5 ans que le DESERTFEST LONDON DESERTFEST LONDON 2016 Report – Jour 1 – The Heavy Chronicles

Live Reports

Published on May 9th, 2016 | by Beeho

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DESERTFEST LONDON 2016 Report – Jour 1

5 ans que le DESERTFEST LONDON nous fait rêver avec les plus beaux groupes de la scène stoner, doom et heavy. 5 ans qu’on se sent comme à la maison au coeur de Camden, son Black Heart, son Ballroom, sa communauté attachante, chaleureuse et aussi un peu fêlée sur les bords. 5 ans qu’on parie sur les prochains noms qui feront de nous des stoneheads comblés, prêts à remettre le couvert sans même se poser de questions. Avec des têtes d’aff comme Corrosion Of Conformity (le retour !), Crowbar, Electric Wizard, Russian Circles ou Pelican, plus multitude de pointures et découvertes internationales, ce week-end desertfestien s’annonçait de nouveau comme un régal, avec une flopée de souvenirs (et acouphènes) à emporter à la maison. Alors plutôt que de brûler des cierges pour se voir accorder le don d’ubiquité, on a une fois de plus décidé de s’y coller à plusieurs pour vous faire revivre cette édition “suprême”. Desertfest, fournisseur de souvenirs sonores et humains sans égal depuis 2012. Happy Birthday. (PHOTOS : Gaël Mathieu et Pierre Le Ruyet / TEXTE  : Beeho et Mathieu Lubrun)

Vendredi 29 avril, midi pétantes. À peine arrivés au Black Heart, nous sommes accueillis par un combo soleil-averse-grêle-soleil, tout ça en l’espace d’une minute. London Calling ! Après avoir récupéré nos pass et fait un tour rapide dans Camden Lock, on file à l’Underworld pour voir ceux qui sont un peu devenus nos mascottes depuis le Desertfest 2013 : les sludgers londoniens trop chaton de GURT. Première bonne surprise : la salle est pleine. On sent que le groupe a fait son bonhomme de chemin, mais aussi qu’accéder aux salles ce week-end va sûrement être une petite galère par rapport aux années précédentes. Deuxième surprise : le son est TOP, même sans bouchons. Les conditions sont donc idéales pour découvrir les nouveaux morceaux du groupe, qui tendent presque vers le doom atmosphérique par moments, une évolution bienvenue ! Pour fêter ça, Gareth invite sur scène deux sommités de l’underground local en la personne de Peter Holland et Dicky King de Trippy Wicked, puis introduit le morceau “Revolting Child” tiré du tout nouveau split de Gurt et Trippy, Guppy (ça sent le brainstorming à trois grammes, ça). Du sludge + une poignée de zikos connus du public londonien : on ne pouvait rêver mieux pour démarrer ce cinquième Desertfest ! – Beeho

Pour inaugurer mon édition 2016 du Desertfest, je me dirige vers l’Electric Ballroom pour découvrir EGYPT. Le groupe m’est inconnu mais le fait qu’un pote de bon goût qui souhaitait les voir soit déçu de ne pas pouvoir assister au spectacle, me laisse à penser que je ne perdrai pas mon temps. Excellente décision puisque leur mélange de rock psychédélique et de stoner fait très vite son effet. Auréolé d’une lumière jaune, le groupe balade son public au coeur de territoires ensoleillés, dans un Electric Ballroom de plus en plus chaud à cause d’un public nombreux. Il n’est que 17h et le Desertfest est déjà assurément un succès public. Le batteur a l’air un peu à la ramasse par rapport à ses copains, mais les solos de guitare ont de quoi faire rêver par sa virtuosité. Dommage en revanche que le chanteur alterne entre un chant clair et une voix plus proche de Crowbar qui devient un peu irritante à la longue. – Mathieu

Après les vallées fuzz d’Egypt, place à un des groupes que j’étais impatiente de voir ce week-end, car 1/ ils avaient plus ou moins disparu de la surface de la planète, en dehors de rares posts Facebook, 2/ ils sont une référence du heavy psyché européen avec deux albums magistraux sortis en 2007 et 2010. Dans un Ballroom rempli, le trio suédois ASTEROID nous fait vivre un vrai moment de grâce pendant près d’une heure. Avec des mélodies enchanteresses combinées à une section rythmique super smooth, je suis ravie de constater que le trio a autant de classe sur scène que sur album (“Graveyard avant Graveyard”, comme le dirait une source anonyme), grâce à un power duo vocal Robin Hirse/Johannes Nilsson qui file le frisson. Le public est si ravi qu’il réclame un rappel, accordé au groupe par la régie malgré un timing archi serré. Ce grand retour d’Asteroid au Desertfest est rempli d’émotion, et au vu de l’immense sourire des zikos, nous ne sommes pas les seuls à être sur un petit nuage… – Beeho

Je cours de mon côté à l’Underworld pour voir RAGING SPEEDHORN. Dès mon arrivée dans l’Underworld, le riff de “Iron Cobra” me fait secouer la tête et reprendre le refrain en chœur tout en passant à côté du bar. Les gars du merch sont eux aussi en train de headbanguer de leur côté, et je les salue avec des horns appropriés. La reformation de Raging Speedhorn, c’est le retour du fils prodigue pour la scène sludge anglaise. Une belle surprise que l’on n’attendait pas mais que tout le monde accueille à bras ouverts. Pour preuve, malgré un concert ici-même il y a quelques mois, nombreux sont les amateurs présents aujourd’hui, et nombreux ils seront aussi dans quelques mois pour un nouveau concert dans la même salle ! Gros riffs gras et rythmiques hardcore font hocher les têtes dans la joie, puisque le groupe joue exclusivement des titres de ses deux premiers albums (les meilleurs), et un titre prometteur de l’album à venir. “Knives And Faces”, “The Gush”, “Fuck The Voodoo Man” et un final sur “High Whore” : c’est habituel mais ça fait toujours plaisir.

Une fois le spectacle terminé, il est temps de revenir à l’Electric Ballroom où l’affluence grandissante du Desertfest se fait particulièrement sentir pour CROWBAR. La masse de monde réunie rend l’expérience assez désagréable en fosse. Ajoutez à cela un début de concert absolument identique à celui d’il y a deux ans au Garage à Londres, et j’ai très vite l’impression de voir une machine en marche plutôt qu’un groupe en train de jouer. C’est bien dommage car dans d’autres conditions je n’ai pas de mal à apprécier le son des patrons de la Nouvelle Orléans, mais ce soir c’est pour moi le rejet complet. Rien à redire cependant sur le son : s’il y a bien une constante pour ce fest, c’est l’excellente qualité sonore de toutes les salles impliquées. Cependant, quand l’envie et l’émotion ne sont pas là, la qualité des décibels ne peuvent pas rattraper le naufrage. – Mathieu

Après le premier falafel du week-end (NB : le King Of Falafel est le spot de prédilection du festivalier desertfestien), on se dirige sereinement vers le Ballroom pour CORROSION OF CONFORMITY. Une fois à la barrière, je me dis “ça y’est, on y est” : le groupe signe son grand retour au Desertfest après avoir inauguré la toute première édition en 2012, avec en son sein son icône – ok, mon héros absolu – Pepper Keenan. Dans le noir, les membres du groupe arrivent un à un : Reed Mullin, Mike Dean, Pepper puis Woodroe Weatherman. Le très heavy “Bottom Feeder” ouvre les hostilités, après quoi s’enchaînent les classiques de Wiseblood, Deliverance mais aussi quelques pépites de America’s Volume Dealer… le tout avec la même vigueur qu’à l’époque. Car en dehors de quelques rides et barbes grisonnantes, c’est comme si le groupe n’avait pas bougé d’un iota depuis 15 piges : le fun est au rendez-vous, avec un groupe qui prend clairement un réel plaisir à jouer pour nous, et cette complicité de chaque instant les rendant aussi cool que dans mes lointains souvenirs du “Live Volume”. Le sourire impérissable de Woody nous le prouvera bien. S’en suit une demande rappel unanime, dont le premier morceau est un “Vote With A Bullet” dédicacé à Donald Trump…

À la moitié de l’ultime morceau et hit intemporel “Clean My Wounds”, le groupe se lance dans un jam savoureux dont eux seuls ont le secret, de quoi scotcher la salle pendant cinq minutes, sur une base rythmique dub/reggae (Reed Mullin, tu as mon respect éternel) qui va permettre à nos deux guitar heroes de laisser aller leurs riffs les plus planants. Même les mecs de la sécu, pourtant habituellement stoïques, auront l’oreille attentive et le petit tapotement de mains frénétique. Au premier rang, on est comme des gamins. Pepper introduit alors tout le groupe, acclamation, le morceau reprend… “I geeeeet doooooowwwwn!” Et c’est la fin. Loin d’un concert en pilote automatique voire bâclé, Corrosion nous auront offert une heure trente de pur plaisir et d’altruisme musical comme seuls les grands groupes de VRAIS musiciens savent nous procurer. Right on. – Beeho

Bottom Feeder (El que come abajo)
King of the Rotten
Broken Man
Heaven’s Not Overflowing
Long Whip/Big America
Wiseblood
Seven Days
Paranoid Opioid
13 Angels
Albatross
Stonebreaker
Who’s Got the Fire
Encore :
Vote With a Bullet
The Door
Clean My Wounds

 

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Beeho

Founder and editor of The Heavy Chronicles since 2010. Likes to turn into a complete freak once in the pit. Loud music and beer is my motto.



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