GLAD STONE FEST 8 : Glowsun + Sunnata + Enos + Miava + Decasia + Red Sun Atacama (Paris, 27.09.15)

KatzenjammerWritten by Live Reports

Fidèle à sa tradition de défricheur, le GLAD STONE FEST accueillait encore cette année les groupes heavy montants, et notamment ceux qui poussent sur des terres françaises de plus en plus fertiles. Faute d’avoir réussi à faire le plein (ce que peinent aussi à faire les Stoned Gatherings en ce début de saison), le GSF en aura donné pour leur argent à ceux qui avaient eu la bonne idée de réserver leur fin de week-end. 15 euros pour près de six heures de bonne (voire très bonne) musique, c’est un rapport qualité/bûche qui défie toute concurrence. Qui a dit que le dimanche devait être forcément dévolu au recueillement, au rôti de bœuf-pommes de terres et au Scrabble ? (PHOTOS : Sylvain Golvet)

Les Nantais d’origine (et Parisiens d’adoption) DECASIA ouvrent le bal avec un set court, mais rageur. Problème : j’ai l’impression d’assister aux deux-tiers d’un concert. Maxime, le guitariste/chanteur, peine à se mettre au niveau sonore d’une section rythmique bien pêchue. L’ensemble est tout de même de bonne tenue, et des habitués m’assurent que le trio a beaucoup gagné en puissance et en cohérence au fil des concerts. Gageons donc que leur première prestation dans le sacro-saint temple des Stoned Gatherings ne sera pas la dernière.

On fait un bond dans le temps et l’espace avec RED SUN ATACAMA, qui fonce à toutes berzingue à travers le désert californien des nineties. Comparer des groupes stoner à Kyuss est un peu facile, voire carrément cliché ; cela tombe pourtant sous le sens avec ce trio parisien. Rien à dire, l’énergie et la justesse sont là ; mais un malheureux problème de micro créé une ambiance « voix vendue séparément ». Les chansons s’enchaînent tambour battant mais finissent par se ressembler quelque peu – jusqu’à un dernier morceau inédit, remarquable quoique un peu décousu, qui emmène le public sur les montagnes russes heavy psych pendant dix bonnes minutes. Si Red Sun Atacama continue dans cette direction, en affinant un peu ses compositions, ils transformeront leur plomb en or !

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Après cette séquence « origine France garantie », c’est au tour des Belges de MIAVA d’envoyer la sauce. Quelque part entre le post-metal et le space rock façon Monkey 3, leur musique est impeccablement calibrée mais ne parvient pas à me séduire. Assénées avec vigueur – voire un peu de posture – leurs plages instrumentales manquent à mon goût de chaleur, de rondeur, et d’originalité. Le contraste avec ENOS est intéressant : les Britanniques prennent des risques, se perdant parfois en chemin dans leurs nouvelles compos, mais leurs riffs bluesy et groovy sont irrésistibles et leur bonne humeur, très communicative. Comme quoi, la générosité l’emporte souvent sur l’exactitude lorsqu’il s’agit de faire remuer un public assoiffé de distorsion.

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On enchaîne avec le rouleau compresseur SUNNATA. Etant généralement peu client du doom sous toutes ses formes, c’est presque malgré moi que je me retrouve happé par leur son à la fois massif et mélodique. Les Polonais ne s’épargnent aucun effort pour créer une ambiance malsaine, des épais nuages de fumée jusqu’à la ventilation projetée dans la chevelure du chanteur, façon Prince en son temps (c’est d’ailleurs leur seul point commun). Résultat des courses : un set lourd comme une plâtrée de bigos, riche comme une poignée de pierogi, qui aplatit le public parisien comme une naleśniki*.
*Ce paragraphe vous est offert avec les compliments de la Société Gastronomique de Varsovie.

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C’est à GLOWSUN que revient la charge de clôturer le Glad Stone Fest, huitième du nom. Tête d’affiche incontestable, le groupe semble avoir à cœur de nous en mettre plein la tronche et de nous démontrer ce que leur dernier-né, Beyond the Wall of Time, peut offrir en live. Le Glaz’art, toujours clairsemé mais chauffé à blanc par cinq heures de grande brutalité sonore, part au quart de tour – slam et pogo à tous les étages. Les Lillois tiennent le public dans la paume de leur main, et ils le savent. Bien sûr, on peut regretter l’absence de surprises par rapport aux disques, mais je préfère saluer l’authenticité de la démarche artistique de Glowsun, ne voulant pas s’encombrer d’arrangements studio complexes qu’ils ne seraient pas capables de reproduire fidèlement sur scène. Un rappel, puis deux – ah, non, il est déjà 23h30. On a pas vu filer la soirée. Et on sera beaux, demain…

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Last modified: septembre 1, 2016

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