BRIGHT CURSE « Bright Curse » (A/P 2012)

BeehoWritten by Chroniques

Je dois l’avouer, je suis tombée totalement par hasard sur BRIGHT CURSE (merci Facebook). Mais le ravissement a été à la hauteur de cette rencontre fortuite, car s’ils sont encore peu connus, les franco-londoniens ont déjà tout ce qu’il faut où il faut pour mériter une place au soleil. Quelque part entre le rock cosmique et le doom, leur premier 5 titres éponyme est d’une douceur infinie, d’une profondeur abyssale, et ne laisse absolument rien transparaître de la jeune existence du groupe. Vous verrez, les 35 minutes de cet EP passent à une vitesse folle. En route pour une escapade psychotropée dont vous n’aurez sûrement pas envie de revenir…

L’EP débute sur un puissant instrumental doom d’environ une minute, qui ne va pas chercher très très loin certes, mais qui annonce direct la couleur. Oui, la prod de ce disque est de TRÈS HAUT NIVEAU. Comme quoi, on a beau être un groupe DIY, quand on a l’oreille (et le mec qui a masterisé le « Dopesmoker » de Sleep en renfort), on peut faire de très grandes choses.

Aussi généreux qu’il est court, « Bright Curse » nous offre un beau panel de morceaux que je qualifierais de stoner (pour vulgariser) mais qui oscillent en permanence entre doom bien bluesy et rock under influence. Les inspirations amenées par les trois zikos (ils citent Witch, Sleep, Graveyard ou Colour Haze) se complètent à merveille, pour créer un équilibre parfait entre sonorités pesantes farcies au groove, et dérives introspectives qui vous donneraient presque des ailes. Un rejeton sans faille de Vitus et Sungrazer.

À cette mixture déjà fort alléchante, on ajoute un chanteur qui a tout compris et qui, au lieu de growler ou partir dans des trips chelous, va donner de la voix de la manière la plus simple et sublime qui soit. Il n’en fait pas des tonnes, et transcende pourtant jusqu’au plus infime des breaks cosmiques. MAIS parce qu’il faut toujours un « mais » (sinon ce ne serait pas drôle), je reprocherais tout de même au groupe d’avoir usé de la facilité pour UN morceau : « Unknown Mistress ». Ce son qui pourrait faire office de single (si le groupe avait envie de se saborder), prend des allures de cliché et reste bien pauvre créativement parlant. Et l’ambiance qui se veut plus énigmatique en deuxième partie du morceau ne le sauve même pas. « The Hermit » et « Mind Traveller » restent pour moi les deux GROSSES pépites de l’album, le groupe atteignant des sommets dans la composition. Je me garderai bien de vous révéler les trésors que renferme chacun de ces morceaux…

BRIGHT CURSE, des mecs qui ont tout compris à l’art de l’assemblage. Leur univers sombre et psychédélique leur ressemble et nous ressemble, tous aussi différents que nous sommes, nous les stonerheads. En fait, cet EP « Bright Curse » est un peu comme le shooter inopiné de début de soirée : t’en censé en prendre qu’un seul, mais au final tu vas te retrouver à en prendre dix parce que c’est trop bon, mais trop court. Ce qui revient à dire qu’il est totalement A.D.D.I.C.T.I.F…

ARTISTE : BRIGHT CURSE (Bandcamp)
ALBUM : « Bright Curse »
DATE DE SORTIE : Automne 2012
LABEL : Autoproduction
GENRE : stoner rock / doom psychédélique
NOTE : ✩✩✩✩

Last modified: octobre 16, 2013

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