Rencontre avec THE SHRINE : des Californiens nourris au punk, au fuzz et au skate !

Written by Interview

THE SHRINE POOL USA

Rencontrer THE SHRINE au Desertfest de Londres était sûrement l’un des trucs que j’attendais avec le plus d’excitation, tant ce groupe faisait office d’OVNI rock’n’roll au beau milieu de tous ces groupes stoner et super heavy. Il faut dire ce qui est : la tendance est plus ou moins au revival rock 60’s et 70’s depuis quelques années, mais le trio de Venice Beach ne joue pas vraiment dans la même cour que tout le monde. Autoproclamés “psychedelic violence rock and roll”, THE SHRINE ont tapé dans le mille. Mais posons un peu de contexte autour de ce groupe de tarés. Fermez les yeux et imaginez Los Angeles en 76 : un rassemblement de skateurs fous au célèbre Dog Bowl à Venice, il fait une chaleur étouffante, ça sent la weed, des cadavres de bières traînent un peu partout, quelqu’un fait résonner du punk rock dans tout le voisinage depuis le coffre de sa bagnole… Maintenant, imaginez ces kids lorsqu’ils ont entendu Black Sabbath et Black Flag pour la première fois. Vous parlez d’un background royal ! Leur mot d’ordre ? TOUJOURS PLUS FORT. Même le groupe de rock le plus taré des environs n’est pas aussi taré que THE SHRINE sur scène, sans aucune exagération. Donc c’est dans un esprit purement freestyle que notre interview s’est déroulée, si on peut parler de déroulement… Quand je les ai retrouvés dans la rue bondée en bas du Black Heart à Camden après leur set au Desertfest, les gars étaient crevés, Josh se reposait dans une chaise roulante, et un gars totalement bourré du nom de Barry a décidé de se taper l’incruste au sein de la discussion. J’avais à peu près un million de question passionnantes à leur poser, mais concours de circonstances désastreuses, mon cerveau a décidé se mettre sur “off”… Interview à l’arrache, c’est ça aussi, l’esprit The Shrine ! (Photos : The Shrine)

Tout d’abord, comment allez-vous ?

Tous : Bieeeeeen !

Vous êtes arrivés quand en Europe, exactement ?

Josh Landau (guitare & chant) : On a posé les pieds sur le grand continent européen il y a quatre jours de ça, et le deuxième jour, je me pétais le pied en skatant. Ça fait deux jours que je suis en chaise roulante… (à noter que malgré sa blessure, Josh a assuré tous les shows de la tournée d’une main de maître)

Vous venez juste de jouer le dernier set au Black Heart pour ce Desertfest. Vous avez eu le temps de voir quelques concerts, quand même ? 

JL : On a vu Cough hier et ils ont tout déchiré.
Court Murphy (basse) : Et c’était cool de voir Castle, parce qu’on les avait encore jamais vus…
Jeff Murray (batterie) : Ouais, ils ont été excellents !
JL : Voir Pentagram, c’était quelque chose. Je les ai vu plusieurs fois et ils sont toujours aussi bons. Ce qui est marrant avec le “Desertfest”, c’est que c’est comme un fantasme des Européens à propos du désert californien. Pourtant, je peux t’assurer qu’il n’y a rien là-bas ! C’est comme si on avait un “Eurofest” à Venice Beach ou un truc du genre… (rires) C’est intéressant, tout ce concept autour de la scène stoner rock des années 90, alors qu’il n’y avait pas un chat là-bas… Mais on s’est bien marrés ce soir !

Je pense surtout qu’ils essaient de créer une atmosphère conviviale, tout en mettant des groupes assez pointus à l’affiche, pour que les gens puissent prendre du bon temps pendant trois jours.

JL : Mais s’ils voulaient vraiment faire un “desert fest”, alors il faudrait sûrement beaucoup plus de meth.

(C’est là que notre ami Barry s’impose dans la discussion, car il veut à tout prix récupérer la chaise roulante de Josh, pour lui filer une paire de rollers à la place) Donc… Si vous pouviez faire votre propre Desertfest en Californie, vous vous y prendriez comment ? 

JL : On s’est éclatés ici, mais si on faisait un truc chez nous, on monterait sûrement notre propre festival.
Barry : …Ça s’appellerait le “Barry Fest” ! (rires)
JL : Ouais, on prendrait Barry pour faire des solos de ukulélé…
Barry : On ferait un Barry’s BBQ, du poulet au barbecue, tout ça ! Si t’es végétarien, on te ferait des putain de Barry’s Veggie Whoop…
JL : On est d’accord avec tout ce que Barry dit. (rires)

THE SHRINE VENICE BEACH

“S’ils voulaient vraiment faire un “desert fest”, alors il faudrait sûrement beaucoup plus de meth.”

Mais sinon, vous kiffez toute cette scène stoner rock, globalement ?

JL : Ouais, on aime tous les genres de stoner. Le stoner rock, le weed rock, le pot metal… (rires)
CM : Le jazz, la funk…

C’est quoi le truc le plus cool que vous ayez vu ou écouté dernièrement ? 

JM : On a vu Black Flag en live à Redondo Beach, au premier rade où on a joué. Les voir, c’était vraiment quelque chose, ils ont joué tous leurs vieux morceaux. Et puis Keith Morris a chanté “My War”, donc bon…
JL : Ouais c’était génial. Il y a quelques groupes des States avec qui on est potes, comme le groupe punk Dirty Fences de Brooklyn, or encore Hot Lunch à San Francisco. Ils sont malades, genre du rock 60’s-70’s fuzzy de malade, ce sont nos frangins.
CM : On a tourné avec Graveyard, récemment…
JL : L’intérieur de leur tour bus est l’un des trucs les plus cool que j’ai vu dans ma vie. Ces mecs sont pourris gâtés !

“On est allé en Hollande et on a enregistré des tonnes de morceaux là-bas. On est en train de voir pour sortir ces chefs d’oeuvre de la cave et les mettre sur le prochain album.” 

Quels sont vos projets en cours ? Vous avez sorti “Primitive Blast” l’année dernière chez Tee Pee Records…

JL : La dernière fois qu’on est venus en Europe, on faisait la première partie de Fu Manchu. On est allé en Hollande après la tournée, et on a enregistré des tonnes de morceaux là-bas. On était debout cinq nuits d’affilée, à torcher les enregistrements… Et une fois rentrés, on a reçu les enregistrements, on est en train de voir pour les sortir. Pour le prochain album.

Un genre d’album fantôme, quoi…

JL : Des chefs d’oeuvre de la cave-donjon. Un truc vraiment spécial… (il sourit mystérieusement)

Après ce soir, vous allez reprendre la route pour quelques semaines. C’est quoi les pays que vous avez le plus hâte de visiter ? 

JM : Cette fois-ci, on va en Russie, à Moscou et Saint Petersbourg.
JL : Ouais, ça nous fait un peu flipper…
CM : Et on va aussi en Grèce pour la première fois ! Il nous tarde trop !

Ouais, j’ai entendu que le public rock là-bas était complètement dingue… 

CM : Moi aussi ! Je n’ai entendu que des bonnes choses à propos de ce pays. (Une fois là-bas, le groupe souhaitant se baigner tranquillement dans la Méditerranée se verra interpellé par la police locale… pour cause de cheveux longs et de look vestimentaire “douteux”)
JL : Mais ce soir, c’était vraiment super. On ne savait pas à quoi s’attendre, et ça a été un des shows les plus cool qu’on ait pu jouer.

Dernière question. Si un tourneur vous proposait de partager la scène avec plusieurs groupes de votre choix, vous choisiriez qui ?

JM : Thin Lizzy, Bill Hicks.
JL : Coltrane.
CM : Rush, ZZ Top…
Barry : (on avait complètement oublié qu’il était là) Et tu sais quoi, on va aller en Russie ensemble, et je jouerai de la batterie !
CM : …Et Barry ! (rires)
Tous en même temps : Et Bill Cosby !

Vous allez encore plus aimer THE SHRINE si vous allez faire un tour sur leur FACEBOOK

Last modified: 23 janvier 2014