CORROSION OF CONFORMITY « Corrosion Of Conformity » (Candlelight Records 2012)

BeehoWritten by Chroniques

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Le CORROSION OF CONFORMITY de l’époque « Animosity » n’a pas résisté à l’appel de la reformation, pour leur plaisir certes, mais aussi (et surtout) pour injecter un peu de tension à l’ancienne dans vos oreilles bourdonnantes. Alors, comment a évolué le trio Dean-Woodroe-Mullin après le départ de Keenan ? Back to old school ? Plus énervés que jamais ? Analyse, comparatif et contre-enquête.

Je vais pas y aller par quatre chemins, pour moi le tiercé gagnant de la discographie de C.O.C se résume à : « Deliverance », « In The Arms Of God » et « Wiseblood ». Alors oui, je suis carrément une inconditionnelle de l’ère Keenan, de sa voix et de son talent de compositeur. L’ère « Blind » avec le très bon Karl Agell au chant fut quant à elle courte mais franchement efficace, et pourrait aussi rentrer dans le top 5. Pour ce qui est de ce nouvel album dont le titre éponyme exprime presque un désir de renaissance par les cendres, c’est autre chose… CORROSION OF CONFORMITY s’est visiblement émancipé de l’influence southern/blues de Pepper Keenan pour rejouer sur les bonnes vieilles bases punk et heavy-sans-concessions, tout en y ajoutant la dose d’épaisseur sonore tant espérée (et annoncée).

En remettant leur côté rebelle au goût du jour façon « Animosity », le trio nous embarque sur une bonne moitié de l’album dans des ambiances pogo assez sympas (Leeches, Rats City, Your Tomorrow ou encore le hit d’intro Psychic Vampire). Sympas, mais souvent creuses. La sonorité de la gratte de Woodroe le confirme, tellement elle est froide et rugueuse sur certaines rythmiques… Cette grosse poignée de morceaux orientés punk ET heavy n’épargne personne : ça joue sec et tendu, ça va vite, ça gueule, et la mélodie n’est clairement pas à l’honneur. Frustrant quand on est encore dans le trip de « Wiseblood-Deliverance-In The Arms Of God », qui enrobait le son heavy métal d’un blues chaud trempé des plus belles émotions humaines.

Ceci dit, il y a du solo et du joli solo même, sur ce morceau instrumental carrément flinguant qu’est El Lamento de Las Cabras, ou encore sur The Doom, pure pépite de l’album où toutes les influences du groupe depuis ses débuts s’entremêlent dans un exercice de la plus grande facilité… Ca démarre bien doom, puis ça vire punk… et c’est enfin que la musique nous entraîne vers quelque chose de palpable, de swinguant, laissant à nouveau entrevoir le grand Woodroe à l’oeuvre. De belles bribes de cette couleur mélodique sont disséminées ça et là, entre deux gros riffs épais et lents (le final de The Moneychangers, Psychic Vampire, River Of Stone) qui rappellent les premières heures du Heavy sabbathien.

« Corrosion Of Conformity » est loin d’être mauvais (impensable avec un tel trio de musicien !), mais le seul fait de devoir supporter la voix braillarde de Mike Dean pendant 50 minutes transforme certains morceaux en épreuve de force (et je ne peux m’empêcher de noter une ressemblance vocale troublante avec Zakk Wylde sur Weaving Spiders Come Not Here, à se demander si c’est bien Dean qui chante…). Hormis ce point noir, on passe quelques bons moments en écoutant ce nouveau C.O.C, et chaque fan pourra y trouver son compte : du heavy métal 80’s pour les  porteurs de vestes à patchs, du rough punk pour les fans d' »Animosity », du gros et gras pour les fans de « Blind », et quelques solos sympas pour l’honneur (tout de même !). Tergiversant entre vibe old school 100% assumée et invitation à une torpeur sludgy bien actuelle, on en est presque à tituber et à finalement vaciller en se demandant sur quel pied C.O.C souhaite nous faire danser… Ou peut-être qu’il ne faut pas se poser de question et accepter l’évolution du groupe sans sourciller ?

Corrosion-of-Conformity-Corrosion-of-ConformityARTISTE : Corrosion Of Conformity
ALBUM : « Corrosion Of Conformity »
DATE DE SORTIE: Février 2012
LABEL : Candlelight Records
GENRE : Heavy metal / sludge
Note : ✩✩✩

Last modified: mars 16, 2014

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