MUSTASCH “Thank You For The Demon” (Sony Music 2014)

Written by Chronique

Présents depuis 1998 sur la scène métal européenne, les Suédois de MUSTASCH ont su garder cette constance et cet équilibre parfaitement maîtrisé entre heavy métal nerveux et hard rock buriné. J’avais laissé passer à la trappe leur dernier album “Sounds Like Hell, Looks Like Heaven” sorti en 2011, la faute à un premier single (“The Challenger”) certes efficace, mais bien trop téléphoné. Ce nouvel opus “Thank You For The Demon” nous éloigne à mille à l’heure du “mouais bof” qu’inspirait son prédécesseur, car les gars de MUSTASCH ont décidé de lâcher toute leur puissance de feu, advienne que pourra.

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ARTISTE : Mustasch
ALBUM : “Thank You For The Demon
DATE DE SORTIE : Janvier 2014
LABEL : Gain/Sony Music
GENRE : Heavy métal
NOTE : ✩✩✩
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Efficace. Voici le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire le nouvel album de MUSTASCH, tant il synthétise à la perfection absolument tout ce dont le groupe est capable en matière de compos, dépassant même ses acquis pour nous offrir une poignée de surprises (que cela nous plaise ou non, d’ailleurs). Et puisque le mot vient d’être lâché, autant attaquer avec la première bonnee surprise de cet album : le titre d’ouverture “Feared and Hatred”. Une intro à base d’harmonies vocales à la saveur fortement old school, suivi d’un tonnerre de riffs heavy métalliques, puis d’un refrain implacable (les “aaa-aaaah” en fond, ça marche à tous les coups)… Ouais ouais, Mustasch commence sur une formule de tueur. Le deuxième morceau “Thank You For The Demon” expose le même genre de dualité, puissance dix. Ces mecs-là ont le sens de la mise en scène, c’est clair, parce qu’on a à la fois l’impression d’avoir été happé dans l’univers de Braveheart, un film de gladiateurs et le pit d’un festoche métal. Survient alors l’apogée sonore de ce florilège de morceaux métallo-épiques, avec très doomy “The Mauler”, qui nous propulse quelques années en arrière avec “Ratsafari” et “The True Sound Of The New West”, lorsque le groupe faisait péter la pédale fuzz à la moindre occaz, et offrait des hymnes lourds et tellement efficaces (“The Coomber” ou le “Ratsafari” en question) qu’on en arrivait à défoncer le bouton play de notre lecteur CD. “The Mauler”, un clin d’oeil du groupe à tous les stoners et stoneuses dans la place, t’as vu…

Le reste de l’album est assez cool dans l’ensemble, le moustachu en chef Ralf Gyllenhammar assénant ses couplets et refrains avec ce mélange de férocité et de classe impériale qui le caractérisent. Finalement, c’est lui qui sauve l’affaire lorsque les riffs s’appauvrissent (je pense à “Borderline” et “From Euphoria To Dystopia” qui mettent bien trop le doigt sur l’influence Metallica du groupe) ou que l’ambiance ramollit à mort (“All My Life”). Ceci dit, les fans de métal über classique y trouveront sûrement leur bonheur !

Surprise lorsque le groupe s’essaye à un morceau dance-métal (“I Hate To Dance”), et dont les paroles 100% anti-dancefloor et le second degré me font doucement aimer ce morceau pourtant carrément limite, musicalement parlant (ils ont mis des claps, bordel !). Surprise aussi, lorsque le groupe clôt l’album sur un morceau entièrement acoustique, mais qui, pour faire écho aux premiers mots de cette chronique, est sacrément bien fichu et donc sacrément efficace. La boucle est bouclée, MUSTASCH a encore fait du bon taf avec un album heavy métal aux délires variés, mais surtout, un album soigné et à la prod aussi puissante qu’une Harley. C’est bien ce qu’on attend d’eux, après tout ?

Last modified: 20 février 2014