J'arrive avec un peu de retard ce soir au Krakatoa (où je n'avais p..." /> RUSSIAN CIRCLES + CLOAKROOM @ Krakatoa (Bordeaux, 14.03.17) – The Heavy Chronicles


Live Reports

Published on March 27th, 2017 | by Razort

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RUSSIAN CIRCLES + CLOAKROOM @ Krakatoa (Bordeaux, 14.03.17)

J’arrive avec un peu de retard ce soir au Krakatoa (où je n’avais pas mis les pieds depuis plusieurs mois), et me retrouve au coeur d’une fosse qui semble se remplir doucement, timidement, et devant le groupe qui ouvre ce soir : CLOAKROOM, venus eux aussi des Etats-Unis. Je suis dans un premier temps surpris par la douceur de leur son, qui sonne très shoegaze en plus lent, et surtout plus gras. Une basse écrasante se mêle aux mélodies légères d’une guitare blindée de reverb et un chant très en retrait. Sur le coup je pense à Pallbearer qui se seraient perdu dans une contrée froide, au milieu d’un océan, sur une embarcation silencieuse. Je ne connais absolument pas le groupe alors je découvre, comme le reste de l’assistance visiblement. Certains sont charmés, d’autres moins. Un gros moment de silence brise la beauté du morceau dans lequel je commençais à peine à me plonger. Une fois le ré-accordage effectué, il faut de nouveau se concentrer pour rentrer dans cet univers calme et à la fois lourd, à travers une “chanson qui parle du Temps, de l’Espace”, nous dit d’une voix timide le chanteur au bonnet.

Une intro très douce est entamée, elle ferait presque penser à leurs confrères d’Isis, malheureusement à la retraite de nos jours. On décolle légèrement, enveloppés par les lumières bleues de la scène, dans une quasi-immobilité générale. Le chant reste à améliorer, mais je suis globalement très séduit par leur son, en particulier celui du bassiste à la superbe moustache rousse. Le temps de jouer un dernier titre, et c’est la fin. 

Une bière, et place aux très attendus RUSSIAN CIRCLES, qui ont réuni pas mal de monde ce soir. L’ombre. Le néant. Une unique source de lumière blanche émane du clavier. Une mélodie lointaine commence : on se croirait aux origines du monde, loin dans l’univers froid et sombre. La Création mise en musique, une narration qui commence par les deux premiers titres de “Guidance”, leur dernier album. Une autre lumière, plus chaude et dorée, émane de derrière la batterie, sans jamais réellement révéler les musiciens. Le voyage commence, avec un son nickel mais que j’aurais personnellement augmenté un peu plus. Le rythme s’accélère, les mélodies se superposent et nous transportent rapidement dans une déflagration de lumière et de son. Après le Big Bang, nous assistons à une visite guidée des planètes qui entourent notre étoile, le tout sur un savant mélange de leurs meilleurs titres. Ainsi, nous passons en orbite tout près de Mercure, Vénus, Mars, Jupiter… Les lumières semblent presque s’adapter aux couleurs de ces astres voisins. Le public est happé dans ce vortex de son, de fumées et de flashs, peut-être un peu trop pour certains. J’ai pour ma part besoin d’être loin des humains pour profiter pleinement de cette pièce de théâtre intergalactique où les acteurs restent invisibles, cachés dans leur obscurité épaisse.

Lorsque je rejoins un collègue au fond du Krakatoa, je constate que les gens discutent pas mal entre chaque morceau et même lors des interludes très calmes, qui laissent chaque chapitre en suspension dans le vide. Ceci mêlé au claquement de la porte à ma droite commence à altérer l’expérience, et le son qui ne dépasse pas les 100 décibels (d’après le compteur) n’arrange pas les choses. Le spectacle reste tout de même magnifique et je me laisse totalement submerger par des titres issus de “Memorial”, mon album préféré. Un rappel, le temps d’illuminer une dernière fois le public, et le trio américain quitte les lieux sous les applaudissements.

Pour ma part, je resterai avec le constat suivant : ce concert était sans nul doute meilleur que leur passage au Hellfest 2015, sous une Valley caniculaire et en pleine journée. Mais ça ne restera jamais aussi bon que sur album. Non pas que les musiciens soient mauvais, bien loin de là, ni le public (même si j’ai tendance à râler contre ceux qui extériorisent trop leur ressenti)… Mais pour moi, RUSSIAN CIRCLES reste un groupe à écouter chez soi, pour méditer et s’extirper un temps de notre planète bleue, voyager, et rejoindre nos ancêtres qui habitent ce vaste ciel étoilé au-dessus de nos têtes.

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Razort

Dessinateur un peu dérangé quand on me donne un crayon, chevalier de la bière lorsque j’enfile mon armure sur scène, étudiant bordelais le reste du temps, en chasse perpétuelle de nouveaux concerts pour en relater des souvenirs plus ou moins flous.



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