Double revanche rock ce soir au Rocher ..." /> BLUES PILLS + KADAVAR @ Rocher de Palmer (Bordeaux, 28.10.16) – The Heavy Chronicles

Live Reports

Published on November 9th, 2016 | by Razort

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BLUES PILLS + KADAVAR @ Rocher de Palmer (Bordeaux, 28.10.16)

Double revanche rock ce soir au Rocher de Palmer avec une des dates les plus attendues de cette belle rentrée ! Les deux merveilleuses têtes d’affiche de ce soir ont une histoire particulière avec Bordeaux… KADAVAR, invités une première fois à l’ex-Heretic Club en novembre 2014, avaient foutu un sacré bordel et marqué les esprits lors d’une des plus grosses soirées organisées par Make It Sabbathy. C’est tout naturellement qu’ils ont alors été conviés à revenir jouer dans une salle plus grande et avec un meilleur son (au Krakatoa en novembre 2015) avec à leurs côtés The Shrine, Horizont et Satan’s Satyrs. Malheureusement, une extinction de voix du chanteur Lupus la veille, alors qu’ils n’avaient pas encore quitté l’Espagne, pousse le groupe a annuler la date : énorme déception. BLUES PILLS avaient quant à eux été les invités spéciaux d’une des premières soirées Make It Sabbathy, en avril 2014. Deux ans plus tard, les voici en tête d’affiche au Rocher de Palmer. Quoi de plus normal pour un groupe dont la notoriété a explosé en peu de temps ?

En mars dernier, nous avions déjà retrouvé au Rocher le combo blues rock suédois lors d’une tournée avec White Miles et de nos copains Dätcha Mandala, ouvrant pour eux ce soir-là. Malheureusement, j’avais assisté à une véritable hérésie à même pas deux mètres de moi dans la fosse : un abruti de hipster, visiblement bourré et venu faire n’importe quoi, s’attaquait à un spectateur en lui pétant littéralement le nez. Une bagarre et du sang partout, devant un groupe qui n’est qu’amour. Après ce triste épisode et l’intervention de la chanteuse Elin Larsson, le concert avait eu du mal à repartir, l’ambiance étant très tendue. Quoi de pire pour achever la soirée qu’une coupure générale de courant dans tout le quartier trois titres plus tard ? Une date maudite, je vous dis. Alors forcément, ce soir, on a un peu le trac pour les groupes. J’arrive durant la première partie assurée par STRAY TRAIN, un combo blues dont je n’avais encore jamais entendu parler. À peine passées les portes du Rocher, je suis happé par le merch de Kadavar, tenu par leurs sublimes petites amies. T-shirts, pulls, stickers, pin’s, posters, et même planche de skate… Tout est magnifique et fascinant, et les demoiselles sont diablement douées pour vous faire oublier vos limites financières. Le temps de me décider, claquer un billet, et passer au bar prendre une bière, une foule assez compacte quitte la salle : Stray Train ont fini de jouer.

Je vais me placer dans l’attente des Allemands que je ne veux louper sous aucun prétexte, même si je les ai revu en juin dernier au Hellfest. Dans une salle avec un son et un éclairage aussi bien gérés, ça promet d’être une expérience ! Une douce musique d’intro nous fait patienter dans une lumière violette reposante, dissimulant le logo Doritosien en fond. (NLDR : le “meme” ci-dessous a été créé spécialement pour l’occasion par notre rédacteur)

kadavar-meme-doritos-bordeaux

Je me demande s’ils vont jouer “Purple Sage”, car ça irait parfaitement avec ce genre d’ambiance. Arrivée des barbus sur scène (leur pilosité faciale semble encore avoir augmenté), branchements, salutations rapides, et les voilà qui démarrent d’emblée avec “Come Back Life”. La setlist est presque la même qu’au Hellfest mais jouée dans un ordre différent, c’est-à-dire un bon équilibre entre titres des deux premiers albums (qui sont la perfection) et ceux du dernier opus “Berlin” (notamment les tueries “Last Living Dinosaur” et “The Old Man”). Quelques titres tels que “Lord of The Sky” manquent à l’appel, mais aussi et surtout “Doomsday Machine”, chose que l’assistance n’a pas trop l’air de capter. Pour ma part, je suis trop occupé à péter les plombs sur chaque titre, que je connais un peu trop par coeur… C’est du moins la constatation que je fais en regardant autour de moi : public mou, immobile et dispersé, mais loin de détester ce qu’il est en train de voir. Entre chaque titre, les applaudissements se font plus forts et plus longs. Beaucoup sont en train de découvrir le trio et la puissance de leur stoner typé rock 70’s hyper énergique. Tiger tabasse toujours autant ses fûts, et je me demande comment Lupus arrive à tenir debout tout en agitant aussi vivement sa chevelure et en grattant aussi vite sur son manche. Nous arrivons déjà à la fin du show et la température a sensiblement augmenté. Le dernier titre m’est inconnu, et le son pachydermique de ses riffs me laisse penser qu’il s’agit d’un titre qui paraîtra peut-être sur une sortie à venir… alors qu’en fait non ! Les Allemands ont décidé de finir sur une reprise endiablée des Beatles avec “Helter Skelter”, un titre déjà bien rock’n’roll qui ressort ce soir carrément heavy. Lupus finit à genoux, possédé par la puissance du son de ses aïeuls anglais, grattant frénétiquement sous les hurlements d’un public en délire et désormais totalement acquis. Comme d’hab’, Kadavar jouent fort, bien, avec passion, et nous ramènent à une autre époque, si bien que je me demande en quelle année nous sommes lorsque le silence retombe. Le son nickel du Rocher de Palmer aura eu le mérite de rendre ce moment unique, sans parler du lightshow fluorescent hypnotisant.

Nous partons prendre l’air et petite anecdote : il n’y a déjà plus de bière au bar. C’est un backdrop géométrique imposant et intriguant qui est dressé sur scène avant l’arrivée des suédois de BLUES PILLS : une nouveauté dans l’esprit du nouvel album sorti en août dernier. C’est avec le désormais célèbre “Lady In Gold” que la bande de la belle Elin Larrson débarque sur scène, accueillie par un public chauffé à bloc. Beaucoup de nouveaux titres sont joués, mais je ne saurais les lister car je n’ai pour ma part pas trop accroché à ce dernier opus. Ils passent cependant très bien en live, et la puissance bluesy des riffs éclate au grand jour, ou plutôt sous les lumières psychédéliques de la scène du Rocher ! Chose que j’avais oublié : la puissance et la maîtrise quasi parfaite du chant, Elin tenant ses notes tout en dansant comme une possédée sur scène, et sans jamais s’arrêter. Ses chorégraphies paraissent d’ailleurs très étranges par moment, on croirait presque qu’elle s’apprête à twerker… Bien heureusement, rien de tel !

“Little Sun” arrive en milieu de show pour nous bercer et faire naître quelques slows dans la fosse (!). Câlins, sourires, baisers, chaleur humaine, rêverie, douceur, amour : voilà ce qu’un concert de Blues Pills peut nous faire ressentir durant plus d’une heure (et non haine, colère, violence, et stupidité d’un moment d’ivresse). Elin s’est d’ailleurs excusée pour les imprévus de la dernière fois au moment de monter sur scène. Tous les membres sont visiblement ravis d’être là, et les solos aphrodisiaques de Dorian, le talentueux guitariste français de la bande, nous font instantanément oublier n’importe quel souci du passé, du présent, ou du futur. Enchaînement fatal annoncé par une basse jouant seule : l’incroyable “High Class Women” débarque, suivie de près par “Ain’t No Change”. Puis un passage a capella de la belle blonde nous fait comprendre qu’une ultime tuerie arrive… “Devil Man” ! Après un tel enchaînement de classiques, une petite nouveauté calme le jeu : une session au piano pour le titre “I Felt A Change”, parfait. Un rappel, et le groupe s’en va définitivement après deux derniers titres dont le superbe “Gone So Long”. Largement applaudis et croulant sous des baisers volants de la fosse, le groupe salue chaleureusement le public de cette salle qui les a accueilli (jusqu’au bout !) ce soir. Un grand moment d’amour, une fin de soirée qui nous laisse sans voix, le sourire jusqu’aux oreilles, et néanmoins avec un petit picotement de tristesse au fond de nous, qui nous rappelle que c’est déjà fini, et qu’on ne sait pas quand nous pourrons revoir ces virtuoses du Blues Rock à Bordeaux !

 

 

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Razort

Dessinateur un peu dérangé quand on me donne un crayon, chevalier de la bière lorsque j'enfile mon armure sur scène, étudiant bordelais le reste du temps, en chasse perpétuelle de nouveaux concerts pour en relater des souvenirs plus ou moins flous.



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