuis de nombreuses années et superbement réarrangé pour l’occasion) sont suffisants pour renouer le fil de leur propre histoire ? Je ne vais pas la jouer suspense, la réponse est indéniablement oui. Pourquoi ? Parce que les quatre morceaux en question sont d’un niveau que seul ce trio est capable de pondre et de s’imposer en patrons du rock chamanique et pesant. Parce que ces trois lascars n’ont pas fait que fumer de l’herbe à longueur de temps pendant les vingt dernières années, leurs groupes respectifs (OM, High On Fire, Neurosis) prenant une place non négligeable dans leur façon de créer leur musique ensemble, à savoir plus cohérente, plus propre, plus lourde, toujours aussi planante, en un mot, meilleure.

Et parce que le premier morceau « Marijuanaut’s Theme » est une pure extase ! Ce motif entêtant, répétitif et absolument splendide, est le titre parfait qui risque d’être une référence du stoner pour les vingt prochaines années. Ce morceau ne fait pas dans la surenchère par rapport à tout ce qui a pu sortir ces deux dernières décennies, afin de montrer qui a la plus grosse. Non, cette chanson est la quintessence de SLEEP, ses influences, son imagerie, le thème central et bien entendu le SON. « Marijuanaut’s Theme », c’est le porte étendard de toute la culture underground, un hymne que l’on n’a pas fini d’entendre, pour notre plus grand plaisir.

Une fois cette base posée (sous-titrée « nous sommes les boss, arrêtez d’essayer de nous pomper, vous n’y arriverez jamais ! »), et après un monstrueux morceau de bravoure où le côté chamanique lié à la nature est prégnant (« Antarticans Thawed »), il est temps pour le trio magique de reprendre le fil de son histoire, avec toujours un hommage appuyé et marqué au Créateur du Rifftuel, donnant même son nom à un des morceaux (« Giza Butler ») dans lequel SLEEP se prosterne littéralement devant le plus grand Génie que le rock ai engendré.

Le final instrumental « The Botanist » clôt cet opus de façon presque trop calme, mais si on se laisse emporter par les riffs de Matt Pike, on regrette que ce morceau soit si court…Nul besoin d’être un adepte de l’herbe magique pour apprécier SLEEP et The Sciences, il suffit de se laisser porter par les sonorités des musiciens et des rimes invoquées par Al Cisneros pour vite être emporté par leur musique quasi spirituelle.

Telle une comète dans la Iommosphere, SLEEP vient de passer dans notre univers, avant de filer vers on ne sait quelle planète, mais déposant pour preuve réelle de son existence un album qui rappelle à tous qui sont les seuls dignes héritiers du Sabbath. Praise Iommi !

ARTISTE : SLEEP
ALBUM : « The Sciences »
DATE DE SORTIE : 20 avril 2018
LABEL : Third Man Records
GENRE : Le stoner, le vrai
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Last modified: mai 27, 2018

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