MACHINE HEAD “Unto The Locust” (Roadrunner Records 2011)

Written by Chronique

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OUI, il est puissant. OUI, il est mélodique. OUI, la prod est énorme, bordel de Dieu. Et OUI, Machine Head connaît sur le bout des doigts ses recettes pour faire faire “aaaaaaaaaaah !!!!” au métalleux ébahi. Mais franchement, à moi, ça me suffit pas. Même si dans sa globalité “Unto The Locust” reste du grand Métal, il me fait pourtant le même effet qu’un “Death Magnetic” comparé à un “Master Of Puppets” et reste relativement plat. Plaidoirie ci-dessous…

MACHINE HEAD nous avait prévenus : “cet album ne sera PAS un Blackening 2”. “The Blackening” s’éloignait déjà beaucoup de leurs disques précédents en terme de feeling et d’intensité en dévoilant la facette heavy-épique du groupe, eh bien avec “Unto The Locust”, le groupe fait un pas de plus vers l’extrême en nous faisant passer une espèce de décharge électrique ultra violente des pieds à la tête, et ce du début à la fin de l’album. Alors oui, ça surprend à la 1ère écoute, c’est thrash, c’est parfois limite death tellement ce fou de Mc Clain malmène sa batterie, et les temps de répit se limitent au parties semi-acoustiques et ô combien mélodiques concoctées par Flynn et Demmel (enfin, surtout Flynn…). Superbement produites, ces parties restent pourtant relativement décevantes quand on connaît le potentiel “émotion” du groupe (je pense notamment à Descend The Shades Of Night, l’intro de Clenching The Fists Of Descent), et le fait qu’elles soient “injectées” sans vraiment fusionner avec les morceaux les rend parfois inopérantes… Ceci dit, je ne peux m’empêcher de mettre un “thumbs up” à Who We Are avec ses choeurs d’enfants et ses violons larmoyants, et surtout à la PIECE MAÎTRESSE de l’album : This Is the End. Un morceau dans lequel on prend en pleine face l’adage “live fast, die young“, une putain d’ôde à la vie ET à la mort où les riffs dépassent la vitesse du son (James Hetfield et Kerry King peuvent être jaloux).

Alors OUI, on ne pourra pas nier que la puissance est bien là, elle vous saisit, elle vous malmène, elle vous étripe limite, et on ose pas se demander ce qu’il pourrait se passer pendant un moshpit sur Pearls Before The Swine par exemple. Mais là où chaque putain de morceau de “The Blackening” était un classique en soi grâce aux compos uniques qui le composaient, je trouve qu’il manque ce côté accrocheur aux riffs de “Unto The Locust” qui, aussi puissants soient-ils, ne sont qu’une succession d’accords heavy-thrash sans grande saveur.

Quoiqu’il en soit, MACHINE HEAD a encore repoussé ses limites en nous offrant un album bien plus sombre et personnel que tout ce qu’ils ont pu faire auparavant. Vocalement, Robb Flynn a acquis encore plus de puissance, une puissance limite bestiale, et ses passages de chant clair foutent vraiment le frisson. On ressent également l’influence Metallica dans leurs compos, ce combiné intro harmoniques-acoustiques/riffs thrash rappelle certains morceaux à la “Master Of Puppets” ou “…And Justice For All”, et ce n’est clairement pas un défaut de l’album car les gars de MH ont les cojones qu’il faut pour maîtriser ce style d’ambiances. En bref, “Unto The Locust” est un album saisissant, déroutant et DIFFÉRENT de toute le reste de leur discographie. Marquant ? Le temps nous le dira. Mais une chose est sûre il ne laisse pas indifférent, d’un extrême à l’autre…

[framed_left img=”http://theheavychronicles.com/wp-content/uploads/2011/09/1322482385._23168.jpg”] ARTISTE : Machine Head
Album : “Unto The Locust”
Date de sortie : Septembre 2011
Label : Roadrunner Records
Genre : Thrash metal/Heavy metal
Note : ☆

Last modified: 21 mai 2013