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Live Reports

Published on May 12th, 2016 | by Beeho

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DESERTFEST LONDON 2016 Report – Jour 2

Après un premier jour placé sous le signe des papas du heavy, les formations américaines ont pris d’assaut notre to-do list en ce deuxième jour du DESERTFEST LONDON. Entre les pointures post-metal de Russian Circles et Pelican au Ballroom, et une programmation plus abyssale côté Underworld avec du sludge et doom blackisants, le festival a une fois de plus grand ouvert sa palette de genres et nous offre pour cette édition anniversaire des groupes archi pointus, pour la plupart encore jamais vus au festival. (PHOTOS : Gaël Mathieu & Pierre Le Ruyet / TEXTE : Beeho & Mathieu Lubrun)

La journée a beau être ensoleillée, elle a tout de même commencé sur un grand coup de flip, avec la perte de mon portefeuille la veille en sortant du concert de C.O.C. Heureusement, une bonne âme et la bienveillance de la sécu de l’Electric Ballroom ont fait que mon précieux a été trouvé puis conservé au chaud par ces derniers. Comme quoi, les gens bien existent, d’autant plus dans notre communauté. C’est donc l’esprit soulagé que je me rends à l’Underworld pour prendre une grosse claque sludge avec les “chtis anglais” de BONGCAULDRON. La salle est remplie et les blagues fusent sur scène tandis que je me faufile vers la fosse. Ouaip, le trio de Leeds n’a pas sa langue dans sa poche, à l’image de son sludge décomplexé du slip mais ô combien écrasant, comme seuls les Anglais en ont le secret (je pense à Dopefight, Iron Monkey ou Gurt). La puissance de feu est maximale, le groove ne manque pas malgré la teneur grind de certains passages : je crois que l’appellation auto-conférée “intoxicating party sludge” convient à merveille pour décrire cette dose de fange sonore qui arrive pourtant à nous coller le smile, et à faire faire des high-five aux mecs du premier rang (véridique). Morale de l’histoire : démarrer la journée avec un groupe local, c’est top, le faire avec les boute-en-train de BongCauldron, c’est encore mieux.

Avec le sourire, la team THC se dirige ensuite au quasi complet au Ballroom pour un virage à 180°C et le krautrock des hollandais MONOMYTH. Dans un Ballroom raisonnablement rempli, le groupe va réussir à embarquer toute l’assistance dans une odyssée sous LSD sonore avec leur space rock qui peut sembler difficile d’accès de prime abord, mais qui, si l’on se laisse un tant soit peu porter, fait carrément planer. Cette incartade cosmique sera d’ailleurs la seule de cette journée, que nous avons préférée über-heavy à l’unanimité. Nous allons d’ailleurs rester au Ballroom pour la prochaine heure, puisque les doom lords CONAN sont programmés pour le quatre heures… Ayant été déçue lorsque je les avais vus pour la toute première fois au Hellfest à cause d’un son absolument pas adapté au méga-sludge du groupe, je peux dire que j’attendais ce gig comme un baptême de l’air (façon NASA). Et la dérouillée est au rendez vous, avec un groupe sur-vénère, se démenant devant un public qui est clairement venu chercher la même chose que moi. Avec des animations vidéo 2D sublimes mettant en scène l’apocalypse et les errances d’un titan diabolique, l’expérience live n’en est que plus puissante. Carton plein pour Conan. – Beeho

Après avoir principalement fréquenté l’Electric Ballroom la veille, c’est au tour de l’Underworld d’être ma terre d’accueil pour presque l’intégralité du samedi. La salle de Camden a toujours été synonyme de bons concerts et elle n’a pas manqué à sa réputation pour cette journée placée sous le signe du sludge. On commence avec les finlandais de FLESHPRESS et leur mélange de sludge et black metal. Curieusement, la salle n’est pas très remplie. À croire que les black metalleux ne se sont pas passé le mot que le mythique Mikko Aspa (Deathspell Omega, Clandestine Blaze) était à la batterie. Le bonhomme ne blaste toutefois pas et s’en tient à une frappe lourde avec quelques accélérations, sur lesquelles il est secondé par un percussionniste armé d’une caisse claire et d’une cymbale ainsi que d’un clavier. Le groupe est complété par deux guitaristes (dont un qui officie dans Ride for Revenge, une autre formation black metal culte) et un bassiste, tous concentrés sur leurs instruments pour interpréter leurs morceaux où de nombreux riffs s’enchainent sans perdre pour autant en atmosphère bien psychotique. Le groupe a beau ne plus faire dans la musique répétitive et cyclique (depuis Pillars, leur dernier monument du genre en 2007), ils n’ont pas perdu  l’art de créer une atmosphère prenante et ce concert en est la preuve.

Je m’éloigne un peu pour revenir à la lumière du jour et voir un morceau de SPIDER KITTEN. Le rock psychédélique des Anglais fait toujours son effet, et leur nom me donne toujours autant de miauler entre les morceaux plutôt que de les applaudir. Cependant, il est déjà l’heure de reprendre une dose d’obscurité avec les basco-bordelais de MONARCH! Le groupe est de retour après avoir inauguré 2016 avec un concert gratuit le soir du nouvel an à l’Unicorn, un petit bar de Camden. Pas de grand changement dans la setlist mais peu importe, car l’atmosphère est là et les musiciens font plaisir à voir et à écouter car ils s’écoutent tous et réagissent aux mouvements de chacun. Pour preuve, quand la chanteuse a des problèmes avec son micro, tout le groupe reste figé dans son mouvement sans interrompre la musique. Preuve que chaque composition dépend de la participation de tous.

Je tente d’aller jeter un œil à PELICAN mais la queue devant l’Electric Ballroom me dissuade de tenter ma chance. Je reviens donc vite à l’Underworld pour assister à la prestation des fantastiques SAMOTHRACE. Le groupe tourne peu mais offre des concerts exceptionnels à chaque fois. Impossible aussi de s’habituer à la batterie ornée de deux crash placées à deux mètres de haut, qui sert d’instrument de propulsion à cette formation sludge aérienne. Le quintet est capable de frapper aussi (voire plus) fort que n’importe quel groupe du genre, tout en enchainant avec des passages aériens sublimes qui renvoient à la case départ les égarements post-rock ennuyeux de bons nombres de groupes. Clairement une des formations les plus sous-estimées à l’heure actuelle.

Je tente une nouvelle fois de passer à l’Electric Ballroom histoire de dire que j’aurais vu RUSSIAN CIRCLES mais la queue est encore plus grande et me repousse une nouvelle fois. C’est de toute façon le moment de se pâmer devant le retour de UNEARTHLY TRANCE. Les new-yorkais s’étaient séparé en 2012 après douze ans de bons et loyaux service à la cause du sludge, mais les voilà de nouveau sur scène pour redonner vie à leurs morceaux si uniques. Depuis son premier album, le trio aura enchainé les disques de qualité en créant un pont entre Burning Witch et Darkthrone, et ce concert n’aura fait que confirmer tout leur talent. On aura donc droit à des morceaux de leurs derniers albums mais surtout des titres de In The Red, leur second disque culte (et mon préféré), comme It Is The Never And The Forever That You Forever, le titre éponyme ou “Penta(grams)” ainsi que leur single “Permanent Ice” de The Trident. Une setlist longue où Ryan Lipinsky (chant et guitare) aura brillé tout particulier. Ils sont de retour, ils sont en forme et on espère les revoir bientôt. Après un final aussi grandiose, il était temps de se rentrer pour pouvoir apprécier la dernière journée à sa juste valeur. – Mathieu

Pour ma part, c’est au QG du Black Heart que je finis ce samedi, avec dans un premier temps les locaux de CRYSTAL HEAD. Le trio londonien injecte une grosse dose de classe dans ce Desertfest, avec ce qui sera pour ma part le seul concert purement rock de la journée. Le classic rock gonflé au fuzz “Palm Desert approved” est un vrai régal pour les oreilles – on sent d’ailleurs une belle influence “Hommesque” dans certains riffs, voire dans le chant – et lorsque le frontman du groupe Steak se voit invité pour prendre le mic sur le morceau “Perfect Weirdo“, je me dis que j’ai bien fait de venir plus tôt au Black Heart. Le concert prend fin, je descends prendre l’air et une IPA, avant de remonter faire le pied de grue au premier rang pour MANTAR, qui est l’un des concerts les plus attendus du week-end (non pas grâce à la machine promo Nuclear Blast Records, mais bel et bien au bouche à oreille). Aussitôt les balances du groupe lancées (le genre “on est deux, on joue beaucoup trop fort et rien à foutre si l’immeuble s’effondre ce soir”), la petite salle du Black Heart se remplit en quelques minutes, et le duo de rapidement prendre d’assaut nos oreilles, cerveaux et tout ce qui nous restait de santé mentale avec ses hymnes brutalo-sludgo-black d’une efficacité carrément démentielles. Voilà deux punks sans aucune prétention autre que celle de se défouler et nous secouer les entrailles par la même occasion… Le manque d’espace et la moiteur suffocante font que les pogos et slams sont rares, mais l’irresistible combo “Cross The Cross”/”Era Borealis” du nouvel album Ode To The Flame va très vite enflammer la fosse.

Une demi-heure plus tard, on sort de la salle littéralement rincés et prêts pour la troisième mi-temps, j’ai nommé la traditionnelle after party Spahn Ranch offerte par nos sponsors locaux Ben Ward d’Orange Goblin et son compère Raza Khan du groupe Poseidon. L’occasion de se continuer la session headbang entamée plus haut, de kiffer la vibe avec les copains d’ici et d’ailleurs, comme par exemple les mecs de Monarch! avec qui on entonnera en choeur le refrain de “For Whom The Bell Tolls”… La team THC fera d’ailleurs la fermeture aux côtés de la team Metalorgie (parce qu’il faut bien représenter le potentiel picole made in France), suivie d’une session “à la recherche du Falafel perdu” dans tout Camden. Night night, Desertfest…

Lire le report du vendredi avec COC, Crowbar, Asteroid… 

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Beeho

Founder and editor of The Heavy Chronicles since 2010. Likes to turn into a complete freak once in the pit. Loud music and beer is my motto.



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