En immersion avec les monstres du sludge londonien GURT

Written by Interview

Gurt-portrait-London

Quand je suis tombée sur GURT la première fois, je me suis dit : “Bon sang ! Ce son crade et boueux est VRAIMENT fait par des Anglais ? J’arrive pas à y croire”. À ce moment là, le peu de connaissances que j’avais de la scène britannique m’avait poussée à penser que le vrai gros métal agressif et boueux ne pouvait venir que de la Nouvelle-Orléans, Savannah ou Atlanta, bref : plus ou moins n’importe quelle bled situé en dessous de la ligne Mason-Dixon aux States. Quel jugement réducteur de ma part… Non seulement ces quatres chaps londoniens jouent un sludge hardcore super groovy (servi avec une voix screamée de la mort), mais ils font aussi preuve d’un sacré sens de l’humour dans leurs vidéos. Enfin, GURT sont aussi super forts lorsqu’il s’agit de vous éblouir en live, demandez à n’importe quelle personne ayant assisté à leur performance dantesque lors du dernier Desertfest de Londres ! Jules Winfield dirait de ces mecs que ce sont des “badass motherfuckers”. C’est vrai, mais encore trop peu de gens en ont conscience ici-bas. Voici donc le moment où, frappés par un émerveillement foudroyant, vous tombez de votre chaise (et pas parce qu’un abruti a donné un coup de pied dedans). Rencontre avec de vrais gentils garçons.

Commençons par le commencement : c’est quelle genre de bestiole, GURT ?  

Gareth (chant) : GURT est une bête à deux dos, qui prend toutes les choses que tu aimes pour en faire quelque chose que tu vas encore plus aimer !

Votre musique est tellement imprégnée de ces sonorités crades, grasses à souhait et super groovy… Je n’ai qu’une envie quand j’écoute vos albums, c’est de me bourrer la gueule dans le bayou… Après, je suis peut-être bizarre ! Qu’avez-vous voulu véhiculer avec votre musique ? 

G : Du fun ! On ne se cache pas de nos influences, et on veut rendre hommage à la musique qu’on aime en faisant la musique qu’on aime, mais on a aussi surtout envie de s’amuser sans trop se prendre la tête… Voilà ce qu’on veut véhiculer !

L’agressivité de GURT vient surtout du chant. Gareth, comment gères-tu cette partie ? Quelles sont les influences qui marquent le plus ton travail ? 

G : Je ne sais pas chanter, donc il vaut mieux que je sonne comme ça, j’imagine. Mais j’ai toujours été obsédé par certains chanteurs, tu devrais jeter un oeil à ceux que je préfère dans le même style vocal que moi : Karl Middleton, John Morrow, Paul Catten, Dani Filth, Martyn Jacques, Frank Regan, Jon Laughlin, parmi tant d’autres !

Quel est le morceau de GURT qui vous représente le plus et pourquoi ? 

G : WOW, c’est compliqué car chaque morceau représente une phase différente du groupe, mais je dirais probablement “Soapfeast” ou “Dudes with beards with cats“, car ce sont les morceaux les plus fun et qui représentent le mieux notre sens de l’humour. Les nouveaux morceaux qu’on est en train d’écrire reflètent où nous en sommes actuellement. GURT évolue, et ce qu’on crée aujourd’hui est vachement plus puissant et fun à jouer. Il nous tarde de les tester en live, ce qui ne devrait plus trop tarder !

GURT-London-band

(Photo : Luke Plastow)

On a déjà composé la moitié du prochain album, mais avec les coûts que ça engendre et tout le fun qu’implique le fait d’être dans un groupe, ça sera sûrement pas avant 2014 !

Vous avez sorti quatre EPs entre 2011 et 2012, parmi lesquels un split bien cool avec feu Dopefight. Vous avez prévu quoi cette année ? 

G : On est sur le point de sortir le single d’un morceau qu’on a déjà pas mal joué, et qui s’appelle “Hoboreaper“. Il était censé faire partie d’un split qu’on comptait sortir plus tard cette année, mais comme le projet est en standby, on a quand même décidé de le sortir, parce qu’on aime rester actifs. On va aussi sortir un autre split cette année avec de très bons potes à nous, un groupe sludge de Londres, et surtout on va composer notre premier vrai album. On en a déjà composé la moitié, mais avec les coûts que ça engendre et tout le fun qu’implique le fait d’être dans un groupe, ça sera sûrement pas avant 2014 !

Votre prestation à l’Underworld lors du dernier Desertfest a dû vous ramener un paquet de nouveaux fans ! Tous ceux qui étaient présents ont pris une énorme claque, et depuis, le bouche-à-oreille fait son effet…

G : Je crois qu’aucun de nous ne s’en est encore remis ! On ne s’attendait vraiment pas à avoir autant de monde à cette heure de l’après-midi, c’était juste l’hallu de jouer dans un Underworld plein à craquer. Il y a plein de vidéos qui tournent sur Youtube, pour ceux qui auraient raté le truc. Nos copains de Monster Riffage ont filmé une bonne partie du set, donc vous pouvez regarder ça.

Rich, tu as rejoins le groupe fin 2011 si je ne me trompe pas, et tu es également guitariste dans Sedulus. Comment est-ce que tu t’organises entre les deux groupes ?

Rich (guitare) : J’adore faire partie des deux groupes ! Caser tout ça sur mon temps livre est un challenge, mais il faut ce qu’il faut quand on est vraiment aussi passionnés que nous par notre musique. Mais c’est pas si compliqué, vraiment, pour l’instant il n’y a pas encore eu de concerts qui se chevauchaient. Et comme j’étais déjà fan de GURT, je me suis senti super honoré lorsqu’ils m’ont proposé de rejoindre le groupe pour remplacer Jamie. Les deux groupes sont très différents, ce qui rend les choses encore plus intéressantes pour moi, qui suis toujours occupé et qui joue tout le temps.

Ok, maintenant est-ce que vous pouvez m’expliquer le concept derrière le morceau “Dudes with beards with cats”. Le clip est hyper drôle, même si j’ai toujours pas compris où vous vouliez en venir ! 

G : C’est simple, j’aime les chats et je me suis pissé dessus de rire quand j’ai découvert le site dudeswithbeardswithcats.com, alors j’ai voulu y figurer. Mais puisque prendre une photo de moi avec un chat n’était pas suffisant, je me suis dit que si j’écrivais un morceau là-dessus, ça attirerait l’attention sur le fait que ce truc est juste génial. Beaucoup de gens se sont découvert une passion pour les chats après avoir vu la vidéo que j’ai faite pour le morceau. J’ai posté une annonce pour que nos fans envoient une photo d’eux avec leur chat, et la première semaine, j’avais déjà reçu 300 photos. C’était vraiment super marrant à faire, et on dirait que le stratagème a fonctionné, puisqu’elle a déjà dépassé les 100 000 vues ! Par contre, toujours pas de nouvelles des mecs du blog…

Votre batteur Simo est le seul membre du groupe qui n’arbore pas fièrement une barbe ou une moustache. Vous arrivez à passer outre cet acte évident de rebellion ? 

G : Entre être un batteur, une centrale électrique, un docteur, un père, un excellent compositeur, et surtout une espèce de tyran, on le laisse faire ce qu’il veut ! C’est ça, ou il nous casse la gueule !

Comme la plupart des bourgeois anglais, on aime le thé, les vins chers, les longues promenades et les animaux ! 

Comment les mecs de GURT occupent-ils leurs journées quand ils ne pondent pas des riffs cool ou jouent des concerts monstrueux ? 

G : Spicy est un graphiste génial qui a obtenu nombre de récompenses, Simo est docteur en physique quantique et de loin le plus intelligent d’entre nous, et Rich et moi sommes tous deux employés de bureau dans l’industrie du spectacle. Nos boulots respectifs forment une espèce de mix, vraiment… En dehors de ça, comme la plupart des bourgeois anglais, on aime le thé, les vins chers, les longues promenades et les animaux !

Vous diriez quoi à propos de la scène heavy métal et rock à Londres ? Vous trouvez que cette ville donne leur chance aux groupes qui ont envie de se faire un nom, ou au contraire, c’est déjà archi saturé ? 

G : Pour le moment, la scène est en “bonne santé”, mais le moment où elle va arriver à saturation ne saurait tarder. Vu le nombre d’organisateurs de concerts qui se sont lancés à Londres et autour, c’est clairement beaucoup plus facile d’avoir des dates, MÊME SI les fans locaux sont gâtés-pourris. Donc il s’agit surtout de bosser avec les bonnes personnes sur les bonnes affiches, et de rameuter du monde. Il y a un paquet d’orgas ici qui pensent qu’ils peuvent se faire de l’argent facile sur le dos des groupes en ne les payant pas, et en ne faisant aucune promo. La clé, c’est de bosser avec des orgas qui sont à fond dans la “scène”, ou qui font eux-mêmes partie de groupes et savent donc de quoi il retourne. Neuf fois sur dix, tu joueras devant une salle comble, tu vendras un peu de merch et rentreras chez toi avec un peu de thune. Les meilleurs exemples sont tous les concerts organisés par Desertscene, Human Disease, Seven Churches, et When Planet Collides, et j’aime à penser que c’est aussi pour ça que le Desertfest marche aussi bien !

Depuis que je m’intéresse plus sérieusement à la scène heavy britannique, j’ai vu passer pas mal d’articles provenant du site When Planet Collides qui a, je crois, un rapport avec toi Gareth. J’ai également vu que WPC organisait des concerts. Tu peux m’en dire plus ? 

G : Au départ, j’ai monté When Planet Collides pour que GURT puisse avoir des dates avec d’autres groupes de la même trempe. C’était en 2010 et à l’époque, il n’y avait pas autant d’organisateurs qu’aujourd’hui dans le coin. Ce qui est génial, c’est qu’on a rencontré pas mal de nos très bons potes par ce biais : Sedulus, Diesel King, Iron Witch, The Bendal boys, Steak, Dead Existence, Dopefight, Sea Bastard, Slabdragger, LIMB, Torpor, XII Boar… La liste est très très longue, mais surtout, ça nous a permis de nous rapprocher de super orgas à Londres et en Angleterre, ce qui m’a au final permis de bosser pour le Desertfest, la cerise sur le gâteau !

Il y a un paquet d’orgas ici qui pensent qu’ils peuvent se faire de l’argent facile sur le dos des groupes en ne les payant pas, et en ne faisant aucune promo.

Vous avez quelques dates bien cool de prévues dans les semaines à venir… Quelles dates les gens ne devraient manquer sous aucun prétexte et pourquoi ?

Gareth : On joue dans certaines villes pour la première fois, comme Manchester et Weymouth par exemple (Weymouth est la ville natale de Gareth). Mais vous ne devriez en manquer aucune, dans la mesure où on va jouer une setlist différente chaque soir, et on va aussi jouer 2 ou 3 tout nouveaux morceaux !

Il y a une chance pour que vous traversiez la Manche un de ces quatre ? J’ai entendu parler d’un concert avec Jucifer à Paris…

G : Ce concert a dû être reporté, mais on a carrément prévu de jouer en France et en Hollande sous peu. Gardez les yeux ouverts !

Pour finir, quels sont les albums les plus cool que vous ayez écouté dernièrement, histoire de recommander du bon son aux lecteurs ? 

Gareth : Les derniers albums de Ghost, Earthtone9, le dernier EP de Steak, et le nouveau Dillinger Escape Plan aussi !

Rich : Je suis à fond sur Witch Mountain et Royal Thunder. J’adore ces voix féminines qui chantent sur des riffs super lourds !

Spicy (basse) : Tout ce qui est de près ou de loin fuzzy : Church Of Misery, Weedeater, Red Fang, et plus récemment The Wytches.

Simo (batterie) : Tout ce qui vient des seuls et uniques Iron Monkey, Led Zeppelin et Down !

Je vous laisse le mot de la fin, si jamais il y avait un truc que vous vouliez ajouter… 

GURT : On aime toujours avoir le dernier mot !

Retrouvez GURT sur Facebook, Bandcamp eeeeet leur site web.

GURT SUMMER TOUR 2013

11 JUIN @ The Borderline (Londres) avec NAAM et SEDULUS
29 JUIN @ The Windmill (Brixton) pour le SUMMER SIZZLER festival 2013
5 JUILLET @ Pig & Drum (Worcester) avec DIESEL KING
6 JUILLET @ Gullivers (Manchester) avec DEAD EXISTENCE
13 JUILLET @ Finns (Weymouth) avec BULL RIFF STAMPEDE
27 JUILLET @ The Black Heart (Londres) avec SPIDER KITTEN

Last modified: 13 octobre 2013