C’est l’enthousiasme autour du concept album des 7 WEEKS + LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL + THE VIDEOS @ La Boule Noire (Paris, 18.03.17) – The Heavy Chronicles

Live Reports

Published on April 16th, 2017 | by Yannick K.

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7 WEEKS + LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL + THE VIDEOS @ La Boule Noire (Paris, 18.03.17)

C’est l’enthousiasme autour du concept album des LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL sorti en septembre dernier qui m’a attiré à cette soirée stoner rock dans la salle parisienne. Il faut dire que les Strasbourgeois ont souhaité compléter leur effort scénique avec le travail vidéo de 128 dB pour faire de leur concept album une œuvre globale pluridisciplinaire…

C’est THE VIDEOS qui ont pour mission de chauffer la salle à moitié remplie avec leur crossover punk rock / grunge typé nineties. Les chansons sont efficaces, pour certaines accrocheuses, même s’il est difficile de faire dans l’original avec ce type de son. Il est indéniable que la chanteuse Laura a une certaine prestance, mais copier Brody Dalle ne suffit pas à insuffler l’énergie que l’on souhaite trouver dans ce genre de performance.

Place à LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL. L’annonce de l’illustration vidéo en live de leur concept album Human Collapse me titillait. Comment développer les états d’âmes du personnage central et de son errance dans un futur post-apocalyptique ? Et au niveau du son, comment allaient-ils retranscrire sur scène le travail d’arrangements et de nappes de l’album, plus habitués à déverser des mégatonnes de riffs sur leurs fans ? D’entrée, Gregory tabasse les fûts avec une puissance assourdissante. Trop peut-être, tant le chant lancinant de “7pm – Choice” est presque inaudible. Mais ce n’est qu’un léger rodage… Les images subliminales faisant écho à une sordide actualité, l’urgence du riff de “Decision”, un chant plus calé…. Ca y’est, le groupe trouve sa place, s’équilibre et déroule son histoire. Oui, car l’avantage de cette toile de fond animée est de “vivre” le récit conté par le groupe, même si les lumières de la Boule Noire n’aident pas à la bonne visualisation des animations.

Les titres s’enchaînent jusqu’à “Border”, point d’orgue de l’album, remarquablement exécuté tant par la pesanteur des guitares doom de l’intro, que des nappes claustrophobes et l’urgence d’une batterie synchronisée sur un Uzi en fin de titre. “Community”, finalement assez dispensable, est zappée pour étaler les derniers titres, maelström de styles entre puissance et finesse, intensité brute et détails habiles.

Alors que j’étais venu à cette première date de leur tournée pour expérimenter leur concept sonique et visuel et me prendre quelques claques heavy dans la figure, j’en avais presque oublié l’intensité dramatique de leurs compositions et de leur récit. À l’image de la fin de leur concert, avec “Arrival”, où toute la Boule Noire, l’espace d’un instant, un court instant mais ô combien intense, est restée suspendue aux dernières notes de Nico, repoussant les applaudissements (nourris) pour apprécier la tristesse magnifique de ce moment. Les LDDSM ont réussi leur pari. Ils nous ont embarqué dans leur voyage, leurs réflexions. Ils nous ont emmené aux frontières, celles d’un genre qui les a vu naître.

C’est également ce qui les rapproche de 7 WEEKS, dernier groupe à passer ce soir (que je ne connaissais pas) et venu défendre son nouvel album A farewell to Dawn, sorti en novembre dernier. Si l’inspiration est clairement à chercher du côté de Palm Desert, la sensibilité de leurs titres les emmène sur des territoires plus rock. Mais attention, leur jeu précis (révélant une certaine expérience de la scène) tout en puissance, appuyé par un chant rauque, sait aussi nourrir un rock épais sans concession. Le groupe sait ainsi nous balader d’un extrême à l’autre, de compositions plus expérimentales (agrémentées de samples de films et de claviers atmosphériques) vers des sauvageries stoner instrumentales.

La filiation avec LDDSM paraît évidente et l’affiche de ce soir cohérente. La preuve que les groupes déjà bien établis de la scène stoner française nourrissent le genre et en repoussent les limites. À force de doom pachydermique ou de revival sabbathien à barbes, on l’aurait presque oublié.

 

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About the Author

Yannick K.

Fait le grand écart entre kung fu old school et le rock sous toutes ses formes. Pense que Dieu serait tellement plus crédible (et badass) si c’était Iggy en disciple shaolin maniant aussi bien le nunchaku que la six cordes. En attendant il prêche pour THC.



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