JOHN GARCIA + KOMATSU + STEAK @ Le Ferrailleur (Nantes, 29.11.14)

ThibWritten by Live Reports

Le passage de JOHN GARCIA et son projet solo « Playing past & present from Slo Burn to Kyuss » au Ferrailleur de Nantes était la date à ne manquer sous aucun prétexte cet automne. Les Bretons l’ont bien compris, puisque l’événement était annoncé complet depuis un mois, au plus grand bonheur de l’orga Bluewave Prod, qui enregistrait son quatrième sold out de la saison. Le Mr étant accompagné de ses protégés rosbifs STEAK et des Hollandais growlants (pas trop, mais un peu quand même) KOMATSU, cela ne pouvait être qu’une bonne soirée. (PHOTOS : Gaël Mathieu – TEXTE : Gaël & Thib)


Arrivé en milieu d’après midi au Ferrailleur sous un magnifique soleil Nantais, je tombe directement sur Nico de Dead Pig Ent. (tourneur de Garcia et Steak en France). Monsieur est de bonne humeur : les retours de la team Garcia sont bons malgré quelques déboires avec le tour bus – dont 8 heures bloqués sur une aire d’autoroute – et un accueil un peu limite de la part d’orgas espagnols. La fatigue se ressent chez les musiciens qui viennent d’enchaîner les dates sans day off, les yeux un peu cernés, mais tout le monde à le sourire et reste pro jusqu’au bout. 

Les balances commencent : gros son de gratte bien fuzzy comme on aime par chez nous, j’ai même droit à une petit répèt improvisée du titre phare de Slo Burn, « July », joué avec Mo de Komatsu en guest sur la tournée. Le temps de déranger John Garcia (lequel est en train d’engloutir un sandwich) pour faire quelques photos portraits, je rate forcément les balances de Komatsu, pour enchaîner sur celles de Steak. Les gars m’expliquent au passage qu’ils intègrent pour cette seconde partie du tour un nouveau bassiste, John, qui en est seulement à sa seconde date en remplacement de Cam, reparti travailler en Angleterre. Ils en profitent donc pour répéter un peu. Petit aperçu de cette après-midi en backstage au Ferrailleur : 

Le temps de laisser le public rentrer doucement, et la soirée commence avec l’arrivée de STEAK sur la scène. Les Anglais se donnent, on sent bien John concentré sur son jeu, les trois autres quant à eux sont déjà rodés, c’est dynamique dans le fond mais la forme malheureusement laisse à désirer. La salle n’est pas totalement remplie, le set est bien trop court pour pouvoir me faire un véritable avis et le son n’est pas au top en ce qui me concerne, ceci n’empêche pas de voir un certain nombre de spectateurs handbanguer et prendre du plaisir. En effet, ayant raté le groupe à quelques reprises, c’était la première fois en live, et j’en attendais donc beaucoup. Il me reste quand même une impression d’un groupe très très dynamique, de bons riffs et des compos bien senties, à revoir donc dans de meilleures conditions et en tête d’affiche, ou en tout cas : en vraie première partie !

Quatuor de Eindhoven, KOMATSU laissera une impression « sympa », dans le bon et mauvais sens du terme. Stylistiquement le cul entre trente chaises, le groupe ne parviendra pas à nous emmener sur un terrain précis, nous laissant un goût vaguement sludge sur le fond de la langue sans qu’on puisse coller une influence dominante sur leur son. On a un peu l’impression d’écouter un catalogue de riffs cools, ce qui dans l’absolu n’est pas un mal, mais la personnalité est clairement restée au vestiaire. C’est accordé si bas que ça rappelle un peu Torche, certains plans sont carrément doom dans la lourdeur primaire qu’ils dégagent, d’autres rythmiques évoquent le doux son du désert mais tout ça n’est pas lié par une patte qui distinguerait clairement la musique de KOMATSU de la masse. C’est dommage, d’autant plus que le savoir-faire est là pour pondre des titres accrocheurs et que le groupe a visiblement un gros passif dans la scène lourde et poisseuse. 

Du point de vue de la performance, mis à part le statique Stephan à la deuxième gratte, le groupe mène un show convaincant montrant des gars sûrs de leur art et sachant tenir une scène, mention spéciale au bassiste Martijn à la bonne humeur communicative et à la disto heavy as fvck. Quelques plans brillent par le headbang lourd et renfrogné qu’ils provoquent (le très Mastodon « Blackwater »), certains lignes de grattes se montrent suffisamment gracieuses pour nous scotcher (« Hail To The King », dédié ce soir à Mr. Garcia), et globalement on passe un bon moment en compagnie des Hollandais, même si leur souvenir ne survivra pas au changement de plateau.

Place à JOHN GARCIA et son crew composé de vieux briscards de la scène californienne, qui se sont pas foutus de nous. Rapide présentation : à la batterie Greg Saenz, qui ne vous dit peut-être rien, mais le monsieur est un collaborateur régulier de Mike Muir (Suicidal Tendencies) et a notamment bossé avec Kreator, Jesse de Eagles Of Death Metal, et joue dans The Dwarves et You Know Who. Mike Pygmie de Mondo Generator/You Know Who à la basse, et à la gratte Ehren Groban. Ce backing band de coyotes de Palm Desert entame le set sur « Caterpillar March » de Kyuss et la sauce prend d’entrée de jeu avec ce court instrumental qui vient parfaitement faire le job : dire qui est le patron, faire plaisir aux fans, introduire le groupe et poser le rythme endiablé du set à venir. Bien que le show de ce soir soit avant tout une mise en avant de l’album solo de JOHN GARCIA sorti il y a peu chez Napalm Records, pas moins de huit titres de Kyuss seront joués ce soir, chacun accueilli avec l’enthousiasme d’un public rassemblé par l’immense héritage de ce groupe. John est en forme et se la joue force tranquille : comme d’habitude, le monsieur n’a qu’à bouger le petit doigt pour déclencher l’euphorie générale. Sa prestation habitée, multipliant les poses concentrées, faisant honneur à son statut de chanteur qui assure le concert avec justesse et force. Rien à voir avec le jeune chanteur de Kyuss complètement stone qu’on peut voir sur les vidéos de l’époque : c’est bel et bien un chanteur complet et soucieux de donner le meilleur qui est face à nous ce soir.

De la partie « John Garcia solo » du concert, on regrette un peu des titres pas super électrisants, surtout quand on a en mémoire les shows d’enfer d’Hermano. On retiendra surtout ce magnifique « 5000 miles » à la simplicité envoûtante qu’on dirait sortie des doigts de Brant Björk. Les musiciens qui accompagnent John jouent la discrétion : pas de coup d’éclat ou de mise en avant de leur part sauf quand ils sont poussés dans ce sens par le frontman, comme lors de cet instrumental aussi massif et râpeux qu’une bise à tatie. John quitte la scène, laissant libre cours aux riffs de primate du trio, je ne sais pas d’où sort ce titre, mais en tout cas on sait tous où il est allé : dans la tronche. WOW ! C’était heavy et brut comme un mélange de Weedeater et Dozer, c’est vous dire la lourdeur du truc.

Du côté Kyuss et Slo Burn de la force : que des tubes, repris en chœur par un public à bloc. À noter un « El Rodeo » d’anthologie à la sauce du groupe, version rallongée et augmentée. Les titres de Kyuss sont largement remaniés, parfois pour le meilleur (« El Rodeo »), parfois pour le pire (un « Whitewater » un peu défiguré). Le public est chaud-bouillant sur les derniers titres du set (une doublette Slo Burn avec « July » et « All These Walls »/ »Cactus Jumper »), mais c’est le rappel qui verra le plus de dégâts, bières renversées, slams ratés et pogos chantants. « Supa Scoopa & Mighty Scoop » et surtout le classique des classiques « Green Machine » achèveront de combler les fans, ce dernier titre repris du début à la fin par une bonne partie de la fosse dans une ambiance de fiesta totale. On redescend doucement avec un « Whitewater » un peu raté donc, dommage, ce titre magique sur album ne trouve pas ici de transcription live pertinente et clôt la soirée sur un titre en demi-teinte. Une impression vite balayée par l’enthousiasme général lorsque les lumières se rallument sur un public en sueur et rassasié. Encore une victoire de JOHN GARCIA !

SETLIST :
Caterpillar March (Kyuss)
Rolling Stoned
One Inch Man (Kyuss)
My Mind
5000 Miles
The Blvd
Gloria Lewis (Kyuss)
Flower
El Rodeo (Kyuss)
Argleben
Space Vato (???)
Saddleback
800 (Kyuss)
July (Slo Burn)
All These Walls (aka Cactus Jumper)
Rappel :
Supa Scoopa and Mighty Scoop (Kyuss)
Green Machine (Kyuss)
Whitewater (Kyuss)

Last modified: octobre 21, 2016

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