Si l’on considère vendredi comme la mise en bouche (copi..." /> DESERTFEST BELGIUM 2016 : Le Report – Jour 2 – The Heavy Chronicles

Live Reports

Published on October 28th, 2016 | by Katzenjammer

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DESERTFEST BELGIUM 2016 : Le Report – Jour 2

Si l’on considère vendredi comme la mise en bouche (copieuse tout de même !) de ce DESERTFEST BELGIUM, samedi a tout du plat de résistance. La paisible Anvers est-elle prête pour ce déluge de riffs, cette avalanche de distorsion, cette cargaison de bûches, que dis-je, ces Cavaliers de l’Apocalypse sonore ? Espérons-le, car je suis désormais à court de synonymes. (PHOTOS : Sylvain Golvet)

On commence en douceur avec PURSON, groupe construit autour de la voix de Rosalie Cunningham. Leur (je cite) “big psych fuzz wowowpopsong” relativement classique fournit un bel écrin à ses vocalises. J’avoue avoir été rapidement happé par son intensité, sa présence. Voilà sans doute la relève de Blues Pills – qui semblent, eux, décidés à s’extirper du cocon stoner rock qui les a vus grandir. Heureusement, quand le téléphone du rock-rétro-à-chanteuse sonne, y’a Purson qui y répond !

Je prends la place du mort aux côtés de 1000MODS, qui nous emmènent passer de supers vacances en van (ou des vacances en super van ?). En live, une puissante énergie punk sublime leurs excellents riffs. Après trois albums – dont le justement acclamé Repeated Exposure To… qui a nourri nos discussions avec leur batteur Labros – on se rapproche d’une setlist all killers no fillers parfaite, du plus progressif (“Loose”) au plus abrasif (“El Rollito”, fidèle déclencheur de bagarres). Ça commence même à déborder, puisque ce set court et rageur omet quelques tubes comme “Vidage” ou “Low”.

Revers de la médaille, j’arrive carrément à la bourre pour ELDER, ce que je ne pensais pas pouvoir dire un jour. Ils sont forts, nos amis grecs de 1000mods ! Là, coincé au fond d’une Desert Stage pleine à craquer, je peine à apprécier pleinement leur performance (très solide, comme toujours). Et puis, c’est mon troisième concert en six mois du power trio heavy prog du Massachusetts : j’ai tendance à penser qu’il ne faut pas trop abuser des bonnes choses. Leur “nouveau morceau” n’est déjà plus si nouveau à mes yeux, et j’attends avec impatience leur prochain album. À en juger par les extraits disséminés çà et là (par exemple en fin bonus de “Compendium”), il s’annonce lourd à en réveiller les morts.

Je plante ensuite ma tente pour COLOUR HAZE, appelés de dernière minute pour combler un trou (béant !) dans la programmation : celui laissé par la séparation de Graveyard. Je n’irais pas jusqu’à dire que l’on a gagné au change mais pour le coup, le psyché sensible et ultra-mélodique des Allemands chatouille mon âme aux bons endroits. Hélas, une heure ça passe bien vite, surtout quand un “She Said” magnifiquement exécuté en mange environ un tiers. Déjà les lumières se rallument et, malgré les supplications du public, elles resteront allumées. Comme quoi, la combustion lente de Colour Haze nécessite bien deux heures, voire trois (comme lors de leur “XXL Tour”) pour s’apprécier pleinement.

Un tour à la relativement confinée mais tout aussi étouffante chaleureuse Vulture Stage au rez-de-chaussée nous permet de revoir les chouchous du doom français HANGMAN’S CHAIR. Après avoir électrisé, que dis-je, complètement mesmerisé la Valley Stage au dernier Hellfest, le quatuor parisien n’en démord toujours pas ce soir et continue de captiver les amateurs de doom mélodique et poignant. Même en terre belge, je surprends à de nombreuses reprises des gens en train de reprendre en choeur (et avec fougue) certains couplets ou refrains… Présents depuis plus de dix ans au sein de la scène heavy, le groupe et ses hymnes de prodige auraient clairement eu leur place sur la Canyon Stage. Qui sait ? Peut-être les reverra-t-on l’année prochaine au Desertfest Londres ?

Le set nerveux du super groupe THE ATOMIC BITCHWAX est, lui, à combustion rapide : à peine posé un pied dans la salle, la voix de Chris Kosnik m’agrippe par le col. Répondant à l’appel de cette sirène rock’n’roll, je joue des coudes pour aller voir ça de plus près. À partir de là, prendre la moindre note sur mon petit carnet devient mission impossible. Et inutile, d’ailleurs : certaines choses ne se décrivent pas, elles se vivent. “This song is about getting high as fuck“, précise Kosnik avant de lancer une de ses nombreuses pépites punk, pop et prog à la fois. Euh, c’est pas la seule dans ce cas, je me trompe ?

En parlant d’être défoncés jusqu’à en crever le plafond du Trix, le trio 100% bio WEEDEATER prend d’assaut la grande scène au moment où je vous parle. Ce qui sera un régal pour ceux qui n’ont peu ou pas vu les Américains en live, reste un moment sans grande surprise pour nous certains habitués – pour ne pas dire blasés, pour certains – de la scène. Pendant une heure, le cirque Pinder du sludge herbal fait le show : entre deux gorgées de Jim Beam, Dixie fait lourdement rouler ses lignes de basse (tout comme ses yeux dans ses orbites), le batteur de génie T-Boogie impressionne toujours autant à force de lancés de baguettes combinés à une puissance de frappe limite martiale, tandis que Dave Shepherd reste en retrait, ce qui ne l’empêche pas d’envoyer les riffs les plus gras et chargés en THC du week-end…

Place enfin à la légende PENTAGRAM, ou plutôt son incarnation la plus récente autour de l’éternel : l’inamovible, l’increvable Bobby Liebling. Énorme ambiance, gros son, la performance est à la hauteur des attentes. J’aurais aimé entendre plus du chant très inspiré de Bobby, et voir un peu moins de air guitar durant les longs solos de Victor Griffin. Mais je peux difficilement me plaindre, tant cet équilibre est fidèle aux racines hard rock de Pentagram. En tout cas, on n’accusera pas Liebling de nostalgie : les morceaux de Curious Volume (2015) figurent en bonne place parmi la setlist, et le classique “Be Forewarned” a été réarrangé avec goût. Finalement s’il y a bien une chose que Liebling a préservé des seventies, outre son allure décharnée et ses chemises bariolées, c’est la folie. Le mépris des limites. Quel autre groupe prend encore la peine, de nos jours et dans cette scène musicale, de jeter ses amplis et détruire ses instruments ?

 

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Katzenjammer

Occasional writer for The Heavy Chronicles, and avid listener of everything fuzzy. I followed the smoke to the riff-filled land, and settled there!



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