Enfin, un peu de sérieux avec « Working With God » des MELVINS.

Written by Chronique

Les MELVINS forment un groupe à part. Trop punk pour être grunge, trop sludge pour être classés heavy rock et surtout trop indépendants et imprévisibles pour laisser indifférents. Pourtant la bande de King Buzzo a une identité sonore extrêmement forte au point d’être presque auto-parodique. Le chant grandiloquent, les riffs de guitares acérés et brisant tous les codes des genres établis, la tête d’ampli transistor Sunn qui chauffe (ou pas) et une batterie chirurgicale presque militaire. Il suffit d’entendre quelques notes d’un morceau classique des Melvins pour savoir à qui on a affaire.

Sauf qu’autour de cette patte, le groupe a toujours su surprendre. Que ce soit par des line-ups à la limite du grotesque (ou du génie ?) à deux batteurs, deux bassistes, avec un contrebassiste, en duo, avec Jello Biaffra au chant ou, comme sur ce nouvel effort, en rappelant le batteur de leurs débuts, parce que « pourquoi pas ». Parfois cela passe aussi par des idées saugrenues comme celle de faire débuter leur album par une reprise parodique mais très soignée et Melvins-like du classique « I Get Around » des Beach Boys. Et fondamentalement, tant que ça permet à Osborne et Dale d’être inspirés et de rigoler un coup, on est preneurs. Sans déconner, qui n’aime pas entendre King Buzzo rire ? 

Reste qu’avec les Melvins, la qualité des albums ne se juge pas à ces concepts WTF mais plutôt à l’inspiration plus ou moins présente. Car les Melvins c’est aussi un principe simple : un exutoire dont toutes les idées doivent sortir. Le tri est laissé à la postérité. Faisons court, nous avons ici un grand cru des Melvins. Peut-être leur meilleur album depuis 15 ans. Certains diront qu’avoir enfin attendu plus de 11 mois avant de retourner en studio a sûrement aidé à ne garder que le meilleur. D’autres diront que c’est l’absence de concerts qui a recentré les débats. Pour ma part, je pense que c’est plus irrationnel. Buzz a juste eu les bons riffs au bout des doigts et les bonnes idées de surprises débiles pour emballer le tout. C’est aussi simple que cela. Nul besoin de décrire le son, la prod ou ce que vous trouverez sur cet album car cela tient en deux mots : du Melvins. Pure and uncut comme ils disent là-bas

Mes coups de cœurs vont aux excellents « Bouncing Rick » pour ses riffs surréalistes et son final noisy, « Caddy Daddy » dans la veine Melvins mid tempo et lead guitar 80’s ou encore le très speed et dissonant « Boy Mike » et l’hymne Sludge qu’est « Hot Fish ». Niveau bizarreries, outre le « I fuck around » mentionné plus haut, je citerai quand même la diptyque délurée « Brian, the Horse Faced Goon » qui aurait pu être un étrange générique de dessin animé obscur du Cartoon Network des années 90. L’album se termine sur « Goodnight Sweetheart »… Une berceuse. 

Si vous aimez les Melvins, ruez vous sur cet album. Si vous êtes indécis à leur égard, vous avez ici le haut du panier (sans être à la hauteur d’un « Houdini ou Stoner Witch, n’exagérons rien). 

ARTISTE : THE MELVINS
ALBUM : Working With God
LABEL : Ipecac
SORTIE : 26 février 2021
GENRE : Melvins
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Last modified: 9 mai 2021