Une chose est sûre avec le DESERTFEST..." /> DESERTFEST BELGIUM 2018 Le Report – Jour 1 – The Heavy Chronicles

Live Reports

Published on October 30th, 2018 | by Razort

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DESERTFEST BELGIUM 2018 Le Report – Jour 1

Une chose est sûre avec le DESERTFEST BELGIUM de cette année : on ne pourra pas s’ennuyer ! Première édition pour ma part et pas des moindres, puisque la quasi-totalité des groupes annoncés font partie de mes préférés, avec des célébrités belges du post-hardcore, du doom américain bien lourd, du rock très psychédélique, et même un peu de luth au programme ! (PHOTOS : Sandrine Correia)

Après des galères pour arriver dans la ville d’Anvers la veille, c’est une autre galère que de venir jusqu’au complexe du Trix, un peu excentré du centre-ville (qui vaut le coup d’œil) et assez mal desservi par les transports suivant où l’on se trouve. Trois salles sont réunies au même endroit, avec des horaires qui commencent en ce premier jour un peu plus tard que pour les deux suivants. LUCIFER sera le premier arrêt par la scène principale Desert Stage. La foule est déjà présente pour profiter du son vintage du groupe, se rapprochant de Black Sabbath en plus moderne, sensuel et groovy. L’ânhk autour du cou de la chanteuse est-il d’ailleurs un clin d’œil à Iommi ? Le public reste timide, peut-être parce que c’est le début du week-end, ou parce que le groupe est assez neutre et statique sur scène, la voix de la chanteuse toujours au même niveau malgré des moments d’agitations où chevelure blonde et franges en cuir se mélangent dans une danse hypnotisante. Ce n’est pas la formation de hard rock la plus originale que j’ai pu entendre, même si sur album ça passe très bien.

Nous partons découvrir les alentours et quelque chose me choque : la taille ridicule de la scène Vulture Stage, qui est située sur le côté droit d’un bar deux fois plus grand, et séparé par des baies vitrées assez gênantes à la porte d’entrée ne s’ouvrant que d’un côté. FRAYLE s’y produit mais il est déjà difficile d’en voir davantage à cause du monde, je me dis que je tenterai plus tard et monte à l’étage rejoindre la Canyon Stage où les anglais de ADMIRAL SIR CLOUDESLEY SHOVELL donnent un concert énergique. Des sonorités qui me rappellent Kadavar en plus barré, et parfois Saint Vitus dans un style purement english et loufoque, très sympathique pour les tympans. Je suis occupé à découvrir la salle et ses écrans diffusant des lumières et bain d’huiles psychédéliques fascinants. J’écoute le concert depuis le bar, où l’on trouve de la Duvel aussi mousseuse que chère et… trois autres bières classiques pas fameuses du tout. Assez décevant dans le pays de ce breuvage.

Je ne reste pas longtemps, et c’est là le premier problème majeur du festival : faire se chevaucher tous les concerts de 10 à 15 minutes, ne nous laissant pas la possibilité de découvrir un groupe dans son entièreté. La priorité pour moi ce soir, est donc de revoir DEAD MEADOW que j’attendais depuis leur passage fin 2016 au feu le Bootleg à Bordeaux. Je ne saurais décrire l’impact émotionnel que ce trio a sur moi, mais quand je les écoute je suis transporté dans des paysages grandioses de l’Ouest américain avec une sorte de nostalgie d’un été chaud qui se termine, des premières feuilles de l’automne qui tombent, des visions d’animaux se réfugiant sous terre pour passer l’hiver… Et le premier titre instrumental “Greensky Greenlake” illustre parfaitement ce sentiment, c’est peut-être d’ailleurs mon préféré, il me fait frissonner instantanément, provoquant même une montée de larmes de joie. D’autres titres de ce premier album seront disséminés dans un show simple et efficace, tel que la classique “Sleepy Silver Door” ou “Beyond the Fields We Know”. Mais l’ambiance intimiste d’une petite salle était dans mes souvenirs bien plus appropriée qu’une si grande scène. Le public semble en tout cas sur la même longueur d’onde et se laisse porter par la douceur de leur son fuzzé…

Mais de l’amour à la haine il n’y a qu’un pas. Enfin plusieurs. Je repars vers la Vulture pour tenter de voir LETHVM déverser leur haine dans un style directement hérité d’Amenra. Mais il semblerait que les Belges – qui gagnent à être connus sur notre territoire – soient de véritables célébrités locales : la salle est bondée et il y fait une chaleur abominable. J’essaie tant bien que mal d’écouter depuis le bar. Second problème majeur à ce festival : personne ne la ferme, et plus la bière coule, plus la situation s’aggrave. La rage qui sort des amplis du groupe commence à avoir une influence néfaste sur moi, je monte donc à l’étage pour voir un bout de SASQUATCH et rester dans une logique de stoner épais et chaleureux, histoire de faire la fête et finir sur une note positive. Et c’est une super découverte, une vraie patate dans la tête ! Des sonorités bien grasses qui me font penser à un 1000mods parsemé de structures agressives dans l’esprit de Red Fang, il n’en fallait pas plus pour me satisfaire.

Mais une pause s’impose avant le début d’une autre grosse claque, véritable must de ce premier jour sur la Desert Stage : ORANGE fucking GOBLIN, babe ! Plus je les vois, plus je me dis qu’ils prennent la relève de Motörhead en terme de pétée scénique, de puissance de feu sonore, et l’imposant Ben Ward est assurément un des gars les plus sympathiques et redoutables qui soient sur terre. Après avoir dévasté la Valley du Hellfest cet été, je me suis dit je serais pépère en les revoyant en salle… Encore raté ! C’est un chaos indescriptible auquel je ne résiste pas, et je suis obligé d’aller bousculer du Belge saoul dans la fosse sur les tueries du quatuor anglais. Il y a même quelques nouveaux titres, mais cette pensée s’évapore lorsque “Quincy The Pig Boy” et “Red Tide Rising” s’enchaînent en rappel. Je les hais de faire ça à chaque fois, putain. J’ai mal aux cervicales, et je ne suis pas le seul visiblement.

Pas le temps de laisser sa nuque refroidir, les kilos d’amplis du trio américain WO FAT seront les derniers à poncer la tête des survivants de cette première soirée. C’est étrangement le seul groupe qu’on pourra voir du début à la fin d’ailleurs. Le son est lourd, et les classiques du groupe s’enchaînent, avec comme toujours ces passages planants et contre-temps qui me rendent fou ! Je n’en vois pas le bout malheureusement, la fatigue ayant raison de moi, mais c’est une excellente façon de finir la soirée. On se ménage pour la plus grosse journée du festival qui arrive demain… C’était une belle première d’ouverture, mes vieux os ne vous remercient pas !

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Razort

Dessinateur un peu dérangé quand on me donne un crayon, chevalier de la bière lorsque j'enfile mon armure sur scène, étudiant bordelais le reste du temps, en chasse perpétuelle de nouveaux concerts pour en relater des souvenirs plus ou moins flous.



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