BURNING VOW « Burning Vow » (Holy Roar 2018)

Yannick K.Written by Chroniques

Pendant que vous étiez en train de vous gaver de foie gras et de petits fours pendant les fêtes, trop occupés à mettre Sleep ou Yob à la première marche de votre top ten, d’autres préparaient secrètement 2019… Secrètement, car sous le blaze de BURNING VOW se cache quelques fines lames de la scène métal de la perfide Albion (Employed to Serve, Pariso, Harrowed). Et c’est tout ce qu’on sait d’eux. Pas de présence média, pas de tournées évoquées, juste quelques lignes de CV lâchées par leur label Holy Roar Records…

Et BURNING VOW donnera bien du fil à retordre à tout ceux qui s’amusent à cartographier le métal. Tant mieux, car c’est exactement ce que l’on veut entendre en 2019. Situé à mi chemin entre Pallbearer et Crowbar, Burning Vow associe lourdeur sludge nihiliste à un chant doom moins lacrymal, tout en reverb, mais tout aussi pessimiste sur la nature humaine. Dès les premières notes de « Apathy and Acceptance », vous vous ferez une idée assez précise de ce positionnement. Un riff étouffant et abyssal associé à une lamentation désespérée, en est la marque de fabrique. Si l’on y ajoute un simple groove rock qui anime le morceau, on se retrouve devant l’un des tubes métal les plus intéressants que l’on ait pu entendre ces derniers temps. La preuve que malgré la noirceur, le doom peut faire remuer.

Il ne fait aucun doute que le quintet reprend à son avantage tout ce que ses membres ont appris de leurs projets précédents. Aucune influence n’est trop palpable, on s’abandonne aisément à ces sonorités tout en étant intrigué par ce brassage — si cohérent que tant les fans de sludge que de doom s’y retrouveront. Une clairvoyance qu’il faut reconnaître au groupe : nous captiver pour mieux nous assommer.

« Alpha Omega Erasure », sur laquelle deux sections de guitares effrénées cernent une parenthèse gracieuse et psychédélique, tranche avec la fougue des débuts et contentera les adeptes de rock alternatif voire de post-hardcore. Une démonstration supplémentaire de l’agilité du groupe pour façonner un son résolument contemporain et avant-gardiste. Seule « The Advocate » qui met fin à cet EP sur une note doom et engourdie, n’ajoute que peu d’intérêt à un disque qui bénéficiait d’une relative urgence. Une concision aurait surement mis en valeur les idées développées et permis de moins exclure ce dénouement du reste de l’album.

Ces quelques défauts rendent le disque imparfait, et il ne fera certainement pas parti des classements annuels, il se situe bien ailleurs. Bien au-delà. Ecoutez et défendez “Apathy and Acceptance”, car il ouvre la voie à ce que nous avons envie d’écouter en 2019 : des disques qui bousculent, qui redistribuent les cartes, qui se foutent des chapelles pour nous émouvoir. Tout comme l’ont pu faire Messa ou Dirge l’an passé. À bon entendeur et bonne année.

 

ARTISTE : BURNING VOW
ALBUM : “Apathy and Acceptance”

DATE DE SORTIE : 14 décembre 2018
LABEL : Holy Roar Records
GENRE : Stoner doom
MORE : Site label

Last modified: janvier 24, 2019