Ces albums qui ont fait de 2014 une année meilleure…

BeehoWritten by Chroniques

La sélection THC des coups de coeurs heavy et rock pour l’année 2014 arrive certes avec un peu de retard (on dira que comme pour les voeux de bonne année, on a jusqu’à fin janvier…), mais ma plume électronique est encore vibrante d’émotions à l’heure où je boucle ces chroniques. Comme à l’accoutumée, il n’est pas réellement question de classement, mais bien d’un récap des sorties qui m’ont fait kiffer, lequel vient compléter les albums déjà chroniqués cette année. Flashback.

MENTION TRÈS SPÉCIALE À…

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ORANGE GOBLIN « Back From The Abyss » (Candlelight Records) 

Une seule écoute du nouveau ORANGE GOBLIN m’a suffit pour que je sache qu’il serait dans mes albums phares de 2014, et qu’il perdurera dans le temps en tant que bombe nucléaire heavy métal de la décennie 10’s, au même titre que son surpuissant prédécesseur « Eulogy for The Damned ». « Back From The Abyss » regroupe à lui seul toutes les facettes sonores d’OG, du heavy de biker au rock’n’roll 100% Motörheadisant, jusqu’au blues métal sombre et brumeux… toujours porté par cette putain d’aura badass qui force le respect. Avec Jamie Dodd aux manettes et donc une production colossale, on ne peut que toujours plus s’incliner toujours devant la virtuosité du quatuor (et être mis à genoux par chacun des douze morceaux qui composent cette arme nucléaire sonore). « Eulogy For The Damned » était le coup d’état, « Back From The Abyss » est l’avènement d’ORANGE GOBLIN à la couronne du heavy métal britannique. Raise them fists in the air, motherfuckers !

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BASS DRUM OF DEATH « Rip This » (Innovative Leisure)

BASS DRUM OF DEATH, c’est un peu comme le Nutella : trois albums et toujours la même formule millénaire, mais on ne s’en lasse jamais. Le duo post-ado d’Oxford, Mississippi a banni toute tangente mélodique pour se concentrer sur le riff au sang chaud et l’animosité rythmique, avec un troisième album garage punk qui sent bon la bagarre. « Rip This », c’est la rencontre mouvementée entre Thee Oh Sees, Nirvana et Zeke, c’est un tas de mecs saouls fonçant le poing levé sur un escadron de police, c’est le mal de chien que tu te fais en t’arrachant la gueule en tombant après un trix monumental. Le son y est plus lourd que sur les deux précédents opus, la prod s’éloigne du homemade des débuts, mais ce n’est que pour mieux rendre justice à ce « Rip This » qui vous emportera sans crier gare sur le mode repeat. Bass Drum Of Death n’ont certes pas réinventé l’eau chaude, mais diantre que ça reste jouissif !

brant_bjork_black_power_flowerBRANT BJORK AND THE LOW DESERT PUNK BAND « Black Power Flower » (Napalm Records)

L’ami Brant Bjork est un connu pour être un homme relativement prolifique, pourtant il lui a fallu quatre ans pour sortir ce nouvel album, autant dire qu’on l’attendait de pied ferme (sans trop s’inquiéter, ceci dit) ! Pour les profanes, le son Brant Bjork, c’est une balade dans la « zone de confort » du désert : le riff sent le sable, la chaleur du groove vous enveloppe comme un cocon, et l’osmose entre les musiciens est bluffante peu importe le lineup. Mais « Black Power Flower » (que j’aime ce titre !) n’est pas juste une simple promenade à la cool dans le cerveau enfumé de Brant : c’est un album engagé, rentre-dedans, et je dirais même un poil plus sombre que ses prédécesseurs… tout en restant irrésistiblement classe et groovy du début à la fin ! Et comme toujours, c’est par le live qu’on se délectera réellement de toutes ses couleurs…

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GODHUNTER/SECRETS OF THE SKY « GH/0ST:S » (Battleground Records)

Le truc génial avec ce split, c’est que je ne savais absolument rien des deux groupes avant d’appuyer sur play, et que j’ai été soufflée dès le premier morceau. Pour le background rapide, GODHUNTER est un groupe sludge de Phoenix, tandis que SECRETS OF THE SKY sont plus dans la trampe du black doom. Si le premier morceau tape dans le sludge relativement mélodieux, le reste de l’EP descend de deux crans niveau tempo et nous attire dans des contrées carrément atmosphériques : entre le brumeux « GH/0ST:S » et sa voix féminine à l’aura grunge irrésistible, l’impérial « The Star » qui mêle grondements souterrains, guitares aériennes et chant black… Sans parler, bien sûr, de l’instrumental post-métallisant « GH/0ST:S II » qui clôt ce disque en grande pompe. Godhunter et Secrets Of The Sky nous offrent là un condensé d’émotion heavy, auréolée d’une créativité rare. Juste, éblouissant.

iron-reagan-the-tyranny-of-willIRON REAGAN « The Tyranny Of Will » (Relapse Records)

À écouter du gros rock et métal à longueur de journée, on en prendrait presque de l’âge. C’est pourquoi j’ai carrément exulté lorsque les thrash-coreux tarés d’IRON REAGAN ont débarqué avec leur clip réalisé par Whitey McConnaughy (legend !) et leur énergie de skateurs accros à l’adrénaline. Ça m’a fait l’effet d’un vent frais venant violemment balayer ma routine sonore. 25 morceaux, dont 21 qui ne dépassent pas les deux minutes, des lyrics nihilistes, et comme une sensation constante de partir en mission kamikaze avec les cousins de Suicidal Tendencies et Municipal Waste (dont le chanteur et le bassiste d’Iron Reagan sont issus) : on ne va pas se faire prier pour rentrer dans le lard de quiconque se mettra en travers de notre chemin. La bagarre, c’est maintenant !

pallbearer-foundations-of-burdenPALLBEARER « Foundations Of Burden » (Profound Lore Records)

Avec leur plus que sublime premier album « Sorrow and Extinction » (sorti en 2012 chez Profound Lore et chroniqué ici),  le quatuor de Little Rock en Arkansas a déchainé une vague d’admiration au sein de la scène doom. Quand la plupart chantent les louanges de YOB, je préfère le lyrisme de PALLBEARER. Et « Foundations Of Burden » en est bourré, à la manière d’un léviathan qui se serait lentement hissé au sommet d’une montagne et chanterait une puissante mais mortelle sérénade aux dieux. Plus brillants que jamais, nos quatre doom heroes poursuivent leur majestueuse ascension avec un album qui fout la chiale sans exception : guitares architecturales, chant déchirant, puissance phénoménale mais jamais brutale… Pallbearer ou la grandeur du doom moderne, ni plus ni moins.

Royal_Blood_2014ROYAL BLOOD « Royal Blood » (Warner Music)

Pas de guitare. Aucune putain de guitare. Il aura fallu des légions de groupes garage rock armés de seulement une gratte et une batterie, pour qu’au loin, une discrète rebellion au doux nom de ROYAL BLOOD se profile. Ces deux-là ont débarqué sans crier gare, leurs besaces bourrées d’influences fuzzy et heavy, et ont asséné à la planète rock leurs morceaux bigmuffisants et sexy, pouvant aussi se targuer de livrer des performances à quatre mains, « finger in ze nose ». Face au buzz si rapide autour de ce nouveau groupe, j’étais assez réticente à tendre l’oreille… ERREUR ! Non seulement le songwriting est ultra efficace, le son est gras, et ce nonchalant frontman de Mike Kerr n’est pas sans nous rappeler un cocktail explosif de Jack White, Matt Bellamy et… Josh Homme. À croire que le grand rouquin a été une des inspirations majeures de ce brillant album. À faire tourner sans modération.

serpent_venom_of_things_seen_and_unseenSERPENT VENOM « Of Things Seen And Unseen » (Church Within Records)

Dans les sorties doom qui m’ont vraiment fait plaisir en 2014, je dois dire que SERPENT VENOM se posent là. Après les ravages causés à mon cerveau par « Carnal Altar » en 2011, les Anglais m’ont une fois de plus soufflée avec ce deuxième album. Les influences made in Vitus demeurent, mais les guitares ont pris de l’assurance et les riffs… Mon dieu, quels riffs ! Le spectaculaire morceau d’intro « The Penance You Pay » nous enfonce direct dans des abysses sonores dont seule la voix céleste de Garry Ricketts pourrait nous tirer d’affaire. Le mec a une voix à faire chialer les anges, et pourrait chanter sur à peu près n’importe quel style de rock et de métal… Mais non, il a choisi le DOOM. Et on le remercie. Je l’avoue, je ne me suis pas encore remise de cet album phénoménal, je trouve d’ailleurs difficilement les mots pour en parler. C’est donc avec le morceau « Let Them Starve » à pleine puissance dans mes oreilles que je vous dis une chose, à vous qui êtes des personnes de goûts sûrs : foncez ICI, achetez les yeux fermés, et régalez-vous.

windhand_salems_pot_splitWINDHAND / SALEM’S POT « Halloween Split » (Riding Easy Records) 

Ce split est de loin ce qui s’est fait de plus monstrueusement heavy et démoniaque en 2014, juste après l’album éponyme de MONOLORD. Pas étonnant que les 500 exemplaires que le label avait mis en vente soient partis comme des petits pains (et que de sales opportunistes en revendent désormais à des prix astronomiques sur Ebay) !  Tandis que le « Pink Flamingo » de SALEM’S POT se la joue fun et sexy avec un track sous acide ultra cadencé et un final cataclysmique où solo bluesy et percus tribales s’entrechoquent, WINDHAND mettent dans le mille (pour changer) et assoient leur position de nouveaux monstres sacrés du doom psyché avec un morceau aussi lourd et dramatique qu’addictif. « Forest Clouds » est LE monument de l’EP, et peut-être même le monument de cette année doom 2014. À vous donner la chair de poule tellement c’est bon. Dorthia Cottrell peut invoquer qui elle veut avec ce morceau, on l’écoutera les oreilles grandes ouvertes jusqu’à implosion de la planète…

Last modified: mars 14, 2015

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