HELLFEST, c’est soit on ..." /> HELLFEST 2018 Le Report – Jour 3 – The Heavy Chronicles


Live Reports

Published on July 16th, 2018 | by Lord Pierro

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HELLFEST 2018 Le Report – Jour 3

Le troisième et dernier jour au HELLFEST, c’est soit on se laisse aller à écouter son organisme fatigué et mis à rude épreuve et on pionce en loupant les premiers groupes, soit on la joue warrior et on tanne ses potes pour être devant le premier groupe à 10h30… (PHOTOS : Gaël Mathieu et Gaël Hervé)

Etant donné qu’il était inconcevable de louper les ex-Texas Chainsaw et désormais DUST LOVERS, je me retrouve à faire la queue à l’entrée avant l’ouverture du site… Contrairement au reste du public qui n’a visiblement pas réussi à sortir de sa tente. Tant pis pour eux parce que les quasi-locaux Dust Lovers, comme à leur habitude, vont nous balancer leur voodoo rock en pleine tronche, que l’on soit 10, 100 ou 2000 devant la scène. Faisant la part belle à leur excellent dernier album Film Noir, et malgré un son qui manque de puissance pour vraiment terrasser la foule, nos amoureux de la poussière auront bien secoué la Valley. Et il n’est que 11h…

Il n’y a malheureusement guère plus de monde pour assister au set des français de POGO CAR CRASH CONTROL – sorte d’ovni sonore du dimanche sur la Warzone, car assez éloigné du garage rock nordique du reste de la journée. Peu importe, leur noise barré et destructuré me fera tout de même remuer la couenne sous le soleil déjà bien haut. Le genre de groupe à voir, tout autant qu’à écouter, les gamins éructant violemment à tout bout de champ. C’est ce qui s’appelle un réveil en fanfare.

Maintenant que je suis bien alerte, c’est LUCIFER qui se présente. Non, pas le démon en personne, quoique… N’ayant pas écouté le groupe avant, les seuls commentaires que j’ai pu récolter ne m’incitaient pas à la découverte (chanteuse très présente, clichés par palettes). Pourtant à l’affiche d’autres festivals, et bien plus haut, la curiosité du jour est finalement un bon groupe de doom à tendance revival, porté par la voix claire de sa frontwoman Johanna Sadonis. Mais soit le cadre était trop grand soit le créneau inadapté, toujours est-il que les réactions du public restent… léthargiques.

Au rayon curiosités, ce sont les lituaniens de AU-DESSUS que j’ai envie de voir, puisque loupés aux Blackened Orgies l’hiver dernier. Si j’ai un peu de mal à rentrer dans leur post-black et leur univers si particulier, très sombre et suintant le désespoir, les enchaînements de passages atmosphériques et planants avec des séquences d’une violence absolue me garderont auprès d’eux jusqu’à la fin du set, à ma grande surprise. Le genre de découverte que seul le Hellfest est capable de créer !

Point de retour à la joie, le doom traditionnel façon pachyderme de WARNING entame ses premières notes. Entre ode au Sabbath et son descendant Cathedral, les Anglais arrivent à me captiver par le son le plus lourd et écrasant de ce dimanche. Warning joue de façon tellement carrée et avec une forte présence scénique de son chanteur qu’il est difficile de ne pas être conquis par leur set, qui est consacré à la quasi-totalité de leur album Watching From A Distance, bien meilleur sur scène donc.

Rejoignant la lumière, je fends la foule pour voir un groupe loupé tant de fois ces douze dernières années, les LORDS OF ALTAMONT ! Le rock garage des américains m’accompagne depuis environ quinze ans et je suis ravi d’entendre les bouillants “Cyclone” et “Live Fast”. L’énergie déployée fait virevolter la Warzone qui se met à chahuter et danser au rythme du frontman Jake Cavaliere, déchaîné, qui balance son orgue tout au long du set. Et c’est avec un énorme sourire aux lèvres que je repars à la fin du concert, heureux d’avoir vu les Lords.

La joie et la béatitude seront de courte durée, le programme annonçant GRAVE PLEASURES et leur néo-cold wave à tendance gothique. Si les ex-Beastmilk ont énormément évolué depuis leurs débuts post-punk, nous avons droit à un set endiablé et déroutant pour le public de la Valley qui sort juste de Warning. Si les ambiances sont censées être sombres, mélancoliques et froides, aujourd’hui les Finlandais assurent un set bien rock, dansant et plus vivant que jamais. Une bonne surprise tant leurs albums peuvent dérouter ! 

C’est à ce stade de la journée que la fatigue accumulée depuis le début du festival commence à peser sérieusement. Je sèche donc le concert de The Bronx pour l’évènement desert rock de cette édition : la reformation de NEBULA. Le Hellfest s’est fait une spécialité de nous offrir l’exclu d’une reformation d’un groupe culte de la scène stoner (Kyuss Lives!, Hermano) et c’est l’un des derniers dinosaures de la scène du désert que nous avons la chance de voir aujourd’hui. Le public blinde la tente et c’est l’effervescence lorsque la bande à Eddie Glass entre en scène. Leur rock gras mais loin des poncifs du genre fait mouche immédiatement, et fait vibrer la Valley lors d’un set porté par un son impeccable ! Leurs chansons teintées de blues psychédélique n’ayant pas influencé beaucoup de rejetons talentueux (mis à part les italiens de Black Rainbows), il souffle comme une brise de légèreté sur une scène en mal d’inspiration. Un vrai moment de bonheur.

Faute d’avoir pu accéder à la Warzone pour le set des légendes du punk français les Shériff, je retourne sous la Valley voir la sensation hype et ovni du jour, ZEAL & ARDOR. Si leurs albums ne m’attirent absolument pas, l’occasion de juger sur pièce est trop belle. Mêlant des sonorités et des genres aussi opposés que le gospel et le black metal, le set est accrocheur et son frontman suisse Manuel Gagneux a so bien travaillé sa setlist que le public présent ne sait sur quel pied danser. Bien plus intéressant sur scène, ce projet mérite d’y jeter une oreille attentive, sans à priori ni attente. Mon running order étant quasi exclusivement axé Valley cet après-midi, j’attendais de pied ferme BARONESS, encore jamais vus en concert. Mais il est écrit que je ne verrai pas de concert de Baroness sous sa forme traditionnelle : en raison d’un problème familial, le batteur a dû rentrer d’urgence aux States et, pour ne pas annuler sa présence, le groupe choisit d’offrir un set acoustique. Si beaucoup de monde vit le set différemment, ça reste pour moi une immense déception.

Ayant bêtement perdu ma place devant la Mainstage pour Alice In Chains, je me rabats sur les Norvégiens de GLUECIFER à la Warzone. N’ayant initialement pas prévu d’aller les voir, je ne m’attendais pas à aussi bon. Je retrouve instantanément le sourire grâce à leur rock garage bien speed et tout en énergie, et voir le public se masser et s’éclater est la meilleure preuve de l’effet du groupe sur son auditoire ! Une belle surprise et pour le coup, presque un regret de ne pas avoir vu le début du set.

Le jour ayant fortement décliné, c’est le signe que la fin de la journée et du festival approchent. C’est aussi le moment où les têtes d’affiche montent sur les planches. En l’occurrence, les fers de lance du rétro rock KADAVAR. C’est encore une fois le genre de groupe qui transcende sa musique sur scène. Aidés par un son énorme, le trio dévaste la Valley comme personne aujourd’hui, forçant chaque spectateur à remuer de tout son corps au fil d’un set où les trois musiciens se donnent au-delà de leurs limites. Moment le plus épique ? “Purple Sage”, what else ?! Après un tel set, je n’ai qu’une envie, les revoir. Et ça tombe bien, ils seront en tournée dans toute l’Europe cet hiver.

Le festival aurait très bien pu se terminer sur ce concert, cela aurait été une superbe conclusion. Difficile alors de rentrer dans celui des fraîchement reformés HELLACOPTERS. Non pas que le set soit mauvais, comment le pourrait-il quand l’un des ses fondateurs est aussi celui d’Entombed ? Non, juste que passer après Kadavar et une série de groupes dans la même veine qu’eux est un sacré handicap. Les Suédois livrent pourtant une heure de hi-energy rock’n roll, et malgré la concurrence de la Dame de Fer sur la scène principale, le public est présent et s’agite comme un beau diable.

Il est l’heure de clore la Valley. C’est aux Belges d’AMENRA que revient cette lourde tâche, et c’est une autre sorte de claque qu’ils nous délivrent. La puissance de leur musique, aussi tortueuse que torturée, nous fait immédiatement penser à leur homologue d’Outre-Atlantique passés la veille – Neurosis, pour ceux qui n’auraient pas suivi. Loin d’être une copie conforme, le côté atmosphérique (aussi malsain soit-il) associé à la pesanteur de leur son en font un digne héritier, et le set s’achève dans une communion silencieuse avec un public subjugué.

Je repars pour un tour de montagnes russes émotionnelles, allant festoyer avec mes Norvégiens préférés et bel et bien terminer cette treizième édition. C’est déjà le quatrième passage de TURBONEGRO au Hellfest, mais ils collent tellement bien au côté rock festif et débridé du festival qu’on ne serait pas mécontent de les voir tous les ans. Toujours aussi radieux, le Duke Of Nothing s’amuse avec le public, lançant des mots en français entre les morceaux, et c’est une fiesta endiablée qui prend place dans la fosse de la Warzone. Mêlant quelques nouveaux morceaux à ces classiques, ce sont ces derniers (“Get It On”, “All My Friends Are Dead”, “The Age of Pamparius”) qui déclenchent le plus de mouvements, avant le final participatif sur “I Got Erection”, véritable hymne à l’amour qui accompagne les festivaliers jusqu’au petit jour une fois quitté le site.

Ce Hellfest s’achève donc sur un de joie et de bonheur mais aussi la traditionnelle déprime post-fest. Cette édition était superbe. L’orga nous a prouvé une nouvelle fois que l’éclectisme est bel et bien son leitmotiv, et le public a répondu présent à chacun des groupes qui, initialement, pouvait faire tache sur l’affiche, ce qui est donc un succès.

Rendez-vous l’an prochain pour la quatorzième édition, à laquelle on peut déjà compter cinq groupes annoncés le dimanche soir : Mass Hysteria, Carcass, Dropkick Murphys, Manowar et ce qui sera le dernier concert en France de Slayer. Vivement juin 2019 !

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Lord Pierro

Tombé dans le stoner il y a 20 ans, j’essaie de partager mes coups de cœurs musicaux, aussi bien sur album qu'en concert. Mot d’ordre : spread the fuzz ! Avec une bonne bière, bien sûr !



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