Comme chaque année, on est les derniers de la classe à rendre notre copie (rien ..." /> Du rock au doom : les 30 albums les plus cool de 2017. – The Heavy Chronicles

Chroniques

Published on January 29th, 2018 | by Beeho

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Du rock au doom : les 30 albums les plus cool de 2017.

Comme chaque année, on est les derniers de la classe à rendre notre copie (rien ne sert de courir, dit l’adage), mais elle n’en est pas moins un témoignage criant de l’incroyable cru musical qu’a été cette année 2017. Une poignée de plumes talentueuses et passionnées ont rejoint les rangs de THC l’année passée, ramenant avec eux une bigarrure de goûts et opinions qui rendent ce blog encore plus coloré. Donc, au lieu de jouer la facilité et énumérer les même éternelles tête d’affiche que beaucoup de nos confrères/soeurs du web, on a préféré prendre de la distance et vous présenter, non seulement le meilleur du Heavy, mais aussi nos coups de coeur plus rock, punk, black voire carrément barré. Et bon sang, cette année nous a amené de sacrées belles surprises, pas vrai ?

 
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BISON ”You Are Not The Ocean You Are The Patient” (Pelagic Records)

Alerte, alerte… Si vous étiez en quête désespérée de l’album sludge de l’année, ne cherchez plus. Après trois ans de silence radio, le groupe le plus mésestimé de la scène heavy (mais plus pour longtemps), j’ai nommé BISON, revient avec un premier album encore plus violent que ses cinq EPs réunis sans jamais tomber dans la cacophonie riffique. Pelagic Records doivent se féliciter d’avoir mis la main sur cet impétueux quatuor, parce que les Canadiens nous servent là un monument de catharsis, un phare brillant au dessus d’un océan de médiocrité, un appel à la révolte mûri et fichtrement bien produit, bref : un déclaration d’intention sludge – voire hardcore et carrément post-metal sur les bords – qui met au carré tout compétiteur alentours. S’il fallait d’ailleurs situer Bison sur la carte du Heavy, je les mettrais volontiers entre Converge, Isis et Conan, c’est vous dire s’il y a du level. Chaque écoute de ce « YANTOYATP » vous ouvrira de nouvelles portes, entre ténèbres et lumière absolue. S’ils ne sont ni l’océan, ni maîtres des Eléments, ils ont au moins le mérite de maîtriser l’art de la mandale à la perfection !

WITH THE DEAD “Love From With The Dead” (Rise Above)

Je l’avoue, j’étais plus que mitigée lorsqu’en 2014, j’ai entendu parler de With The Dead (supergroupe doom anglais se composant de l’ex-Cathedral Lee Dorrian et des ex-Wizard Tim Bagshaw et Mark Greening, ce dernier ayant déserté depuis). J’ai pensé à un prétexte commercial plus qu’à une véritable démarche sonore. Sauf que voilà, l’underground doom de ces dernières années ressemble plus aux rayons foisonnants et aveuglants d’un hypermarché qu’à ceux plus pointus et alléchants d’un disquaire londonien. Et dans cette masse, les dinosaures font encore la loi, preuve avec ce second opus « Love From With The Dead » : on n’a pas fait plus crade, plus incisif, plus lo-fi, bref, plus intrinsèquement DOOM que With The Dead en 2017. Même leurs voisins de tablée Electric Wizard ont l’air de fanfarons à côté. Alors n’attendez plus, et plongez dans les bas-fonds du Saint Gras aux côtés du Doom Lord que personne, non personne, ne peut désormais contester. Be damned or be dead.

THE PICTUREBOOKS “Home Is A Heartache” (New Century Records)

Une batterie tribale à l’impulsion primale, des riffs à l’aura blues qui fleurent les routes sans fin et les grands espaces arides, un chant habité… Le style The Picturebooks est instantanément reconnaissable. Vous vous rappelez peut-être à quel point on s’était enflammé pour le duo allemand, lors de la sortie de son troisième album « Imaginary Horse » en 2014 – dont une signature chez Riding Easy qui les avait dévoilés à la scène internationale. Alors que symbolise ce « Home Is A Heartache » ? Un mal du pays inversé ? Leur addiction pour la route ? La pochette dépeint une certaine fragilité… Quoiqu’il en soit, la recette reste inchangée, et c’est tant mieux : un rock garage intimiste, parfois gras, entre feu et force et susurrements presque chamaniques, portés par des choeurs entêtants et des textes à fleur de peau. On frissonne, on exulte, on se sent comme étant dans la confidence, spectateurs de ce road trip initiatique… La vie ? Fynn Grabke et Maddin Mirtschink continuent de livrer des bande-sons uniques et transcendantes, avec un opus que j’ai personnellement très hâte de voir joué en live sur nos terres.

SIENA ROOT « A Dream Of Lasting Peace » (M.I.G. Records)

Bien m’en a pris lorsque, un pluvieux dimanche d’hiver, je décidai de me plonger dans la discographie des rockers suédois Siena Root. Plus de vingt ans de carrière, et pourtant ils ne sortent leur premier album qu’en 2004. Etabli comme l’un des premiers groupes (suédois, donc) à faire du proto-rock axé 60’s et 70’s son cheval de bataille, le quatuor ne cesse d’impressionner au fil des sorties. « A Dream Of Lasting Peace » est une parfaite entrée en matière pour ceux qui n’auraient pas encore succombé au charme du trio, et une nouvelle pépite à acquérir pour les fans de ce dernier. Ode à un Summer Of Love qui n’a jamais vraiment pris fin, « A Dream Of Lasting Peace » se pare de riffs et airs chatoyants, jouant tantôt dans la gamme hippie rock solaire, tantôt celle du blues prog à la Deep Purple (ces solos d’orgue !). Tout dans cet album relève du perfectionnisme – n’est pas scandinave qui veut – et Siena Root livrent avec tout le talent qui est le leur une belle dose d’espoir et de fun, plus que vitaux en ces temps troublés.

KADAVAR “Rough Times” (Nuclear Blast)

Alors que « Berlin » avait supposément enterré la fan de Kadavar qui est en moi, avec son parti-pris pop et ses clichés 70’s en veux-tu en-voilà, « Rough Times » se pose comme une sacrée bonne surprise, voire même un sacré coup de pompe au derrière. Après avoir y avoir pris goût en live, je me suis donc plongée avec curiosité et délectation dans ce (déjà) quatrième album des chouchous du proto-rock/doom made in Berlin. Et bon sang, il tabasse dur ! Plus noir, plus noisy et gras encore que l’album-qui-avait-mis-tout-le-monde-d’accord, « Kadavar », cet album retour aux sources est aussi la preuve formelle que lisser la prod de ses artistes n’est pas le propos du label Nuclear Blast, loin de là. Le trio est déterminé, il n’a peur de rien et ne doit rien à personne, c’est évident. « Rough Times » est à l’image des lives des Allemands : un train à vapeur qui écrase tout sur son passage, un monstre de groove et de technique (les solos sont toujours à se damner), une machine à headbang à laquelle le commun des mortels ne saurait résister. Jetez-vous dessus sans plus attendre.

 

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KING GIZZARD & THE WIZARD LIZARD “Flying Microtonal Banana” – “Murder of the Universe” – “Sketches Of Brunswick East” – “Polygondwanaland” – “Gumboot Soup” (Flightless – ATO – Heavenly)

Pas un, pas deux mais cinq ! C’est le nombre d’albums que les fous furieux psychédéliques de King Gizzard & The Lizard Wizard ont décidé de sortir en 2017. Impossible n’est pas australien et à l’heure où j’écris ces lignes, le sextet en est à quatre, dont un Polygondwanaland tout frais et totalement gratuit ainsi qu’un album à paraître avant la fin de l’année. Alors cinq albums en si peu de temps, ça peut évoquer le remplissage, le recyclage et l’auto-complaisance. C’est là le tour de force de KGTLW, chaque album a sa personnalité unique et un son propre. On a affaire à quatre disques à la fois très différents et très proches, couvrant tout (?) le faisceau des possibilités conceptuelles du groupe et de sa tête pensante Stu Mackenzie. Un monde où se côtoie polyrythmies et accordages microtonaux, jazz lounge et doom psychédélique, monstres de fantasy et serpent à sonnettes. Mais le tout relié par des affinités de style. On retrouve par exemple partout ces arpèges de blues malien. On peut aussi s’amuser à repérer les voix de Han-Tyumi le cyborg de Murder of the Universe sur les autres opus. Des concepts poussés qui peuvent verser dans le cérébral et qui sont pourtant exécutés avec une finesse et une énergie de jouvenceaux, et semble surtout être toujours motivé par le fun. Bref, une oeuvre complète qui démontre qu’on peut encore compter sur King Gizzard pour nous surprendre et nous régaler encore longtemps. Qu’ils n’hésitent pas à faire une petite sieste en 2018 quand même.

ALL THEM WITCHES “Sleeping Through the War” (New West Records)

All Them Witches est composé de talentueux jammers de blues. Un quator qui a toujours déployé des compositions portées sur le mood, souvent taillées pour des versions allongées. Un talent qui fait forcément des merveilles en live, plongeant sans effort l’auditeur dans cette ambiance de vieux rade sudiste, mais qui peut se révéler un peu plus répétitif ou trop homogène sur album. De fait, l’auditeur pouvait lui préférer ses disques live (comme l’excellent Live in Brussels sorti en 2016). C’est là que Sleeping Through the War vient mettre les choses au clair : All Them Witches peut aussi faire des merveilles sur disque, grâce à un travail de production accru et de nouveaux horizons sonores. Oh, on reste toujours sur cette base blues, mais celle-ci peut aller piocher vers ses accointances touaregs (oui, eux aussi !) sur Am I Going Up? ou plonger dans une légèreté psychédélique sur Bulls. Dans l’ensemble, le travail d’arrangements est vraiment fouillé notamment par l’ajouts de choeurs féminins. Ne perdant jamais ses racines, All Them Witches nous prouve ici qu’il fait parti des groupes majeurs de la scène stoner, et bien plus encore.

KAIRON; IRSE! “Ruination” (Svart)

Objet Sonore Non Identifié venant de Finlande, Kairon; IRSE! (ce nom) est indéniablement prog. Mais du prog fin et racé, qui va piocher allègrement dans le krautrock mais aussi le shoagaze (Llullaillaco et ses voix éthérées, presque féériques évoque My Bloody Valentine). Et bien sûr chez le mètre étalon King Crimson. Le tout donne une pâte sonore unique et toujours surprenante. Ah tiens, un saxophone maintenant ? Et oui, pourquoi pas après tout. Et il reste un petit peu de violon, je vous le laisse ? On a bien sûr aussi le droit à du tempo tordu, de la grosse basse alambiquée et du synthé spatial, comme il se doit, mais sans jamais sacrifier une recherche mélodique constante qui privilégie l’émotion. Ainsi, pendant Starik, entre deux poussées furibardes, au détour d’une petite mélodie en arpège presque touareg (c’est de saison), on se surprend à laisser notre esprit rêvasser.

CHELSEA WOLFE “Hiss Spun” (Sargent House)

En 2015, Chelsea Wolfe nous amenait à plonger dans l’Abyss de ses rêves les plus sombres et habités, dans un bloc aux teintes électro-doom. En 2017, c’est le réveil, et la méthode n’est pas plus douce. Dès Spun, on est écrasé sous le poid d’une masse sonore rampante, telle le pas lourd d’une somnolence interrompue. Produite par Kurt Ballou (Converge), épaulée par la guitare de Troy Van Leeuwen, la direction sonore se veut plus musclée, heavy, dans un optique noise et électrique (coucou les larsens) mais non dénuée de mélancolie. Les puissants 16 Psyche et Vex figurent d’ors et déjà dans les sommets de la discographie de l’Américaine. Cela n’empêche pas la pythie gothique de fournir comme à son habitude quelques instants de fragilité tels Two Spirit ou Twin Fawn où sa voix frêle semble prête à se briser avant de replonger tête baissée dans cette furie cathartique propre à l’album.

CONVERGE “The Dusk In Us” (Epitaph – Deathwish)

Normalement, le constat est le même pour la plupart des groupes, au bout du 9ème album, ça fait longtemps qu’on a cessé de se faire des idées, on sait très bien que tout ça ne vaudra jamais l’âge d’or des premiers opus. Sauf avec Converge. Après avoir jeté un oeil en arrière en célébrant l’année dernière Jane Doe, son disque “culte”, le gang revient plus frais que jamais avec The Dusk In Us qui sonne autant (mieux ?) que la majorité de sa production. Comment rester frais après plus de 25 ans de carrière à oeuvrer dans un genre qui se veut fougueux et spontané ? Converge a semble-t-il trouvé le secret, le garde précieusement et avance toujours plus loin en se payant le luxe d’affiner sa formule. Les ruades hardcore, moins alambiquées, sont plus précises et incisives, et le groupe se permet quelques aventures dans le noise punitif. Et comme souvent, les incartades mid-tempo habilement placées à mi-parcours et à la fin pour reposer les jambes et faire s’activer notre coeur, déploient toute leur puissance émotionnelle. Le son de Kurt Ballou est toujours plus massif, il ne lésine pas sur les larsens distillés de manière jouissive, mais réussi à faire sonner chaque instrumentiste de façon claire et puissante (Ben Koller est encore une fois impressionnant de maîtrise derrière ses fûts). The Dusk In Us est un exercice d’équilibriste effectué avec le talent d’artisans qui ont forgé leur art pendant des années sans jamais dévier de leur but : nous mettre la branlée.

 

✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ LE TOP DE PETE GREEN

IRON REAGAN “CROSSOVER MINISTRY” (Relapse Records)

Soyons honnêtes : à quand remonte la dernière fois qu’un album de thrash crossover vous a littéralement agrippé par les couilles ? C’était très sûrement le dernier album d’Iron Reagan, pas vrai ? Eh bien nos échappés de Municipal Waste, LandPhil et Tony Foresta, sont de retour pour nous coller une la raclée, avec une section rythmique plus que décente en la personne de Ryan Parrish (ex-Darkest Hour) et Rob Skotis (Hellbear). On tient là dix-huit pépites de joyeuse violence, de rythmiques tumultueuses et de grooves jouissifs, à tel point qu’on ne se lasse pas de se décrocher la nuque sur « Crossover Ministry ». Le titre d’ouverture « A Dying World » mérite selon moi la palme de la Mandale Absolue, tandis que le très caustique « Fuck the Neighbours », la machine à headbang « Power of the Skull » ou encore le morceau plus-véloce-tu-meurs « Bleed the Fifth » sont d’autres temps forts de l’album, chacun à leur manière. Ce nouveau Iron Reagan est vraiment excellent de A à Z, alors sortez vous les doigts pour quarante bonnes minutes et lancez-moi donc ce circle pit autour de votre lit, au bureau, au resto, enfin bref : peu importe où l’album le plus thrashement dingo de l’année 2017 vous mènera.

MOTHERSHIP “High Strangeness” (Heavy Psych Sounds / Ripple Music)

Complexe, varié, progressif et exigeant… Ce ne sont pas des adjectifs qu’on utiliserait pour décrire le troisième opus du groupe texan. Et pourtant, le trio de Dallas envoie du lourd, et le fait bien. Les frères Juett – Kelley à la gratte et Kyle à la basse et au chant – ont réellement développé une capacité à pondre des morceaux diablement addictifs et les propulser dans la stratosphère, preuve en est avec ce troisième album archi décomplexé. Que ce soient les power chords furieuses de « Ride the Sun », les écrasants « Midnight Express » et « Crown of Lies » au plus brutal « Speed Dealer », Mothership est un groupe qui non seulement sait ce qu’il fait, mais aussi où il va et comment nous secouer tout du long. « High Strangeness » m’a mis un smile énorme à chaque fois qu’il a résonné dans les enceintes de ma bagnole cette année, et ce n’est pas prêt de s’arrêter !

THE OBSESSED ”Sacred” (Relapse Records)

Après un break de vingt-trois ans pour The Obsessed, qui pensait encore que ce retour de Scott ‘Wino’ Weinrich et son gang serait vain ? Mais personne, voyons ! « Sacred » est un chef-d’oeuvre de hard rock et biker blues sans retenue et, oui, de doom du meilleur acabit. Et même si j’ai encore du mal avec le va et viens de zikos (Dave Sherman, Bruce Falkinburg, Sara Serphim, Reid Raley et Brian Constantino) lors de la composition de l’album pour qu’au final, le lineup se fixe autour de Guy Pinhas, Greg Rogers et Wino, « Sacred » fait de loin partie des classiques aux côtés de « The Church Within » et « Lunar Womb ». Du martèlement punk frénétique de « Punk Crusher » et « Be The Night » au morceau éponyme sinueux, le très bluesy « It’s Only Money » et mon préféré, le très planant et majestueux « Stranger Things », « Sacred » transpire le prestige et la classe tout en sonnant à la fois classique et moderne dans chacun de ces éclats de passion et de précision. Levez-vous, Sieur Wino, levez-vous: votre moment est venu, comme il l’a toujours été.

PALLBEARER “Heartless” (Profound Lore Records)

Quelque part dans une galaxie fort lointaine, quelqu’un se trouve dans une navette de transports d’humains en train de rédiger “The Definitive Book of Doom”, un livre où Pallbearer aurait très sûrement un chapitre dédié sur la version 2017 de Candlemass et Trouble. Mais nous savons que ce n’est pas aussi simple. Le quatuor de Little Rock en est déjà à son troisième album, et même si on ne peut pas dire que « Heartless » est bien plus crucial que « Foundations of Burden » (2014), on peut clairement dire qu’ils ont bien plus réfléchi au tournant qu’ils souhaitaient amorcer et assument pleinement leurs vastes influences, de Pink Floyd à Camel en passent par les omniprésents Black Sabbath. Le chant de Brett Campbell et Joseph Rowland nous transpercent toujours plus le coeur, mais c’est surtout la complexité du jeu de guitare planant de Campbell et Devin Holt qui vole la vedette sur ce troisième opus. Le quatuor chemine dans des contrées plus heavy prog, comme sur « Dancing in Madness » ou le plus metal « Thorns » ou le presque mainstream « I Saw the End ». Et vous savez quoi ? Cet album divise, mais pour moi, je pense qu’il fait exactement l’effet désiré par le groupe. Je n’ai aucune idée de la direction que souhaite prendre Pallbearer, et j’ai hâte de savoir quelles vierges contrées ils comptent explorer par la suite. 

ELDER “Reflections Of A Floating World” (Stickman Records)

Ceci est un album d’Elder – à ce stade, qu’avez-vous besoin de savoir de plus pour cliquer sur « acheter » ? J’exagère peut-être un peu, pourtant peu de monde conteste le fait que le trio de Boston (quatuor depuis l’arrivée de Mike Risberg à la seconde guitare) est l’un des groupes les plus talentueux de la nouvelle vague heavy psyché. Pour moi, « Lore » était une déclaration d’intention assez forte, mais ce « Reflections on a Floating World » confirme la position de leader des Américains au sein de la « scène » aujourd’hui. Des flots de riffs de « The Falling Veil » aux riches embruns psychédéliques de « Staving Off Truth » au krautrock assumé de « Sonntag », Elder font ce qu’ils font de mieux : faire disparaître la courbe du temps derrière des cascades sonores délicates et beaucoup de groove. Le fait que DiSalvo, Couto et Donovan aient encore la vingtaine est aussi franchement flippant que rassurant, et j’ai plus que hâte de voir ce que ces trois gentlemen, que ce soit ensemble ou en solo, apporteront à la musique ces quarante prochaines années. « Reflections on a Floating World » ne se pose peut-être pas comme LE classique absolu d’Elder, mais c’est l’un des albums les plus brillants de 2017 à n’en pas douter.

 

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MONOLORD “Rust” (Riding Easy)

Les suédois semblent avoir trouvé une recette à la fois simple et efficace, lourde et envoûtante, hypnotisante et captivante, qui en a conquis plus d’un en un temps record. Toujours autant de graisse dans leurs amplis et de reverb dans le micro, mais avec ici un mix plus propre, accentuant beaucoup le côté onirique que peut avoir la musique de Monolord. Solos épiques et violons sont autant de nouveautés qui s’ajoutent à la liste de prouesses réalisées par cet album, dont la pochette est pourtant loin d’être la plus belle de l’année. C’est un pavé de pachydermisme exquis qui tombe dans le lac sombre du Doom cette année, et peut-être le plus lourd d’entre eux ! Dégustez-le au chaud cet hiver.

PERTURBATOR “New Model” (Blood Music)

James Kent n’a plus rien à prouver. Après avoir écumé la quasi totalité des festivals existant sur cette planète (majoritairement Metal), on aurait pu se dire que cet EP (d’une durée plus que satisfaisante le rapprochant presque d’un album) aurait été une sortie similaire à The Uncanny Valley, se reposant sur ses acquis, surfant encore sur la vague du revival des 80’s. Et il n’en est pourtant rien ! Expérimentations tordues, ambiances toujours plus sombres et malsaines, bye bye les couleurs chatoyantes, bienvenue dans de la synthwave hybride nous plongeant dans un Metropolis électronique noir, post-apocalyptique, personnel, et semble avoir atteint sa maturité.

THROANE “Plus Une Main A Mordre” (Eitrin Editions)

Depuis le temps que le nom me passait sous le nez, voici que ce chef-d’oeuvre est enfin entré dans mes oreilles. Projet du graphiste parisien Dehn Sora (Blut Aus Nord, Terra Tenebrosa, Otargos), dont je ne connaissais presque rien, je ne savais absolument pas à quoi m’attendre musicalement. Décrivons cela comme une tempête : des murs de guitares blindées de reverb, des ambiances glaciales qui vous enveloppent de vantablack, un chant lointain étouffé par les parasites d’une nuit sans étoile, un black metal avantgardiste lent, planant, grésillant, dont la recette est plus que convaincante, avec un featuring Colin van Eeckhout (Amenra) & Valnoir (Glaciation) pour le dernier morceau juste magistral et astral… Bref, un des projets les plus prometteurs de notre beau pays dans le genre !

AMENRA “Mass VI” (Neurot Recordings)

C’est avec un son neuf que les belges signent une nouvelle oeuvre, la 6ème du nom. C’est comme s’ils écrivaient les chapitres d’une Bible : avec une dévotion propre, qu’on ne pourra jamais leur retirer. Mais c’est une Bible sombre, pleine de tristesse, de haine, mais, chose nouvelle sur ce chapitre… de l’espoir. Comme une lumière au bout d’un tunnel qui nous paraissait sans fin. Des réponses à nos peurs les plus enfouies, enfin ? Sorte de guide spirituel aux sonorités sludge/post-core/black metal, le groupe n’a plus rien à prouver aujourd’hui, leur véritable Ascension est faite. Vient le temps de la réincarnation. Et selon moi cet album est tout ce qu’il symbolise. Chant en français plus présent (“Plus Près De Toi”), odes silencieuses et prières (“Edelkroone”), pièces maîtresses chargées en émotions et déjà cultes (“A Solitary Reign”), il y a de quoi passer par plusieurs stades de la dépression en à peine (et je trouve ça un peu regrettable) 40 minutes. Mais comme toujours avec Amenra : la qualité prime sur la quantité.

DVNE “Asheran” (Wasted State Records)

Prenez un shaker, mettez-y un gros soupçon de Mastodon, quelques gouttes de Elder, un peu de LSD pour le psychédélique, beaucoup de mélodies pour l’onirisme, secouez tout ça, envoyez ce shaker par colis recommandé dans une galaxie inconnue, et attendez qu’une race alien vous le renvoie sous la forme d’un album monolithique. Sans pour autant crier aux génies de la décennie (qui s’appellent pour le coup Elder), ces anglais sont une des plus grosses baffes de l’année, et pour pas mal de monde. Leur nom parle de lui-même. Complètement barré mais maitrisé, lourd et raffiné à la fois, passant par une multitude de genres et sous-genres, c’est une sorte de Reflections Of A Floating World part. 2 en plus Doom, un véritable voyage interstellaire épique, un brin mélancolique qui semble avoir été influencé par les grands de ce monde, et s’écoute avec une facilité non négligeable.

 

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DOPELORD “Children Of The Haze” (S/R)

Le problème de la scène doom/stoner/fuzz actuelle est que le nombre de sorties quotidiennes est tellement important que la majorité des albums sont déjà oubliés dès la fin de l’écoute. Heureusement, les polonais de DOPELORD ont sortis avec Children of The Haze une pépite, que dis-je un incontournable du Doom !
Que fait Dopelord de différent ? Tout, mais encore mieux que les autres. Les voix, tout à tour claires et posées ou hurlantes de terreur, se posent magnifiquement sur des rythmes alternant entre envolées psychédéliques propices aux incantations malsaines et courses effrénées vers le pit dans lequel les corps s’envolent les uns sur les autres. Children of The Haze regroupe les influences majeures du doom mais avec une telle sincérité et en les ayant magnifiquement digérées que les polonais se placent sans trop de concurrence comme les dignes successeurs de Sleep. Si vous êtes passés à côté de cet album majeur ou n’aviez pas ouvert vos esgourdes, il est grand temps de remédier à votre erreur et que vous décrassiez vos cages à miel avec Children of The Haze. Le Sabbath est toujours vivant et s’appelle Dopelord.

IAMFIRE “From Ashes” (S/R)

L’album rock de l’année, toutes catégories confondues. Le chef d’œuvre incompris et passé sous silence que seuls les auditeurs ouverts d’esprit et curieux auront écouté et apprécié. Voilà le résumé que je pourrai faire de cet album. Parce que From ashes est un disque tellement inclassable qu’il faudra dépasser la collection d’étiquettes et d’outils habituellement utilisés pour décrire la musique d’un groupe, afin de s’en imprégner et de l’apprécier pleinement, vous abandonnant à l’écoute de cet album. Alliant un chant clair, posé sur des constructions mélodiques, la musique d’I Am Fire monte en puissance au fil de ses chansons, la lourdeur des instruments surgissant au détour d’un couplet pour accompagner le chant de Peter Dolving qui passe d’un registre mélodique à du hurlement, afin de vous surprendre et de vous attirer dans ses griffes. Une fois dans ses filets, vous n’en sortirez plus et vous ne vous demanderez plus qu’une chose : comment avez-vous fait pour passer à côté d’un tel chef d’œuvre ?! I Am Fire est arrivé comme un ovni, furtivement, sans annonce tapageuse, et a laissé une empreinte si vivace sur cette année musicale qu’il est impossible d’attendre la suite calmement.

BODY COUNT “Bloodlust” (Century Media Records)

Après le retour inattendu en 2014 à grands coups pieds dans le cul avec Manslaughter, Ice-T et Body motherfucking Count reviennent plus féroces que jamais avec un Bloodlust parfait pour déclencher une guerre civile. Aparté pour ceux qui n’auraient pas écouté BC auparavant (mais où étiez-vous bon sang ? Vous n’avez pas vu leur show au Hellfest en 2015 ? Quel dommage ! Le concert l’année !). Si vous voulez un aperçu des influences du groupe, facile : mettez donc Raining Blood/Postmortem, et Ice T vous expliquera d’où vient le son de Body Count. Mais bien plus qu’une somme d’influences, le tout passé à la sauce BC est au-delà de ce qui est entendable en matière de mélange de genres rap/metal/hardcore, parce qu’il y a une âme en colère qui clame sa rage envers la société destructrice, et qui veut réveiller votre conscience. Bloodlust déclenchera en vous l’envie irrépressible de rejoindre la fosse et de vous jeter sur vos congénères afin de partager cette folie furieuse. Toute résistance est inutile, rejoignez les rangs du gang.

DDENT “آكتئاب” (S/R)

Le désormais quatuor français a sorti en début d’année le meilleur album instrumental de ces dernières années et surtout une pépite de post-rock/metal avec Ektiheb. Ddent crée des ambiances à la fois pesantes et psychédéliques, propices à l’immersion au plus profond de soi et au voyage intérieur. En étirant ses compositions sur la majorité des morceaux entre 6 et 10 minutes, Ddent vous permet de vous immerger complètement et de vous approprier sa musique, vous laissant libre d’interpréter ses créations selon vos propres sentiments et déclenchant des émotions que vous n’auriez pas forcément soupçonnées possibles par l’écoute de musique. Là réside le talent de Ddent, vous offrir le moyen de vous explorer vous-même au son de leur univers mélancolique grâce à ses morceaux mélangeant habilement lourdeur et atmosphères poétiques, parsemés de quelques accélérations mais sans jamais vous agresser, bien au contraire. La musique instrumentale est souvent incomprise parce qu’elle demande plus d’efforts des auditeurs pour l’apprécier à sa juste valeur, pourtant celle de Ddent se place parmi les plus intéressantes et excitantes qu’il m’ai été donné d’écouter.

STONEBIRDS “Time” (S/R)

Si les bretons nous avaient déjà mis une énorme claque avec « Into the fog… » il y a 2 ans, voilà qu’ils nous assènent un énorme coup sur la tête avec Time. Soyons clairs, l’évolution du groupe en quelques années est remarquable et les horizons vers lesquels ces oiseaux nous embarquent sont bel et bien ceux que nous apprécions le plus. Ambiances plombées mais ne transpirant pas la dépression, sonorités massives voire écrasantes mais d’une paradoxale légèreté, atmosphères envoûtantes sans tomber dans le cliché du psychédélique, Stonebirds est bel et bien entré dans le club fermé des groupes transcendant l’auditeur par sa musique, comme j’avais pu en être témoin lors de leur passage au Hellfest un dimanche matin de 2016. Time est la quintessence d’un metal atmosphérique/doom/sludge qui ne demandait qu’à trouver son maître pour se livrer totalement et sans retenue. Vous aussi, laissez-vous emporter dans les méandres du temps dans lesquels les bretons vous guiderons au travers de ce sublime album.

 

✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ ✂︎ LE TOP DE YANNICK K.

SASQUATCH “Maneuvers” (Mad Oak Records)

En huit titres, le groupe californien se paye le luxe de revenir sur le devant de la scène en nous donnant une leçon magistrale de Rock dans sa plus stricte définition, en s’appliquant une seule règle : offrir un maximum d’impact avec un minimum d’effet. Tout en restant fidèle à sa fuzz estampillée Sasquatch, le groupe se fraye un chemin plus mélodieux à travers un ensemble concis de morceaux relevant du fantasme pour tout amateur de riffs que nous sommes. Comment rester de marbre devant un groove aussi furieux ? L’intro de l’album, « Rational Woman » synthétise à elle seule ce que j’ai envie d’entendre dans un disque de Rock : me faire poliment envoyer dans le décor, avec la manière, et me rendre compte, après la dérouillée, que la ritournelle est bien enracinée dans ma caboche. Pas de gras superflu, pas de fioritures stériles, le groupe se concentre sur l’essentiel : une puissance brute et un groove imparable. Huit pépites diablement efficaces et absolument essentielles qui ne demandent qu’une chose : s’éclater en live. J’avais écrit que c’était le meilleur disque de Sasquatch, c’est désormais aussi le meilleur album de l’année.

MASTODON “Emperor of Sand” (Reprise Records)

L’évolution de Mastodon peut décontenancer certains. C’est vrai, on est désormais loin des kaléidoscopiques et névrosés « Blood Mountain » et « Crack The Skye ». Depuis « The Hunter », le groupe s’oriente vers de nouvelles constructions mélodiques catchy à souhait et semble être un puits intarissable de mélodies venues d’ailleurs (constat qui semble encore se confirmer par leur dernier EP sorti depuis). Mais que les puristes se rassurent, Mastodon n’a rien perdu de sa créativité, à vouloir démocratiser sa violence dans les sphères mainstream. Au contraire il met son ingéniosité au service de ses titres, quasiment tous des tubes en puissance. Et la dichotomie proposée est la clé de cet album : à naviguer constamment entre ombre et lumière, à marier une théâtralité heavy et une lourdeur sludge, à sillonner entre apesanteur et violence, le groupe construit un Yin et Yang musical, où l’un ne va pas sans l’autre, mieux encore, où l’un sublime l’autre. Tout le génie de Mastodon s’exprime ici. Emperor of Sand s’imbrique naturellement dans leur discographie, sans jurer, pour peu que l’on veuille bien y voir plus qu’un disque abordable, porte d’entrée vers leur univers.

YOUNGBLOOD SUPERCULT “The Great American Death Rattle” (DHU Records)

Youngblood Supercult (YBSC) surprend par la puissance évocatrice de sa musique. Un voyage sensoriel et émotionnel dans les sacro-saintes seventies, à travers une Amérique profonde et rurale, rouillée et déglinguée, poisseuse et poussiéreuse. Si les deux précédentes galettes du groupe sont dispensables, noyées dans une masse de sorties « post Uncle Acid & The Deadbeats », vous auriez tort de ne pas vous jeter sur ce « The Great American Death Rattle ». YBSC délivre ici un grand road trip midwestien empreint de spleen et dédié à cette Amérique perdue à jamais. Leur fraîcheur permet justement au groupe de se démarquer du catalogue surchargé actuel. Là où d’autres groupes s’épanchent à reproduire des effets de manches datés et user de similis vintage, YBSC se forge ici sa propre identité musicale. Et pour cela le chant de David Merill est le réel atout du groupe. Fantômal, presque irréel, il entonne de sa voix chaude et aérienne une collection d’oraisons éloquentes et poignantes qui ne peuvent vous laisser indifférent. YBSC est passé relativement inaperçu de ce côté de l’Atlantique. Le résumé de l’année me permet de les remettre à l’honneur. En lecteur avisé, embarquez sans crainte pour le meilleur road trip de l’année.

THE BRONX “V” (ATO Records)

Mais comment font-ils pour être toujours aussi bons ? C’est très certainement The Bronx et eux seuls qui savent encore insuffler autant d’énergie communicative avec un simple jeu sur trois cordes. Cinquième album éponyme, The Bronx délivre ici une poignée de flamboyants brûlots punk qui vous attrapent au colbac autant qu’ils vous touchent en plein cœur. Certains de leurs fans avaient critiqué le faux pas (qui n’en n’était pas un) que pouvait représenter IV. L’entrée « Night Drop at Glue Factory » démarrant à toute blinde, prouve que leur punk rock déchaîné n’a rien perdu de sa verve. Mais suivent aussi des chansons rock plus mélodiques (« Side effects », « Channel Islands ») voire pop (« Two Birds »), plus abouties que sur IV, qui font mouche. La preuve que The Bronx est à présent capable de livrer beaucoup plus que de la rage en brique. Et ils ont beau émouvoir plus qu’à l’accoutumée, le groupe excelle toujours autant dans l’urgence et la fureur. Matt Caughthrans vous éructe ses slogans vengeurs au visage, mais de façon toujours audible et claire, malgré la saturation appliquée. Une bien belle performance en terme de production : Ce disque sonne aussi bien au centre d’un circle pit de petites salles surchauffées qu’au milieu d’une foule compacte, un dimanche de festival sous le cagnard estival. Il est bel et bien là l’exploit, celui qui leur assure cette longévité. Alors à ce stade, que ce groupe ne soit pas l’un des plus grands noms du punk rock, reste pour moi une énigme.

MUTOID MAN “War Moans” (Sargent House)

La folie pure. Le chaos. La première expérience avec ce « War moans » peut être déroutante. A ne l’écouter qu’en surface, on ne pourrait y distinguer qu’un amalgame de riffs et de rythmes plaqués aléatoirement par des névrosés aux rictus espiègles. Mais « War moans » démarre là où « Bleeder » nous avait laissés : propulsé par une exubérance juvénile et une férocité instrumentale, Mutoid Man reproduit et surenchérit sur tout ce qui a si bien fonctionné dans leurs efforts précédents. Je vous assure, « Bleeder » paraît presque conventionnel en comparaison de cet album. En perte totale de repères, on dirait que le groupe s’amuse à déconstruire ses titres plutôt qu’à les structurer. Mais sous ce joyeux bordel, se cache une chorégraphie sous amphétamines de riffs sauvages travaillée au millimètre, que Brodsky entremêle de mélodies pops teintées eighties complètement impertinentes. Et ça marche ! C’est brutal, explosif, culotté… et surtout bigrement fun. Sur une scène musicale désespérément codifiée dans le sérieux ou le funeste et s’auto-plagiant souvent, Mutoid Man brandit un esprit métal spinaltapien rafraîchissant. Et à la sempiternelle formule « Tout a déjà été fait », on pourra désormais avancer un antidote : « Ecoute Mutoid Man ! ». C’est amusant dans le ton et un régal technique dans le style. C’est d’ailleurs l’un des meilleurs albums de métal produits que vous entendrez cette année. Mais ce n’est pas étonnant puisque vous avez déjà deviné qui est le quatrième membre du groupe.

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Beeho

Founder and editor of The Heavy Chronicles since 2010. Likes to turn into a complete freak once in the pit. Loud music and beer is my motto.



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