KADAVAR “Kadavar” (Tee Pee Records/This Charming Man 2012)

Written by Chronique

Kadavar-band

Lire les blogs et webzines stoner régulièrement vous a sûrement amené à constater que nombreux sont les groupes qui sont systématiquement comparés à Black Sabbath ou Led Zeppelin. Forcément, puisque sans ces derniers (et d’autres avec eux), il n’y aurait sûrement aucun groupe de cette tranche sur Terre à l’heure actuelle. Mais là on ne parle que de lointaines comparaisons, parce que le lecteur a besoin de repères, il doit pouvoir se raccrocher à ce qu’il connaît.
KADAVAR mérite plus que de lointaines comparaisons car le trio berlinois maîtrise l’Essence du Son. Ce premier album est une vraie relique du passé, une produit d’une rare qualité sonore et créative. “Kadavar” est indescriptible tant il est grandiose, mais je vais quand même essayer d’en parler, car il faut que vous sachiez.

La première fois que j’ai entendu parler de KADAVAR, je me suis dit : “ah, encore un groupe de black métal obscur”. Puis j’ai vu leur logo composé d’une multitude de triangles et j’ai ajouté : “des black métalleux hispters en plus !”. Et puis j’ai vu leur trognes et leur dégaine so HaightAshbury, et j’ai compris que j’avais tout faux. Mon premier contact avec “Kadavar” a été explosif. Vous sentez cette odeur d’herbe qui envahit la pièce ? Vous tâtez ce cuir et ce velours usagés ? Vous voyez ces trois mecs qui ont l’air d’être d’anciens colocs de chambrée de Hawkwind ? Eh bien leur musique est toutes ces sensations à la fois : enivrante, décadente, old school et rock jusqu’à la moelle.

Loin des studios high-tech de Berlin, les trois comparses ont préféré la sensation et le grain de l’analogique. Ils sont bien, ces mecs. Et le résultat est aussi noble que la démarche : “Kadavar” crépite avec ravissement, le son est chaud et somptueusement vintage. Et parce que certains morceaux comme “Black Sun” ou “Forgotten Past” semblent tout droit sortis des premiers albums de Black Sab’, ils en sont d’autant plus excitants. Je vais me répéter : la musique de ces mecs n’a rien d’une pâle imitation, elle TRANSPIRE le heavy sound des 70’s… Mais là où Ozzy perdrait son temps dans les affres de son subconscient poussiéreux, Christoph “Wolf” Lindemann va droit au but et offre un chant accrocheur, tout en faisant rugir sa gratte et en multipliant les riffs de hippie assassin. Quand au bassiste “Mammut” et au batteur “Tiger”, ils avancent d’un seul homme avec une frénésie et un groove renversants. La preuve par TROIS qu’on a pas besoin d’être nombreux pour envoyer le pâté.

Après s’être payé une tranche de stoner tellement swinguant qu’on en secoue encore nos pattes d’eph’, on savoure un épilogue pour le moins “acide” avec “Purple Sage” (écrit en hommage à Hawkwind, rien que ça) et “Living In Your Head”. Même plongés dans un space trip fiévreux de quinze minutes, on ne peux s’empêcher de secouer nos longs cheveux et taper du pied comme des forcenés ! Il n’y a aucune doute possible : le psychédélisme déchaîné du trio allemand enchantera même les plus récalcitrants.

En l’espace de sept morceaux, KADAVAR frappe plus fort que tous les groupes suédois à l’esprit seventies réunis. “Kadavar” est un album réalisé à six mains qui fait honneur au heavy rock psychédélique, sans pour autant trop perdre son temps dans des dédales enfumées. Gros riffs, rythmes endiablés, porte ouverte sur l’occulte : oubliez que le rock vintage est à la mode, parce que ces trois là vont vous emmener très loin, avec ce qui est sans conteste l’un des meilleurs albums de l’année !

ARTISTE : KADAVAR (Facebook)
ALBUM : “Kadavar”
DATE DE SORTIE : Juillet 2012
LABEL : Tee Pee Records (USA) / This Charming Man Records (Europe)
GENRE : rock psychédélique / doom rock
NOTE : ✩✩✩✩✩

Last modified: 16 octobre 2013