STEAK « Corned Beef Colossus » (A/P 2013)

BeehoWritten by Chroniques

STEAK. Des mecs qui ont tout compris. Si ce groupe londonien n’a que quelques années d’existence, il sait exactement que c’est pas en enfilant des perles qu’on fait se décrocher les cervicales du public. Tant qu’à y aller, autant y aller avec des parpaings en béton armé. Imaginez juste Truckfighters et Lowrider accoucher d’un rejeton sur le sol de la Reine (scène surréaliste, je le conçois), et vous obtenez STEAK. Leur premier EP « Disastronaught » sorti l’année dernière avait séduit les amateurs de desert rock bien trempé, et leurs prestations au Desertfest ont démontré qu’en plus d’être une machine à riffs, ces gars sont carrément à la hauteur en live. Avec « Corned Beef Colossus », le moins que l’on puisse dire c’est que le groupe a sacrément gagné en assurance. Vous allez enfin pouvoir vous targuer d’apprécier la gastronomie anglaise…  

ARTISTE : STEAK (Facebook – Bandcamp)
ALBUM : « Corned Beef Colossus » EP
DATE DE SORTIE : 24 mai 2013
LABEL : Autoproduit
GENRE : Fuzz rock du désert intergalactique
NOTE : ✩✩✩✩

Le premier EP du quatuor, « Disastronaught », nous avait mis la bave au menton avec des tueries super entraînantes telles que « The Butcher » ou « Fall Of Lazarus« . L’histoire reprend aujourd’hui où on l’avait laissée (chaque EP représentant un épisode du comics SF de STEAK), et c’est l’heure de porter les coups en dessous de la ceinture. Pour ce deuxième épisode, les Londoniens ont monté le niveau d’un cran en allant enregistrer aux studios Bombshelter en Suède (gérés par les gars de Truckfighters, référence ultime en matière de fuzz). Finis les morceaux sous-mixés, fini le potentiel gâché, et bonjour le son rond, brûlant et corrosif. STEAK s’exprime enfin.

Au démarrage, il y a « Black Milk ». Je ne sais pas ce que contient exactement ce Black Milk, mais c’est sûrement pas un truc innocent. Quoiqu’il en soit, ça sent la baston à mort : un riff groovy tourne en boucle, le tempo est tendu, le chant est tourmenté… Et quand je dis que ça tabasse, c’est pas des conneries : à la fois brutale et aérienne, la batterie est tellement mieux mise en valeur que sur « Disastronaught », que justice est vraiment rendue à leur fantastique nouveau batteur Sammy. C’est là que le second morceau de l’EP, « Liquid Gold », fait son entrée magistrale. Une pure tuerie. Et comme la vidéo le prouve, cette hymne stoner est la B.O parfaite pour les sports extrêmes. Testé et approuvé pour vous : mieux que la Redbull, ce son a donné une toute autre saveur à mes raids en roller. Gras, méga gras. Puissant, méga puissant. Tellement qu’il m’est difficile de passer au morceau suivant. « Liquid Gold » est tout simplement ce qu’on appelle un instant classic.

Y’a pas à dire, ce séjour en Suède a vraiment été bénéfique au groupe : avec un son qui a gagné en lourdeur et en agressivité, c’est une tempête du désert qui s’abat sur vos oreilles. Loin de la vibe euphorisante de « Disastronaught« , « Corned Beef Colossus » nous enfonce dans un monde de ténèbres sans précédent (je vous rappelle qu’un morceau de viande gélatineux géant à envahi le monde)… mais à la sauce STEAK, c’est à dire avec une énergie et une combativité à toute épreuve. Le morceau « Glanshammar » est là pour en attester, car même si ce son n’éblouit pas par sa créativité, il est clairement carrossé pour le live. « Whiskey Mule » offre quant à lui une véritable démonstration de style des zikos : uppercut, bim bam boum ! Voilà comment on s’y prend pour terrasser les méchants ! La seule chose sur laquelle je m’interroge en revanche, c’est l’utilité des effets sur la voix de Kipp sur certains morceaux. Ce mec a du coffre et une superbe voix rauque, alors pourquoi gâcher ça avec des artifices ? Hmm, ça doit être leur goût pour la SF…

Quand « Disastronaught » nous offrait une pause sous acide avec l’outro acoustique « Peyotl », cet album joue la carte de la course poursuite effrénée. Une impression qui est amplifiée par une trouvaille, aussi simple soit elle : le fondu entre les morceaux. Un stratagème qui apporte classe et liant dans cette frénésie de stoner à burnes. Sans s’en rendre compte, on arrive donc très vite à la fin de l’EP… Et là, « Acid Dave » débarque. Saviez-vous que ce mec existe vraiment (et qu’il vend le Princes Corned Beef comme personne) ? Ce morceau d’outro, c’est la cerise, niveau lourdeur. Le Colossus va prendre cher… La suite dans le prochain EP, prévu pour la fin de l’année !

STEAK c’est pas juste du fuzz rock de bourrin, c’est aussi une putain d’aventure, une histoire trépidante de super-héros de l’underground. Un truc qui donne des ailes…

À RETROUVER EN CONCERT :

27 juin – Munich @ Summer X Games
29t juin – Brixton @ Windmill
8 août – Londres @ The Underworld (w/ Mondo Generator & Valient Thorr)
21 août – Brighton @ TBA
4 octobre – Paris @ Glad Stone Fest 7

Last modified: octobre 13, 2013

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