KVELERTAK + TRUCKFIGHTERS + EL DOOM & THE BORN ELECTRIC @ Glazart (Paris, 15.03.13)

BeehoWritten by Live Reports

Kvelertak-live-Glazart-Paris

Depuis la sortie de leur premier album en 2011, je ne rêvais que d’une chose : voir KVELERTAK en live. D’une, parce que le sextet norvégien a monté la pression d’un cran dans le monde du métal, en amenant un son unique et une énergie punk qu’il est impossible de leur enlever; de deux, parce que les vidéos live sur Youtube parlent d’elles-même. Les analogies aux vikings et à la guerre vont bon train quand il s’agit de décrire le groupe.
Seule date française du groupe sur la tournée euro, le concert parisien était attendu par la masse comme quelque chose qui allait pouvoir bouleverser positivement l’équilibre de chacun. J’avais pour ma part pronostiqué l’explosion en mille pièces du Glazart, et j’ai eu raison : Kvelertak a balayé le souvenir de tout autre live de mon esprit, Kvelertak a rayé Paris de la carte, façon bombe H. Done, yeepeekai motherfuckers. Mission accomplie les gars. (PHOTOS : Lorène Lenoir)

 

EL DOOM & THE BORN ELECTRIC (FacebookSoundcloud)

Hibooking nous avait prévenus sur l’horaire précoce du concert, en raison d’une soirée « club » au Glazart en deuxième partie de soirée. Pas le droit à l’erreur ni aux débordements donc, et à peine sommes-nous rentrés dans la salle que les openers EL DOOM & THE BORN ELECTRIC sont en train de jouer depuis déjà quelques minutes… J’ai honnêtement beaucoup de mal à garder mon attention focalisée sur le groupe et sa musique. Mon esprit d’analyse est entaché par l’excitation, j’imagine. ED&TBE produit un rock assez groovy qui fait gentiment remuer les têtes, mais je ne retrouve pas réellement ce côté prog que j’avais pu déceler sur leur Soundcloud. Pour l’anecdote, El Doom (chanteur et fondateur du groupe) serait le père de Maciek (l’un des guitaristes de Kvelertak). Une info qui ne remue pas la salle. Le frontman au chapeau de cowboy essaie ensuite vainement de faire rire l’assistance qui, soit ne comprend pas un mot, soit s’en contrefiche royalement. Quoiqu’il en soit, la performance musicale du groupe sera saluée comme il se doit en fin de set.

TRUCKFIGHTERS (site webFacebook)

Le mur d’amplis Orange qui trône sur la scène me rappelle un certain… Fuzz ? Stoner ? TRUCKFIGHTERS ! Les membres du groupe font leurs réglages dans un silence religieux. C’est là que je remarque que le batteur a comme qui dirait changé d’apparence depuis la dernière fois que j’ai vu le groupe (fin 2012 à Toulouse). McKenzo aurait repris la route avec un autre groupe au moment où je vous parle, et aurait donc légué ses fûts à un adorable jeune homme du nom de Poncho.

Comme à son habitude, le trio démarre son set sur Desert Cruiser. À première vue, entre les pains de Dango et la voix presque aphone d’Ozo, ils n’ont pas l’air dans leur meilleure forme. Ça n’empêche pourtant pas les troupes de reprendre en choeur « I’m running out of fuuuuuuueeeel » : la bonne vibe émanant du public donne visiblement un gros coup de fouet au groupe, qu’on arrête plus.
Le public prend exemple sur Dango et jumpe dans tous les sens, les corps se plient joyeusement au son de la basse… Ozo finit même par slammer dans le public ! C’est toujours aussi sympa de voir les TRUCKFIGHTERS en live, leur desert rock est toujours un catalyseur aussi cool et efficace. Pour cette courte setlist de 6 morceaux, le groupe aura forcément privilégié les hits, mais quel pied ! À noter que le groupe sortira son prochain album cet automne, vivement !

KVELERTAK (Facebook)

Voilà, on y est. KVELERTAK va jouer. Bon ok, dans les faits, ils mettent énormément de temps à débarquer sur scène. Mais lorsque la magie se produit, PUUUUUUUTAAAAAAAIIIIIIIIIIN ! Imaginez juste, pas quatre, ni cinq, mais SIX grands gaillards prenant d’assaut la scène (pour le coup un peu trop petite) du Glazart. Si vous connaissez la musique de KVELERTAK, alors ça sera facile pour vous d’imaginer le rouleau compresseur que c’est en live.

Aussitôt les premières notes de « Spring Fra Livet » entamées, la fosse part dans un joyeux bordel… qui est décuplé lorsque le groupe balance le tiercé gagnant Mjod/Fossegrim/Ulvetid.
Les cinq zikos s’époumonnent avec autant de rage que leur tueur de frontman Erlend Hjelvik, et quand la foule entière scande « Fossegriiiiiim !!! » ou « Blod-Torst ! Blod-Torst ! », on croirait entendre des putains de cris de guerre. GUERRE. Oui c’est la guerre. Vous voyez le clip de « Mjod » ? Eh bien ici, c’est la même, mais avec le sourire et sans aucune grille de sécurité ! Aucune barrière entre nous et l’armée berserk de Kvelertak : nous faisons tous corps dans une fureur redoutable.

Chaque membre du groupe y met du sien, comme lorsque le bassiste (superbe spécimen blond de 2 mètres) marche sur la foule façon Moïse pour au final se laisser joyeusement choir sur le public. Les gens slamment non-stop, et les gars de Kvelertak en profitent également. Véritable punk machine, Kvelertak est comme une batterie : plus elle joue, plus elle se recharge.
Le bonheur se lit sur tous les visages, dont ceux d’Erlend, Maciek, Marvin, Bjarte, Vidar et Kjetil (caché au loin derrière ses fûts) qui semblent carrément aux anges devant notre engouement. Complètement en nage et désormais torses-nus, ils continuent de nous heler et de monter sur les amplis toutes les deux minutes, tout en martelant leurs instruments sans répit.

Avec une envie d’en découdre de plus belle, Kvelertak nous testent avec leurs nouveaux morceaux, et c’est dans l’euphorie la plus totale qu’on répond à l’appel. Au delà de l’aspect ultra cash et dévastateur de leur musique, le groupe nous offre aussi de grands moments de rock’n’roll avec des solos old school vraiment grisants. Comme sur l’ultime morceau du set « Utrydd dei svake », où les trois gratteux et le bassiste communient dans la sueur pour un gigantesque solo, qui me fout presque la larme à l’oeil. La fin du concert est proche, et tout en jouant, le groupe encourage le public à monter sur scène pour faire une dernière fois la teuf. Zikos et fans s’embrassent, et au fond, personne ne voudrait que la soirée s’arrête. 22h05, war is over motherfuckers, il est temps de mettre les voiles. Enfin, le temps d’aller choper un des sublimes t-shirts au merch, de loin les plus stylés que j’ai pu voir dans le métal.

Pour résumer Kvelertak en live : EUPHORIE, FOLIE, TESTOSTÉRONE et ROCK’N’ROLL. Et comme ils l’ont dit eux-même, « this was the best fucking show we ever did in Paris ! ». Alors revenez viiiiiiiiiiiiiiiiiiite !!!

SETLIST :
Spring fra livet
Mjød
Fossegrim
Ulvetid
Bruane Brenn
Nekrokosmos
Sjøhyenar (Havets herrer)
Evig Vandrar
Nekroskop
Månelyst
Offernatt
Blodtørst
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Kvelertak
Utrydd dei svake

Last modified: janvier 5, 2014

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