LYSISTRATA + OTHER HALF – La Maroquinerie – 22 mars 2024

Written by Live


Lysistrata l’a dit en interview (dans le dernier New Noise par exemple) : leur dernier album « Veil », tout juste sorti chez Vicious Circle, est le fruit d’un travail moins urgent, plus réfléchi. Le résultat d’une longue pause Covid qui l’a fait se détourner pour un temps des scènes, que le trio ne semblait pourtant plus pouvoir quitter, depuis maintenant une belle poignée d’années. Un travail de composition qui a même tenu éloigné ses membres entre eux pour mieux se retrouver autour de son enregistrement. À l’image de ce groupe et de son public dévoué, qui a logiquement répondu présent à Paris pour deux soirs sold ou à la Maroquinerie, ainsi que pour une poignée de dates en France, avant de repartir pour une tournée plus longue à partir du mois d’avril.

Dans les bagages des français s’est invité un autre trio, de Norwich cette fois-ci, les sympathiques noisers d’Other Half. Car c’est vraiment la première impression qui se dégage de cette formation, derrière les cris et les riffs urgents et tendus, c’est la joie constante et communicative de pratiquer son art qui émane du combo. Et on les comprend, ça doit être grisant de se donner à fond dans un genre très direct avec autant de talent. Car les trois anglais ne sont pas venus pour les répétitions, c’est bien le grand show qu’ils délivrent ce soir et la fosse ne s’y trompe pas. Les morceaux sont rapides, plutôt courts et s’enchaînent dans de grands fracas d’instruments domptés mais indéniablement sauvages. Après ces quelques dates avec Lysistrata, les voilà repartis sur leur île, mais on espère les recroiser bientôt sur le continent.

Nous avons raté la première soirée parisienne, mais on nous a assuré qu’elle n’a pas déçu. Et on voit mal comment elle aurait pu. Malgré cette pause scénique (moins de 10 dates en 2023), on sait que Lysistrata n’a pas pu perdre cette hargne qui les habite sur les planches. Et puis l’écoute de Veil laisse peu de doute sur cette volonté de Ben, Max et Théo d’aller de l’avant, de ne rien lâcher malgré les coups durs : “Grab life by the horns!”, Feel the Shine, Trouble Don’t Last, Livin it Up c’est autant de mantras positifs qui guident le groupe et son public à l’unisson. Le trio, fier de son opus, le décline en live dans les grandes largeurs. Et ça tombe bien, plus concis et directs, ces morceaux frappent au cœur et aux jambes, comme le galvanisant Acid to the Burn ou le bruitiste Rise Up qui nous concasse la tête.

Malgré les avertissements de Max pour que la fosse fasse attention à son voisin, difficile de contenir un parterre de fans qui part régulièrement vers le plafond. Quelques aller-retours dans la discographie du groupe, puis à rebours de la saison, le groupe nous honore d’une reprise racée d’Halloween de Siouxsie and the Banshees, avant de boucler la boucle avec “le plus vieux morceau de leur discographie” Sugar & Anxiety. Un intitulé qui pourrait résumer le style Lysistrata, en guise de dernier coup d’œil dans le rétro avant de repartir vers d’autres aventures.

Last modified: 29 mars 2024