10 chansons pour se convertir à… PEARL JAM

BeehoWritten by Heavy Zikos

pearl jam

Etant donné que l’article sur EDDIE VEDDER est parmi les plus consultés de ce blog, il me paraissait bien normal de ne pas délaisser les 10% de  « Pearljamittude » qui composent une partie de votre subconscient. Si vous ne pigez rien, c’est que vous n’êtes pas encore atteints.
Mais cette immunité ne va pas durer, car je vais tenter de vous vendre PEARL JAM en 10 morceaux. Ouvrez grand votre chakra rock, il va prendre sa dose de beauté et de fougue pour les 10 années à venir.

Jeune pousse de la scène grunge de Seattle de la fin des années 80, PEARL JAM est le groupe qui a mené ce mouvement sur les plus grandes scènes internationales et au top des charts dès la sortie de leur premier album « Ten », qui est ni plus ni moins la perfection faite rock.

PEARL JAM est un des groupes de rock les plus exceptionnels de ces 20 dernières années, et en tant que formation libre et indépendante, ses membres ont toujours fait ce qu’ils entendaient être le plus pertinent et raccord à leurs convictions.
PEARL JAM est le porte-étendard vivant des années grunge, avec une attitude rebelle et un charisme délirant. C’est aussi un groupe de mecs qui ont grandi en écoutant The Who, Hendrix ou encore les Ramones, même si leur musique emprunte généralement plus ses sonorités à la profondeur du classic rock qu’à la rage du punk.
PEARL JAM, c’est surtout une voix, l’une des voix rock les plus incroyables : celle d’Eddie Vedder (voire apologie ici). Le magnétisme alors à son comble, tout était en place pour que ce groupe devienne immense. Il le fût, et l’est encore aujourd’hui. La preuve en 10 morceaux, et dans l’ordre chronologique s’il vous plaît.

DEEP (« Ten » – 1991)

Qui a dit que Pearl Jam faisait du rock FM à Papa ? Un(e) abruti(e) sûrement. Avec « Deep », on broie les préjugés, on revient aux origines, et on se prend un vague de chaleur inouïe, un truc qui fait valdinguer de plaisir dès le premier aller-retour de médiator. Reste à savoir ce qui rend accro à ce morceau si atypique du groupe ? Serait-ce ce blues sexy et et sa sonorité bottleneck plus que ravageuse ? Serait-ce une fois de plus le groove indécent du duo Ament-Krusen ? Seraient-ce les lyrics énervés de Vedder, qui met toujours le doigt là où ça fait mal, mais avec panache ? Il se dégage une énergie et un côté diabolique de ce morceau, qui attire et brûle dès la première écoute. Ça fait du bien là où ça fait mal, en quelque sorte…

ONCE (« Ten » – 1991)

Si il y a bien un son qui pour moi représente tout l’esprit Pearl Jam des débuts, c’est « Once ». Le petit riff accrocheur qui fait tout, la rythmique qui tabasse, le solo qui démonte assez pour rester gravé dans les esprits, et bien sûr le flow de psychotique de Vedder, qui débite, je dirais même qui déclame ses propos comme un vrai MC (à tel point que souvent, on ne pige pas un mot de ce qu’il raconte), avec sa sublime voix rauque, grrrrrrrr… « Once » pourrait aisément se frotter au hit « Even Flow », car ils ont tous les deux en commun cette vigueur, cette facette électrique et frénétique. Mais la force de « Once » réside surtout dans le fait qu’il est bien plus dramatique et révolutionnaire que ce dernier. Forcément : quand on raconte le vécu d’un psychopathe à la 1ère personne, ça fait toute la différence…

BLACK (« MTV Unplugged » – 1992)

« Black » est LA ballade emblématique de Pearl Jam, à la façon du « Nothing Else Matters » de Metallica ou du « Still Loving You » des Scorpions (sic), celle qui pousse même les plus endurcis à écraser une grosse larme d’émotion. La version Unplugged de « Black » surpasse selon moi un million de fois l’originale, avec une interprétation encore plus déchirante et émotionnelle, à faire fondre vos organes vitaux en deux-deux. Au bord de l’explosion, Eddie chante ce morceau comme jamais, avec force et tristesse. Ça semble tellement douloureux qu’on aurait presque envie de le prendre par la main et lui dire « ça va aller, ne t’inquiète pas ». Ou d’aller se chercher une autre boîte de Kleenex, au choix.

ANIMAL (« Vs » – 1993)

Le rock de Pearl Jam peut sonner parfois légèrement FM, mais il peut aussi atteindre un degré de violence insoupçonné. Pas besoin de la jouer thrash pour percuter, il suffit juste de taper fort une seule fois, de trouver les mots justes, et de poser LE riff de killer sur tout ça. « I’d rather be with an animal… » me semble être une phrase assez explicite pour faire piger à la populace que là, ras le bol de ces conneries. La façon qu’a Eddie de huuuuuuurrrrrleeeeeeeeeer sa colère dans le mic, ça vaut tous les punching balls du monde, et on se sent de suite comme libérés, à l’écoute de ce morceau survitaminé. Et puis bien sûr, lorsqu’on a droit en bonus à un solo de génie de Mike McCready pour clôturer le tout, c’est la cerise. Miam, Pearl Jam, je veux bien être ton animal !

RATS (« Vs » – 1993)

« Rats » est un morceau totalement sous-estimé de PJ, et il vaut son pesant d’or rien que pour son délire de blues bar miteux. Vous ne voyez pas ? La gratte slide, la rythmique funky à mort (ah, Dave Abbruzzese…), la voix rauque et voilée de Ed qui transpire toute la méprise qu’il a pour ces rats. Oui, car le morceau est en fait un clin d’oeil au film « Ben » de Phil Karlson (1972 – l’histoire d’un gamin qui se prend d’affection pour un rat, qui n’est autre qu’un animal pernicieux et diabolique, mais ça, on le savait déjà). Or, en dehors de cette référence purement cinématographique, « Rats » a cette dimension brute de décoffrage, limite crade… Carrément le genre de morceau dans lequel Pearl Jam excelle (cf. les bonus tracks de l’édition Deluxe de « Ten »), et qu’on redemande à volonté !

NOT FOR YOU (« Vitalogy » – 1994)

Cette chanson est un putain de vrai attentat. Tout est parfait musicalement, mais ce qui est plus que parfait, c’est l’interprétation de Vedder (encore une fois).  La voix tremblante et rugueuse, on sent le mec à deux doigts de la crise de nerf. Non, en fait, il est littéralement en train de péter les plombs !!! En mode montagnes russes, « Not For You » démarre gentiment, pour exploser sur le refrain, puis fait redescendre la tension sur un pont chancelant, et explose à nouveau sur le final, tous les instruments s’entrechoquant alors dans un formidable feu d’artifice rock. C’est exactement ce genre de morceau gueulard et engagé qui fait qu’on oubliera jamais que Pearl Jam est originaire d’un mouvement dissident que l’on appelait jadis… le grunge.

YOU ARE (« Riot Act » – 2002)

Marrant de penser que ce morceau a été écrit par Matt Cameron (remplaçant de Dave Abbruzzese et ancien batteur de Soundgarden), et qu’il s’avère être l’un des morceaux les plus surprenants et grisants du groupe. D’abord, il y a cet assemblage de guitares « delayées » au possible, qui rappelle sensiblement le style Morello. Et puis, il y a cette sérénité ambiante, et surtout, surtout : la voix d’Eddie. Profondément sensuelle sur les couplets, elle nous prend aux tripes pour nous emmener au 7ème ciel sur les refrains. Moment épique : la dernière ligne de chant « I am the shoreline, but you’re…the sea« , après laquelle la gratte de McCready s’envole, évoque presque le chant des baleines au large de l’océan… À écouter en boucle.

ALL OR NONE (« Riot Act » – 2002)

Les années passant, Pearl Jam a peu à peu calmé ses ardeurs (même si des restes de leur rebel attitude subsistent encore), tandis que la voix d’Eddie Vedder a gagné en profondeur et en maturité. « All Or None » est une belle, très belle preuve de cette maturité, le groupe nous emmenant dans une ambiance semi-acoustique façon cabaret jazz, mais sans les cuivres. On se délecte de cette sérénité sonore, on écoute avec attention chaque mot, chaque vibration vocale, les yeux se ferment… Ce morceau est tout simplement d’une beauté mélancolique, qui caractérise à merveille l’état d’esprit du Pearl Jam de l’époque.

DIRTY FRANK (« Ten » Deluxe Reissue – 2009)

Le saviez-vous ? Les membres de Pearl Jam sont tous fans de longue date des Red Hot Chili Peppers. Les deux groupes sont d’ailleurs aussi très potes. « Dirty Frank » est un spoof track qui reprend les gimmicks des Red Hot, un trip magistral dans lequel Vedder nous raconte sur un ton graveleux les mésaventures d’un serial killer bouffeur d’enfants. Là, on tient une bonne base. Et puis, il se trouve que dans Pearl Jam, il y a « jam », et qui dit « jam » dit gros kif pour les oreilles, même quand il s’agit de faire du grand n’importe quoi. « Dirty Frank » est drôle, surprenant, crade et dangereusement excitant. On aurait presque envie de passer une soirée avec lui… « Where is Mike McCready ? MY GOD, HE’S BEEN ATE !!! »

BREATH AND A SCREAM (« Ten » Deluxe Reissue – 2009)

Sans Stone Gossard, les riffs les plus cultes de Pearl Jam n’auraient jamais vu le jour. Il tient la rythmique depuis plus de 20 ans, mais il est tout de même le charpentier de « Ten », et ça, c’est pas rien. Le riff principal de « Breath » est une démonstration criante du talent et de l’oreille de Stone : simple, 70’s, et percutant. De l’autre côté de la scène, Eddie Vedder nous entraîne avec sa fougue caractéristique dans son monde, et nous conseille vivement de réaliser nos rêves avant qu’il ne soit trop tard. Il y a quelque chose de profondément positif dans ce morceau, que ce soit de par la musique ou les paroles. À chaque fois que j’écoute ce morceau, je vois l’horizon, je vois le soleil, je vois l’espoir pointer le bout de son nez. Pas vous ?

BONUS LIVE

Il y aurait tellement d’autres morceaux à mettre dans la liste, parmi les pépites qui composent la discographie du groupe. Alors au lieu d’une seconde liste exhaustive, je vous donne mes deux bonus perso, en mode live.

I BELIEVE IN MIRACLES (Ramones Cover – Live At Benaroya Hall 2003)

Le set acoustique du Benaroya Hall à Seattle en 2003 est tout simplement l’un des meilleurs que Pearl Jam ait performé, (après le Unplugged de MTV), car en ce qui concerne notre ami Vedder, la période « Riot Act » est vocalement l’une de celles où il fait le plus preuve de sensibilité et de précision dans son chant. Alors quand le groupe reprend en version slow le titre des Ramones, le temps suspend son vol, et on bousille notre trackpad à force d’appuyer « repeat ». Serait-ce trop beau pour être vrai ? Non, tout ça est bien réel. Et on finit même par préférer la reprise à l’original…

STATE OF LOVE AND TRUST (MTV Unplugged – 1992)

Pourquoi, pourquoi, POURQUOI « State Of Love & Trust » n’a-t-il pas abouti sur la version finale de « Ten » ? Il est certain que ce morceau est l’un des titres cultes du groupe, alors qu’il n’a que le statut de « bonus track » dans leur discographie. Encore une fois, les lyrics traitent d’un sujet tragique (chacun y va de son interprétation, et en ce qui me concerne, je pense que Vedder parle de suicide), et pourtant, il émane une allégresse communicative de ce son, qui prend encore plus sa dimension lors de la fameuse performance Unplugged de Pearl Jam sur MTV. Une instru euphorisante, des paroles noires, un tourbillon de folie nous emporte dans l’univers complexe de Pearl Jam, et convertit même les plus dubitatifs (j’en connais quelques uns).

Last modified: juillet 21, 2014

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