MESSA + SABBATH ASSEMBLY @ Glazart (Paris, 03.05.19)

Carole PortetWritten by Live Reports

Il est 19h30 donc encore tôt pour la messe du samedi soir mais le public de fidèles est déjà rassemblé dans l’antre de Glazart. Le ton de la soirée est donné: c’est dans une ambiance sombre et mystique que les deux groupes annoncés partagent l’affiche de la tournée « Blood & Water »: les Américains de SABBATH ASSEMBLY et leur heavy rock occulte, accompagnés des Italiens MESSA et leur doom atmosphérique hanté de sonorités jazzy. Une affiche pleine de promesses pour les amateurs de sons saturés et lancinants. (PHOTOS : Patrick Baleydier)

Cependant ce soir-là c’est Messa qui est passé en tête d’affiche. Un choix qui s’est révélé judicieux tant le groupe a la cote et était attendu auprès du public parisien. Après seulement deux albums, « Belfry » (2016) et « Feast for Water » (2018), c’est la révélation doom/dark du moment.

SABBATH ASSEMBLY entrent donc en scène. Leur dernier album « A Letter of Red » tout juste sorti, ils en proposent trois titres, au milieu d’une sélection de leurs trois derniers albums majoritairement. Un set bien choisi, dynamique et montant en puissance. Les riffs heavy se mêlant à merveille à la voix de l’enivrante Jamie Myers. Les growls du bassiste viennent même s’ajouter sur le dernier titre, « I, Satan », rendant l’atmosphère plus sauvage, aidés par une batterie tonitruante. Jamie, regard sombre et intense, chevelure flamboyante assortie à sa chemise à jabot pourpre fait quelques tentatives timides pour amadouer le public, telle une prêtresse cherchant des fidèles. Hélas à part quelques têtes ondulantes au premier rang, les réponses se font discrètes. Un show carré, rôdé, maîtrisé par une dizaine d’années de tournées et sept albums à leur actif, mais qui a cependant manqué d’émotion et de profondeur pour toucher le public parisien en plein cœur, bien que la salle se soit remplie au fur et à mesure.

A l’approche de l’arrivée de MESSA, la foule se masse près de la scène et se fait plus compacte. Même si certains étaient aux Desertfest Londres ou Berlin, on aperçoit quelques têtes familières. Les trois musiciens apparaissent en premier, le rituel peut commencer. Fumée, bougies et encens accompagnent la longue intro de ce début de set, avant d’accueillir Sara et sa voix envoûtante. Chacun porte un chapelet en guise de grigri, en collier ou accroché à la sangle de sa guitare/ basse. Le public ne cache pas son impatience et quelques applaudissements éclatent déjà. Le groupe enchaîne de longues plages de mélodies hypnotiques, entrecoupées de riffs lourds et pesants, maintenant sans arrêt le public en haleine.

Plus qu’un concert, c’est une expérience unique, expérimentale et introspective à vivre assurément. La noirceur du doom s’associe aux tintements fiévreux des cuivres, le tout sublimé par les fulgurances incantatoires de Sara. Malgré de légers soucis techniques (basse), le groupe offre un show magistralement orchestré. Leurs titres phares « She Knows », »Tulsi », « The Seer » et « Leah » ne manquent pas à l’appel. Ils se laissent transporter de plus en plus en fin de set, puis offrent même un rappel et sont acclamés par un public envoûté. L’énergie qui circule et l’osmose entre les deux parties sont palpables. Quelques remerciements enthousiastes émanent de la bouche de la chanteuse. Nul doute que ce premier accueil chaleureux du public parisien leur a donné l’envie de revenir après cette première tournée.

Last modified: mai 22, 2019