ACID KING + BLACK COBRA + DOPETHRONE @ Stoned Gatherings (Paris, 28.04.15)

Sylvain GolvetWritten by Live Reports

On ne savait pas l’affiche de qualité de ce soir si attendue par les parisiens (et les autres) mais force est de constater que le Glazart est bien rempli ce soir pour ACID KING, BLACK COBRA et DOPETHRONE aux Stoned Gatherings, à tel point que la circulation se fait difficile dans l’enceinte de la salle. Car le monde n’a pas eu la chance de voir ce trois groupes au Desertfest… Allez, doom on ! (PHOTOS & TEXTE : Sylvain Golvet)

Triple rattrapage donc, et on commence avec les cousins québécois de DOPETHRONE, auteurs d’un nouvel album Hochelaga aux morceaux plein de doom groovy et bien portés sur la booze et la défonce (comme d’hab), mais avec cette fois-ci une prod impeccable et plus travaillée, ce qui ne gâche rien. Le début de set est un poil timide, on sent que tout le monde n’est pas encore tout à fait chaud. Mais assez vite, la machine se met en marche, Vincent lance ses premières mimiques et affute ses riffs. On regrettera tout de même le manque d’une deuxième guitare sur scène pour nourrir un peu le son du trio. Néanmoins, « Dry Hitter » confirme les bonnes impressions données sur album mais c’est surtout « Chameleon Witch » et « Scum Fuck Blues » (un hymne !) qui achèveront de nous convaincre des qualités de ces trois gars. Il n’en fallait pas plus pour Nico Dead-Pig (NDLR : organisateur des Stoned Gatherings) pour débouler sur scène et se jeter dans une fosse maintenant bien chauffée. Nos cousins américains sont contents et nous aussi !

Oulà, mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Ca picote et ça brûle… Et pourquoi notre visage semble tout d’un coup engourdi ? Oui, c’est bien une gifle non anticipée qu’on se prend dans la face avec BLACK COBRA et un set chaotique de sludgecore envoyé par deux fous furieux (dont un ex-bassiste d’Acid King passé à la batterie). Le décrassage des tympans passe par un son melvinsien quasi sans groove, car oui, Black Cobra joue droit et sec. On note quand même quelques variations dans les compos et une écriture habile, et un Jason Landrian qui a la bonne idée de s’aider de pédales pour créer quelques boucles de guitares bienvenues. Mais il faut pas déconner, on est pas chez Russian Circles : Black Cobra ne fait pas dans la dentelle et repart de plus belle en ruades quasi-grind pour enchaîner sur un rythme punk puis une attaque bien doom. Le public est piqué au vif et se prend au jeu. Tout y passe, pogos, slams et même un mini circle pit. Les joues bien chauffées à l’arrivée, on peine à se souvenir où l’on habite.

Le temps de se remettre de ses émotions et voilà l’heure d’accueillir les rois de la soirée : ACID KING. Nantis eux aussi d’un nouvel album attendu depuis dix ans, Lori et ses sbires ressentent-ils une certaine pression à présenter leurs nouveaux morceaux au public ? Pas sûr, vu l’air détendu et confiant lors de l’entrée sur scène. D’autant qu’ils ont l’air fiers de leur album, ponctuant la setlist de la même intro et outro que sur ce dernier, et déroulant plusieurs morceaux phares de ce nouvel opus.

Je reste persuadé que c’est en live que l’expérience Acid King s’apprécie le plus, là où le groupe peut faire parler sa spécificité. C’est derrière quelques accords lancinants, simples à première vue, répétés de longues minutes que réside la profondeur de leur son. À la batterie, Joey Osbourne a été à l’école Dale Crover et se permet d’agrémenter un rythme lourd de régulières fioritures bienvenues sur la caisse claire, en faisant groover le tout avec une frappe très à fond de temps. Mark Lamb enveloppe le tout avec une basse puissante et ronde, agrémentant lui aussi son jeu de quelques ruades bienvenues. Et Lori, chef d’orchestre discrète de ce trio n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour rendre le tout badass, déroulant à peine quelques soli légers et efficaces sur sa guitare bourdonnante. Et aussi surprenant que ça puisse paraître, et sans trop de matériel, ce son très lourd se permet d’être aussi assez riche dans les aigus. Enfin, quand au détour d’un break les trois musiciens haussent légèrement le ton et musclent leur jeu juste ce qu’il faut, on comprend alors comment Acid King  peut nous emporter loin. Si la caravane Acid King passe par chez vous, n’hésitez pas à faire le voyage…

Last modified: juillet 11, 2015

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